• C'est arrivé il y a 1 an quasi tout pile.
    J'ai voulu attendre pour lu publier. Attendre que ça soit réparé, attendre que Ce Bébé soit là, pour de vrai.

    Les fausses joies, les faux départs, les fausses couches ça arrive... souvent.
    Mais, je ne pensais pas que ça m'arriverait, à moi.
    Moi, quand je voulais un bébé, j'avais un bébé. Et c'est tout.
    Et pourtant...

    C'est un instantané de ce que j'ai et vécu cette nuit-là, aux urgences.

    On l’avait voulu.

    On l’attendait depuis un moment.

    On avait trouvé que le mois de septembre avait été doux et clément.

     

    Des pages avaient été tournées.

    Ça allait pouvoir commencer.

     

    Un dimanche matin, y’a eu deux petits traits roses.

    On n’osait presque plus y croire.

    On avait même pensé qu’on était trop vieux, que la maternité, pour nous, c’était râpé.

     

    Deux petits traits roses confirmées le lendemain par quelques gouttes de sang dans un tube.

    Ça y était ! un 5ème. Voulu et désiré.

     

    Y’a eu quand même ce doute.

    Dans un coin de la tête.

    Dans un coin du ventre.

    Quelque part.

    Un doute qu’on ne voulait pas écouter.

     

    Un lundi matin, 15 jours après, on a compris.

    Rouge, très rouge.

    On a essayé d’y croire quand même.

    Et puis non, on n’y a plus cru du tout.

    Fini le rose.

    Tout était rouge.

     

    Et pourtant, je suis allée au travail (il fallait).

    Par acquis de conscience, en sortant, j’ai appelé la toubib.

    Direction les urgences gynéco qu’elle dit.

    C’est peut-être sauvable.

    Elle y croyait encore.

    Pas nous.

     

    Les urgences.

     

    Les urgences…

     

    S’enregistrer.

    Mettre son dossier dans la bannette « problèmes gynéco moins de 5 mois ».

    S’installer dans une salle d’attente glauquissime.

    Téléphone en rade.

    Rien d’autre à faire que de mater les autres dames.

    Futures mamans pour la plupart. Toutes avec le futur papa, ou la futur tata ou la futur grand ma’.

     

    Moi, j’étais toute seule avec juste moi.

    Et je me suis sentie future rien du tout.

     

    Et il a eu elle.

    Elle est grande et mince. Elle est jolie.

    Elle n’a pas de bidon non plus.

    Je me suis dit qu’elle était tout comme moi.

    Une future rien du tout.

    Elle pleurait doucement.

    Elle parlait tout bas. Elle disait que ça n’était pas possible.

    Et j’ai bien cru la comprendre, elle aussi. Elle devait être tout comme moi, une future rien du tout.

     

     

    Mon tour de voir la sage-femme. Répondre à toutes les questions. Ne surtout pas écouter la date de terme présumée.

    Expliquer que en plus de tout ça, je ne suis pas épilée. Poilue comme tout.

    Que pour moi, tout ces poils devant elle, c’est gênant.

    Elle dit qu’elle s’en fout. Que ça, ça n’est rien du tout.

     

    Rien du tout, c’est bien là le problème. On n’attend plus rien du tout.

     

    Je me sens vide. Je me vide. Je ne peux rien retenir.

     

    Retour dans une salle d’attente bondée.

    Et entendre les battements des cœurs des bébés à naitre dans les salles de monito, juste à côté.

    Des bébés à qui on va donner la vie.

    Et nous, on ne donnera rien du tout.

     

    Et les ventres rebondis parlent aux ventres rebondis.

    Elles se racontent leurs accouchements, leurs futurs bébés qui tardent à venir, ils sont au chaud, au creux d’elles.

    Et moi, j’ai froid.

    Moi, on ne me parle pas.

    Elles ont bien vu que je n’ai pas de ventre rebondi. Elles ont compris ce que je fais ici.

     

    Et les minutes s’allongent comme les femmes qu’on couche sur les chariots.
    Et être patiente prend tout son sens.

    Des heures à voir défiler les chariots pleins de ventres pleins.

    Pleins de futurs bébés.

    Pleins de futurs parents.

    Et moi, je suis pleine de vide. Pleine de rien.

     

    Et j’attends. Je n’attends plus rien.

     

    Et puis, j'entends encore et encore les discussions.

    Le temps est long, très long. Des heures.

    Et on les entend, eux. D’autres qui attendent.

    Ils sont pleins de connerie, de bêtise, de méchanceté.

    Ils ont en ont marre d’attendre.

    Marre de patienter.

    Ils parlent fort. Très fort. Ils disent que la peine de mort devrait être remise en vigueur.

     

    Et moi, je sens que je suis en peine de vie.

     

    Ils disent que si le toubib ne s’occupe pas d’eux tout de suite, ils lui casseront les dents.

    Parce qu’ils ne veulent pas patienter.

     

    Mais médecins courent vite ce soir là. De patiente en parturiente.

    Les impatients attendront.

     

    Et on la revoit. Elle. Celle qui n’a pas de ventre rond.

    Elle parle avec deux agents de police et un médecin.

     

    Je comprends.

    Je comprends et j’ai peur. Et j’ai mal. Et je comprends qu’elle n’est pas comme moi.

    Elle, elle n’attendait rien.

    Elle n’attendra plus rien pendant un moment.

    Surtout pas ce salop qui lui a fait ça.

    On voit sa maman arriver, une petite dame toute grise. Elle ne sait pas où se mettre. Elle ne sait pas quoi dire.

    Elle vient chercher sa grande fille.

    Elles pleurent.

    On a fait ça, à sa fille, sa petite fille.

    Et j’ai envie de pleurer aussi.

     

    Et je dois continuer à attendre. Attendre et savoir que je n’ai plus rien à attendre.

    Et le plus difficile n’est pas d’attendre. Le plus dur c’est d’entendre.

    Les cœurs des bébés qui se mêlent aux connards à la peine de mort.

    Les connards qui attendent ce soir parce que le rendez-vous avec son gynéco est demain, mais demain, elle voudrait bien aller voir sa cousine, alors, elle est venue ce soir.

    La détester.

    Se dire qu’elle en tient une couche.

    Une bien épaisse.

    Une couche de haine, de médiocrité, de racisme, de merde.

    J’essaie de m’éloigner le plus possible. Sa connerie n’est pas contagieuse, mais elle m’éclabousse.

    Je veux être loin.

    Loin avec mon ventre vide.

    Mais la salle d’attente est petite.

     

    Et 5 heures plus tard, c’est mon tour.

    Une écho. Une écho sans bébé à aimer.

    Une écho pour confirmer…

     

    Une fausse couche.

    Une fausse joie.

     

    Mais la vie continue.

    La vie sans cette vie.

    Et depuis, y'a eu ce bébé, qui a 2 mois aujourd'hui...
    Allez, je suis sur FB et souvent, c'est gai ! On peut liker.

     

     

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    36 commentaires
  • Malgré toutes les photos de love que je poste sur FB, je l'avoue, en ce moment, j'en scie... j'en scie bien comme comme il faut.
    J'en scie des ronds de chapeaux.

     

    Bon, je ne vais pas me la jouer pathos et plaintes, parce que ça n'est pas mon genre, mais entre le benjamin et son sens de l'école tout pourri, entre la petite benjamine qui trouve que le concept de grande sœur est vraiment naze, entre l'aînée qui ne comprend pas que le collège ne l'ait pas rendu entièrement indépendante, entre la cadette qui fait des efforts mais qui voudrait qu'on s'occupe plus d'elle et ce bébé et son RGO (enfin diagnostiqué : je découvre le RGO, en vrai, c'est terrible, affreux, ce bébé qui a pleuré jour comme nuit...). Pour couronner le tout Le Papa bosse comme un âne en ce moment.

    Bref, J'en scie, on en scie.
    Ça crie, ça s'énerve, ça fait n'importe quoi... quasiment tout le temps.
    Et je dis qu'est-ce qu'ils sont chiants !

    Avant ce dimanche, il y a eu un samedi.

    Avec un benjamin qui a tapé sa sœur, l'aînée qui est allée faire suer la cadette et inversement, une petite benjamine qui a voulu prendre son goûter à 18h30... Bref, un jour comme un autre.

     

    Et puis, il y a eu ce dimanche matin.

    On a entendu les 4 grands se lever.
    Et puis... Silence. On s'est rendormi.
    Ce bébé a tété dans notre lit vers 8h15.
    Je me suis levée du lit à 9h15 (c'est dingue)
    A 9h16, au moment où je suis sortie de la chambre, j'ai entendu des petits bruits dans l'escalier.

    "Retourne dans ton lit, maman"

    Je suis retournée dans mon lit.

    Ils sont arrivés avec 3 plateaux : mon thé préféré, des tartines, de la confiture dans joli petit bol... et des pancakes faits maison, par eux, pendant qu'on roupillait.
    Et des petites fleurs

    Ils ont expliqué : On a vu un reportage qui s'appelle : Mission cuisine vous propose un petit déjeuné surprise.
    On a cherché la recette des pancakes, on en a comparé plusieurs.On a fait les œufs en neige dans la salle de bain pour ne pas faire de bruit.
    On a attendu que vous vous leviez.
    On a essayé de penser à tout.

    Alors, voilà, y'à aussi des dimanches matin comme ça existent.
    Et je dis, qu'est-ce qu'ils sont choux !

    Heureusement.

    Heureusement, parce qu'on en scie sévère, en ce moment.

    (bon, ils ont bouffé quasi tous les pancakes et foutu du sucre glace plein les draps, mais ça n'est rien. vraiment rien !)

    Ça va passer, on le sait. On aura de plus en plus de dimanches comme ça.
    Peut-être même des lundis et des jeudis...

    (moi, j'aime les petites fleurs du jardin)
     Un dimanche matin. Ils jouent, tous les 4 sans se prendre la tête depuis une demie-heure, ni me prendre la mienne. Ce bébé est dans les bras de son papa. Et moi... j'ai pu écrire un article. Tranquillement.

    Allez, pour les photos love, c'est sur FB ! :)

    Est-ce une bonne idée que certains dimanches matins existent ???

    Est-ce une bonne idée que certains dimanches matins existent ???

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