• Souvent, je n'ai pas le temps ou pas envie de le prendre.

    Pour le goûter, j'ouvre un paquet de prince (marque déposée) sur une table à peine débarrassée du repas de midi.

    Si je suis de bonne humeur, ce qui n'est pas toujours le cas, je propose un verre de lait, un yaourt ou un fruit ou une compote en gourde trop sucrée et pas écolo.

     

    Et puis, y'a des jours où il me prend des envies de Bree VandeKamp ou mieux de Caroline Ingalls.

    De faire comme si ma vie était comme je l'ai imaginée et que je la rêve encore parfois (un peu la petite maison dans la prairie mais en ville) .

     

    Alors, je dis : tiens, si on faisait gâteau !

     

    A partir de cet instant la reum devient schizophrène, entre son envie de Petite Maison dans la Prairie (PMP) et sa vraie life (VL ou IRL quand on est quelqu'un de bien, mais vu que je ne suis pas quelqu'un de bien, je vais dire VL)

     

    Réaction des enfants :

     

    PMP : Ouaiiiiiiiiiiis !!!!! (enfants super contents de faire un bon gâteau avec maman)

    VL : ........ (enfants devant la télé un jour de pluie)

     

    PMP : comme Bree, la reum a pris le soin d'explorer le fond des placards afin de s'assurer qu'elle a tout ce dont elle besoin pour faire un bon gâteau que les enfants mangeront tiède avec une mine réjouie.

    VL : Bon. Du chocolat à cuire... Non...

    - Les enfants, vous n'y tenez pas au lapin de Pâques qui attend depuis 3 mois que vous osiez le décapiter ?

    - ............. (enfants devant la télé, un jour où il pleut à peine)

    Du sucre en poudre ? Pétard, que 53 grammes... Mixer des sucres en morceaux ? Compléter par du sirop d'agave à peine entamé ? Un fond de sucre glace ? Du sucre à confiture ??? Arf ! Cocktail !

     

    De la farine ? Oui, mais de petit épeautre, périmée depuis 2013, l'époque où on avait décidé qu'on ferait notre pain nous-même... et qui a duré 3 jours (la période du pain maison).

     

    Des oeufs ? Des oeufs ? Mais qu'est-ce qu'elles foutent ces deux feignasses de poules obèses qui squattent le poulailler du fond du jardin.

     

    PMP : Les enfants ???? Vous iriez chez Mme Olson chercher 4 oeufs ?

    VL : ... ... ...

    Bon, ben je vais aller demander à la voisine, on lui doit au moins 6 boites de douze, on n'est plus à ça près.

     

    Beurre ??? Oui !!!! Du beurre, avec des miettes de biscotte dedans, des traces de confiture et des trucs, on ne sait pas ce que c'est. Du pâté ?

    PMP : ooooooh ! Les enfants, vous savez comment on sait qu'un éléphant est passé dans le frigo ?? Non ! Mais aux traces de pas dans le beurre ! Et vous savez comment on sait qu'un éléphant est passé dans le buffet ? Toujours pas ? Ben aux traces de beurre dans la confiture ! J'ai donc la joie de vous annoncer qu'on a un éléphant à la maison !

    VL : C'est qui le cochon qui s'est fait une biscotte de beurre/confiture/pâté et qui en foutu plein le beurre ????

    Les enfants : ........................... (enfants devant la télé, même un jour de soleil)

     

    Qui veut m'aider ?

    PMP : oooh ! Moi, maman ! J'attache mes cheveux, je me lave les mains, j'enfile mon tablier et j'arrive !

    VL : ...................

    - Celui qui m'aide pourra lécher le plat.

    - Bon, ben si ça te fait plaisir. Mais ne compte pas sur moi pour enfiler ton tablier moche.

     

    PMP : Fredonner la recette du cake d'amour de Peau d’Âne, en canon, avec les enfants.

    VL : Mais pétard ! fait gaffe, t'as laissé une coquille d’œuf ! Naaaaaaaaaaaaan ! La moitié de farine par terre, tu ramasseras ! Non ? Bon, je vais ramasser, alors.

     

    PMP : le petit dernier babille gentiment dans sa chaise haute.

    VL : le petit dernier hurle comme un pourceau parce qu'il voulait le couteau qui coupe. Il fait une tentative de retour au berceau primitif en se glissant sous notre robe et en profitant pour étaler de la morve sur nos fesses.

     

    L'aide-cuistot engloutit le fond du plat.

    Les autres se décollent de la télé et hurlent parce qu'il n'y a plus rien à lécher.

    Ils se battent.

     

    On trouve un bout de vieux chocolat emballé comme une boule de Noël, on peut donc en déduire qu'il a au moins 8 mois ou 20 ou 32 ou...

    Bref, on le file aux chiards.

     

    Mettre le gâteau au four.

     

    PMP : On prépare des meringues avec les blancs.

    VL : quoi ???? Fallait pas mettre les blancs ???

     

    Tenter de vaguement ranger le carnage. En 35 min de cuisson, on devrait y arriver.

     

    PMP : Sentir une bonne odeur de gâteau.

    VL : sentir le cramé et constater que le petit dernier a joué avec les boutons du four.

    Rattraper le coup, couper le cramé, mettre du sucre glace pour faire joli, trouver un plat pas trop laid, ébréché un peu, c'est vrai, mais on le tournera du bon côté. Remiser le tas de factures sous la table (avec les miettes, les bouts de pâté et les autres factures).

     

    Faire une belle photo pour essayer de s'auto-convaincre qu'on vit un peu comme dans la petite maison dans la prairie dans la ville mais que c'est joli quand même.

    La poster sur le blog.

    La poster sur IG.

    Être touchée par les commentaires gentils.

    (pour de vrai)

     

     

    Et puis, finir de ranger, filer une part aux gamins qui trouvent le gâteau a un goût bizarre, un peu comme du pâté. En manger la moitié.

    Filer le reste à ces feignasses de poules.

     

    Et ne pas se trouver pire, comme mère.

    Juste pas comme Caroline dans la petite maison dans la praire. Ni comme Bree qui est trop bien coiffée.

     

    Juste comme moi.

    Qui fait fait ce qu'elle peut.

    Qui essaie de temps en temps de faire comme si.

    Et oui, ça me plait aussi.

    Et oui, les gâteaux, même un peu cramés, ça fait des jolies photos et les photos ont cet avantage immense qu'elles ne sont pas sonores et qu'elles ne sentent pas le cramé.

    Elles sont ce qu'elles sont : des images.

     

    (et des fois, je fais aussi des gâteaux bons et même qu'il arrive que mes enfants soient contents. Pas autant qu'avec des princes (marque déposée), mais contents quand même)

    Allez, les Bree, les Caroline, mais aussi, les Nathalie, les Véronique, les Bernard, les Mouloud, les Gino, les Tao, les Suzie, les Camille... Bref, les gens, LOVE SUR VOUS. (et love sur les gâteaux cramés... En revanche, les poules, elles peuvent se gratter !)

     

    Je suis sur FB (où je montre ma life quand elle est jolie) et sur IG (où je ne mets pas de photos de mes fesses, parce qu'à force de me forcer à bouffer les gâteaux dégueux, elles ne rentrent plus dans le cadre)

     

    Et puis, j'ai aussi mon autre blog où je mets plein de photos de mes gâteaux ! Marie Poulette (faut aller dans picoti picota ou Poulailler de Vacances si vous voulez voir des photos de gâteaux)

    (hé ! C'est pas moi qui ait fait ce beau gâteau... il vient de... Mon ordi ne veut pas importer la photo d'un de mes beaux gâteaux...)

    Est-ce une bonne idée de faire des tartes ??

     

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  • Je t'ai vue, Madame, ce midi.

    J'étais à vélo, tu étais sur le trottoir d'en face, avec tes deux marmots.

    Et tu gueulais. Tu criais.

    Que "c'est nul ! C'est moche et idiot"

     

    T'étais pas contente, Madame.

    Et ta gamine, à plat ventre sur le trottoir mouillé criait encore plus fort que toi.

    Je n'ai pas compris ce qu'elle criait, ta môme, parce que, quand les enfants hurlent, on ne comprend pas ce qu'ils disent, sinon, ça nous simplifierait choses et ça serait dommage que la vie soit trop simple.

     

    J'aurais passer en te regardant, en te faisant comprendre à quel point tu es une mère merdique de laisser ta môme brailler et de lui crier dessus encore en plus.

    J'aurais pu. Mais je t'ai juste vue, je ne t'ai pas regardée.

     

    Et puis, tu avais une barquette de fraises dans une main et une draisienne dans l'autre.

     

    Peut-être que ce matin tu ne bossais pas.

    Peut-être que tu t'es dit que ça serait chouette d'aller acheter des fraises pour le dessert de ce midi, parce que les enfants aiment bien ça, qu'il fait un temps dégueulasse et que les fraises, c'est un peu de printemps à pas cher (bon, vu le prix des fraises, c'est relatif, on est bien d'accord)

    Et puis, t'as pris la draisienne, parce que la petite, elle l'a eu pour son anniv, hier et que tu t'es dit que la draisienne, même s'il pleut, c'est du beau temps.

     

    Alors, t'as galopé, t'as pas pris le bain dans lequel tu aurais bien passé vingt minutes.

     

    T'as pas pris de parapluie non plus. Tu n'as que deux mains, une pour les fraises, l'autre pour la draisienne. Tant pis, les enfants mettront leur capuche et toi, tu auras les cheveux mouillés, la douche, en somme.

     

    Sauf que voilà, quand tu es arrivée à l'école, les enfants étaient ronchons malgré les fraises et la draisienne. Va savoir pourquoi réellement.

    Et puis, ça t'a brisé ton moment de bonheur à partager en mille morceaux.

    Ce midi, tu aurais juste voulu rire des flaques, manger des fraises en te disant qu'elles sont bonnes même si elles sont dégueulasses et que le printemps est quand même là.

     

    Ton p'tit bonheur s'est mué en centaine de gouttes d'eau plus ou moins salées.

     

    Tu sais, Madame, quand tu vas rentrer ce soir, si ça se trouve, tu verras un post d'une blogueuse-maman-pseudo-bienveillante et merveilleuse :

    "Inadmissible !! Ce midi, j'ai vu une gamine hurlant dans une flaque, sa mère ne se baissait même pas pour la consoler ! Pfffffff, quelle honte ! #ilfautlessteriliser #lahonte #maltraitance"

    Ces posts que je vois passer tellement souvent... Tellement...

     

    Tu sais quoi, Madame, quand je t'ai vu avec tes fraises, la draisienne et tes mômes en pleurs, je me suis dis une chose : Madame, tu es moi. Tu es moi, tellement de fois. Madame, tu es juste un parent ordinaire.

     

    Courage Madame ! Continue à croire au printemps, continue à le fabriquer pour tes mômes, même s'ils se roulent sur le trottoir en gueulant. Résiste aux mieux que toi, aux mieux veillant... Toi, Madame, tu fais le printemps sous la pluie, c'est vachement plus balèze que tous les conseils du monde.

    Ton printemps est vraiment là, Madame.

     

    Love sur elle !

    Love sur vous !

     

    Je suis sur FB !

     (le benjaminette, l'année dernière, de quand il y avait du soleil)

    Est-ce une bonne idée de regarder la maman qui crie sur le trottoir d'en face ?????

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  • La nuit, on dort. Ça, c'est la théorie.

    Parce que en pratique, la nuit, on voudrait bien dormir.

     

    Et pourquoi ne dormirait-on pas alors qu'on le veut ???

     

    On ne dort pas à cause des soucis qui te prennent la tête (ah ! chercher 53 contrats de travail sur 7 ans, parce que, d'un coup, pôle emploi en a super besoin pour calculer tes droits depuis mars 2015. C'est un exemple au hasard)

    On ne dort pas à cause des sushis de la veille qui devaient être de l'avant-veille ou de la vieille, tout simplement.

    On ne dort pas à cause de la salle d'évènementiels à côté de chez toi qui diffuse de la techno (encore un exemple au hasard)

    On ne dort pas à cause du café, à cause, à cause des causes...

     

    A cause des enfants.

     

    Nan ! Ces petits êtres si mignons dont on dit qu'ils dorment comme des anges pourriraient les nuits de leurs ascendants ?

    A priori, selon une étude scientifique hyper fiable vu que c'est moi qui l'ait faite, les anges ne foutent rien de leurs journées alors, ils ne se gênent pas pour faire suer pendant la nuit.

     

    Quand les enfants sont encore des bébés, tu te dis : "soit".

    En fait, on accepte uniquement parce qu'on nous a prévenus et préparés psychologiquement.

     

    Le bébé grandit. Certains dorment, d'autres moins.

     

    Le bébé devient un enfant, assez grand pour dormir assez souvent.

     

    Tu dors.

    Tu fais un rêve formidable où tu dois trier 53 contrats de travail, petit à petit les contrats se rassemblent en vagues déferlantes. Si tu ne savais pas que personne au monde ne pourrait demander 53 contrats de travail inutiles pour ton calcul d'indemnités, tu te dirais que ce rêve est très réaliste.

    Et puis, les vagues grossissent. Tu sens comme une odeur de marée basse, de vase et de varech.

     

    Et très bizarrement, tu entends "maman".

    Tu plonges dans les vagues de contrats de travail, cherchant à sauver la pauvre attestation pôle emploi qui a perdu sa reum.

     

    Et tu entends, un peu plus fort "maman". "MAMAN" ????

     

    Alors là, ton cerveau épuisé te connecte d'un coup avec la réalité.

    (ah oui ! Dans la vraie life, je connais des gens qui m'appellent "maman")

     

    Tes yeux s'ouvrent.

    Et là, à 3 cm de la tronche, tu vois la tête de ta fille de 5 ans.

    Tu ne le fais pas exprès, instinct de survie, tu cries :

    - Putain, mais t'es déglingo de mettre ta tête aussi près de la mienne à 3 heures de matin.

    Je suis rarement polie, la nuit à 3 heures du matin... bon, à 3 heures de l'après-midi, ça n'est pas toujours mieux !

    (mais comment font les enfants pour rentrer sans faire un bruit et pourquoi se rapprochent-ils à 3 cm de ta tête à 3 heures du mat ? Pourquoi ?? Ils veulent hériter hyper vite en tentant d'éliminer leurs parents par arrêt cardiaque ?)

     

    Bon, s'ensuivent une série d'explications plus ou moins intelligibles :

    - y'a une sorcière sous mon lit/J'ai fait pipi sur mon oreiller/j'ai envie de vomir (pourtant, on ne lui avait donné de sushis de veille ou de la vieille)/j'ai fait un mauvais rêve... (je ne fais pas de listes, chacun à la sienne propre... enfin, façon de parler, parfois)

     

    Une fois le problème géré, tu dois te rendormir, oublier les soucis, les sushis...

     

    Et j'imagine bien que ça n'est pas fini. Quand ils seront vraiment grands, je ferais semblant de dormir, j'attendrais d'entendre la porte d'entrée claquer (oui, cette porte peut se fermer avec délicatesse, mais ça serait dommage de se priver de la claquer, surtout à 3 heures du mat)

     

     

    Alors, le prochain qui me dit "holàlà, t'as l'air crevée, tu devrais dormir", sérieux, je lui fais bouffer mes 53 contrats de travail. (c'est un exemple... toujours au hasard)

     

    Et big hug à toutes mes copines qui en scient sévère en ce moment. Courage, girls (sinon, c'est vrai, vous devriez dormir, ça vous ferait du bien. Hu hu hu. Pardon... Je suis dans le même état, en vrai )

     

    Allez, je suis sur FB !

    Love sur vous.

    Et je n'ose même pas vous souhaiter une bonne nuit... Au pire, faites de beaux rêves !

     

    (n'était-il pas chou, Le petit dernier quand il dormait ?)

     

    Est-ce une bonne idée de se dire qu'on pourrait dormir la nuit ???

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  • Depuis le début de la semaine, je joue un de mes spectacles dans un musée.

    C'est un festival auquel je participe depuis au moins 15 ans.

    Je joue pour les maternelles, 4 séances par jour.

    C'est mon spectacle préféré. Pour une fois, je suis fière de mon travail, je le trouve drôle, tendre, bien rythmé, ce spectacle.

     

    Tous les matins, j'arrive au musée.

    Je dis "bonjour" à la dame de la caisse et je file dans l'auditorium.

     

    La dame de la caisse est aussi la dame qui me prépare un petit café, pour que ça soit bien pour moi.

     

    Et puis, hier, elle m'a dit : Rôh ! Ce que j'aime, quand vous jouez votre spectacle, c'est que j'entends les enfants rire. Ce que j'aime quand vous avez fini votre spectacle, c'est que les enfants sortent et qu'ils sourient encore. C'est la vie, ça.

     

    Alors oui, parfois, j'ai l'impression de semer des petites graines... ou au moins, de ne pas faire de mal, ce qui n'est déjà pas si mal... Des petites graines de bien, je crois et j'ose espérer que ça ne donnera pas de la mauvaise herbe, pas du parasite. Que c'est un peu de l'espoir, pour demain, pour plus tard.

     

    Je lui raconte ça, à la dame.

     

    Alors, elle me dit : Rôh, vous savez, ce que j'aimerai, c'est venir voir votre spectacle... Demain, je vais essayer de quitter la caisse si ma collègue est là et je me glisserai discrètement.

     

    Et ce matin, j'ai vu la dame de la caisse entrer, discrètement, s'assoir sur les marches. Elle ne va pas compter ce matin, elle aura un autre conte.

     

    Quand je suis sortie, elle m'avait préparé un petit café.

    Elle m'a dit : je suis déçue, les enfants ont moins ri que hier.

     

    J'ai souri.

    Elle se fichait complètement de mes histoires, elle voulait juste prendre sa dose de rires d'enfants, sa dose de "pas grave", sa dose d'espoir pour demain.

     

    Alors, madame, je vous dis "merci", merci pour les cafés, merci pour "l'espoir de demain", on en a besoin.

     

    Et puis, je vous l'avoue, je prends des bains, des douches, je m'asperge de cet "espoir de demain".

    Tous les jours, je me dis que j'ai un métier simplement fabuleux...

     

    (je ne veux pas faire ma ronchonchon, mais sachez que si mon métier qui a l'air de ne servir à rien est possible, c'est parce que l'intermittence du spectacle existe... enfin... peut-être plus pour très longtemps... Alors, on peut se dire que "l'espoir de demain" peut se nourrir de joujoux de magasins, de trucs préfabriqués, prémâchés... on peut... ou pas !, "l'espoir de demain" se nourrit de trucs gratos, comme les blagues racontées, les fleurs regardées, les gâteaux faits ensemble, les histoires racontées, les chansons susurrées, les bras pour se lover et tout ce qu'on est capable d'inventer quand on ne se farcit pas ma tronche de saloperies. Arrêtons d'avaler des conneries !)

     

    Et qu'on essaie de nous faire croire qu'une porte ouverte de magasin, avec selfie "porcelet", c'est de la culture ou une sortie familiale, ça me fait gerber, parce que c'est du commerce et que le "selfie porcelet" partagé sur FB, c'est juste de la pub faite gratos... Arrêtons de diffuser des conneries, d'être les dindons de la farce ! (pour info, sur le "selfie porcelet" C'est un truc très local, le selfie "porcelet" : une grande enseigne pseudo "locale" a fait des portes ouvertes ce week-end, à côté de chez moi et plein de gens ont partagé des photos... du magasin... ou avec les petits cochons mignons (futurs jambons) Voilà !)

     

    Love sur vous. Plein !

    Je suis sur Fb !

     

    Est-ce une bonne idée que la dame de la caisse assiste au spectacle ???

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  • Bonjour Monsieur Bertrand,

    Je vous ai écrit en décembre dernier, juste après le premier tour.

    Vous n'aviez pas été très tendre avec votre électorat de gauche, préférant flatter les potentiels électeurs de Marine Le Pen.

    Très vite, vous avez changé votre discours, constatant certainement que votre "électorat de gauche" vous était nécessaire pour gagner la présidence de la région.

    Et ma foi, vous n'avez pas eu tord.

    Depuis, vous êtes président et moi j'attends.

     

    Nous avons échangé par mal de SMS et vous faites très bien les smileys... Peut-être que je vous fais marrer.

     

    Ou pas.

     

    La saison des choux de Bruxelles va finir par passer ou vous ne serez toujours pas venu.

     

    Ça n'est pas très grave, je crois.

     

    Depuis tout ce temps vous ne l'avez pas eu, le temps, le temps à perdre avec votre électorat de gauche. Parfois, le temps perdu, c'est aussi du temps gagné, mais pas toujours.

     

    J'avoue très sincèrement que je n'ai pas regardé chacune de vos interventions à la télé, à la radio. J'ai des choux de Bruxelles à préparer, moi, ça en prend du temps. En fait, je n'en ai regardé aucune, je l'avoue.

     

    Depuis tout ce temps vous avez nommé la région "Haut de France". Bon.

    Moi, je ne me sens le haut de rien. J'ai plutôt l'impression d'appartenir à la France d'en bas. La France d'en bas qui se retrouve en haut, ça va nous filer le tournis, ça, le haut, le bas... Le haut le cœur, un peu.

    Je ne pense pas être non plus le haut du panier, ici, on a plutôt tendance à être dans le fond... Un peu comme nos grands-parents quand ils étaient mineurs sans être forcément majeurs, d'ailleurs.

     

    Y'a qu'un truc que j'ai vu passer dans mon fil d'actu. En réaction aux attentats de Bruxelles, il parait que vous avez déclaré être pour la peine de mort. Et là, c'est moi qui ait de la peine.

    Je suis indéfectible optimiste. J'ai toujours considéré que la peine de mort, c'était un peu un crime légal et organisé. Je sais bien que c'est compliqué. Les inhumains qui ont tué aveuglément ne méritent pas la vie, elle est trop jolie pour eux. C'est tellement généreux, la vie. Non, ils ne la méritent pas... De toutes manières, ces inhumains n'y connaissent rien en matière de vie.

    Faut-il pour autant être aussi barbares qu'eux ? Ne devons nous pas être plus humains, en ce moment. Être tellement plus vivants, tellement plus humains, encore plus que d'habitude pour compenser cette barbarie ?

    J'ai un peu la nausée, là. Le haut le cœur.

     

    Je vous a envoyé ce fabuleux livre de Nancy Huston, l'espèce fabulatrice, je ne suis pas sûre que vous ayez trouvé le temps de le lire. Vous devriez.

    Vous m'avez remercié, en prenant le temps de m'écrire, vous même, à la main. Vous avez souligné que vous avez pris le temps pour ça.

     

    Et j'ai compris, en recevant votre petit carton que nous avons finalement un point commun. Nous avons tous les deux une écrite manuscrite très moche.

     

    Bon, la saison des courgettes va arriver, ma tarte est bien bonne, peut-être même meilleure que mon gratin de choux de Bruxelles.

    Si vous passez, je ne sais pas trop si on se trouvera d'autres points communs. Je ne suis pas sûre, après, on peut être surpris.

    Tiens, est-ce vous savez toucher votre nez avec votre langue ? Parce que moi, je sais.

    On a les talents qu'on peut.

    Est-ce que vous jouez mal de la guitare ? Parce que moi, oui.

    On n'a pas les talents qu'on veut.

    Est-ce vous aimez les gobelets Rice ? Parce que moi j'adore.

     

    Si vous passez, on ne parlera pas politique. Je n'aime pas être fâchée.

    Je veux bien parler de la vie, des choses jolies. Pas de peines. Pas de mort. Pas de peine de morts (j'ajoute un S, parce que, en ce moment, nous sommes nombreux à être en peine de morts, de près ou de loin, nous sommes touchés).

     

    Ah ! Si ! Je veux bien vous parler de ce que je connais : de histoires qu'on raconte. En théorie, les Hommes politiques s'y connaissent en histoires qu'on raconte. Les miennes sont chouïa différentes, elles sont très inventées. Elles font du bien aux gens. Elles parlent de l'humain, de l'humanité, de la vie... qui peut-être jolie.

    (lisez l'espèce fabulatrice, c'est important, ça s'avale vite et se digère lentement. Ça ne file pas de hauts le cœur.

     

    Marion Cailleret Des Hauts De France (ça claque... comme une claque)

     

     

    Allez, je préfère dire hauts les coeurs ! Courage, les gens, c'est pas marrant en ce moment, pas facile de se faire chaud.

     

    Love sur vous !

    (je suis FB)

     

    Est-ce une bonne idée d'avoir un peu le haut de coeur (Xavier Bertrand inside) ???

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