• Ça y est. On y est.

     Dans le quotidien-quotidien.

     La vie a repris son cours, le cours où l’on court.

     Juste une journée.

     

     

     

    Lundi matin.

     Se préparer.

     Lancer une machine avant de partir.

     

    7h30 quitter la maison.

     Déposer l’aînée au collège.

     Déposer Ce Bébé à la crèche.

     

    Être dans les temps, jusqu’au moment où on perd son temps dans les bouchons.

     Arriver tout juste-juste au boulot.

     Juste une journée.

     

    Enchaîner. Découvrir. Partager. Se réjouir. Se marrer aussi. Être attentive.

    Voir son portable vibrer « Ecole »…

    Gérer avec le chéri. Aujourd’hui, on ne peut pas y aller. Vraiment pas. Le chéri non plus. Pour la première fois, sortir la carte « chance » Mamie.

     Se replonger dans le boulot en ayant un petit morceau de cerveau branché sur la petite dernière qui vomit.

     

    Faire une pause. Grignoter. Tirer son lait.

     Juste une demi-journée passée.

     Lundi midi.

     

     

     

    Enchaîner encore.

     Retafer. Re-tirer son lait.

     Journée de travail terminée.

     

    Grimper illico presto dans son auto.

     Bouchon… bouchon…

     Tenter de récupérer 5 enfants dans 4 endroits différents en moins d’une heure…

     Y parvenir.

     

    Rentrer à 18 heures.

     Nouvelle journée.

     Ecouter, rassurer, consoler. Câliner. Soigner.

     Assurer que le jogging craqué, ça n’est pas grave. Se désoler un peu plus pour le genou écorché.

     

    Entendre les notes bonnes et moins bonnes.

     Répondre.

     Vider le lave-vaisselle.

     Gérer les devoirs du benjamin… et la petite punition (pas volée) pour bavardage. Le voir content de prendre le temps de s’appliquer à écrire entre les lignes.

    Étendre le linge. Lancer une seconde machine.

     

    Gérer 5 bains express.

    Réchauffer la soupe faite la veille.

     

    Faire une tétée-câlin avec Ce bébé.

     

    Embrasser le papa qui rentre.

    Le laisser gérer le coucher-histoire-chanson.

    Embrasser les mouflets.

     

    Une journée ???

     

    Espérer.

    Espérer pouvoir poser ses fesses. Au moins pour la soirée.

    Ne pas se jeter sur les cacahuètes.

    Finir plutôt le riz Korma du papa, fait la veille.

    Lundi soir.

     

    Une journée. Ni pire, ni meilleure.

    Une journée qui sera suivie de nombreuses autres…

    Une journée pleine de lendemains.

     

    (et super merci à Mamie qui a géré le vomi)

     

    Heyyy ! C’est dingue, mais je suis sur FB ! (dingue !)

    (et pitié, épargnez moi les com sur les punitions... Vous ne savez rien du benjamin, ni de sa maîtresse ! Merci :) )

     

    Est-ce une bonne idée que la vie reprenne son cours ???

     

     

     

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  • Je vous l’ai dit.

    Mon congé maternité est terminé.

    Je reprends le chemin du travail.

    Le cœur léger… avec un petit pincement quand même.

     

    La crèche, c’est Notre crèche.

    Le benjamin y est allé. La petite benjamine aussi.

    Je crois que « la crèche » et nous, on s’aime bien.

     

    Ce Bébé y était attendu avant même sa naissance. Avant même sa conception.

    Je sais qu’il y est très bien.

    Je sais qu’il est porté. Je sais qu’il est consolé-cajolé.

    Je sais qu’il peut se lover, aussi bien qu’avec moi.

    Je sais que là, on laisse le temps aux petits d’être petits. Ils auront bien le temps d’être grands.

     

    Je le laisse. Confiante. Heureuse.

     

     

    Mais, c’est aussi la fin d’une période, ça n’est pas toujours facile, de tourner une page.

     

    Alors, ce soir, j’ai pris Ce Bébé dans mes bras.

    Il a mis sa tête dans ma nuque, juste là où il se niche d’habitude, là où il sent mes cheveux.

    Moi, j’ai respiré les plis de son cou qui sentent si bon le bébé.

    Et puis, j’ai chantonné. Tout doucement.

    Je l’ai bercé, tout doucement… vraiment tout doucement.

    Jusqu’à ce qu’il s’endorme.

    Je l’ai posé dans son berceau en me disant que c’est la fin d’une période…

     

    Et demain ?

     

    Demain, je travaille à la maison.

     

    Demain, après l’avoir déposé, je vais mettre la musique très fort.

    Je vais danser n’importe comment.

    Je vais chanter très faux.

    Sans avoir peur de réveiller qui que ce soit.

    Pour me défouler.

    Pour être heureuse.

    Pour commencer une nouvelle période.

    Ouvrir une nouvelle page.

     

    Je suis aussi sur FB ! (C’est digue)

     

    Des bécots ! Et love sur vous.

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  • Ce dimanche matin, il fait froid.

    On a fait un feu dans la cheminée.

    Ce Bébé dort. (Ce n’est pas souvent)

    Les filles se bricamusent en haut. Sans faire de bruit. Elles construisent des arbres avec du papier. Toutes les trois, sans se prendre la tête. (C’est rare)

    Le papa fait cuire les carottes pour le repas de ce midi. C’est bon les carottes, ça donne une belle voix, un joli teint, rend aimable et fait les fesses jolies (C’est pas moi, c’est mémé qui le dit)

    Je lis le journal, je lis plusieurs articles à la suite. (C’est dingue)

    Le benjamin joue avec les playmobils. Il chuchote des histoires de policiers, de journalistes tués, de rassemblement, de minutes où il faut se taire, de bébés à mettre à la crèche et qu’on viendra rechercher, de voisin de classe pas sage… puis, il se tait.

    Quelques secondes.

     

    Et il dit :

    "Ça fait du bien le silence, quand on l’écoute."

     

    Je souris.

     

    Je reprends mon journal où on parle de demain qui pourrait être bien, si on s’y met tous…

     

    Juste un dimanche matin. Juste bien.

     

    Je suis sur facebook, où parfois, c’est calme aussi !

     

    Est-ce une bonne idée que la maison soit calme ???

     

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  • Demain sera le dernier jour de mon congé maternité.

    Démarré il y a 6 mois… Au cœur de l’été, j’avais demandé à le décaler de 3 semaines.

    Parce que j’avais du travail.

    Parce que je m’en sentais capable. Et ce fut dur.

     

    Je vais reprendre le chemin du travail, suivre ma route après un petit détour par la maternité.

     

    De mes 5 congés maternité, il n’aura pas été le plus agréable.

    Pas vraiment une parenthèse enchantée. Une parenthèse qui se referme.

     

    Comme les enfants font des listes au père Noël, j’avais fait une liste mentale de tout ce que je voulais faire pendant ce congé. En essayant d’y croire très fort.

    Être tout entière dévouée à Ce Bébé

    Repeindre les chambres des enfants qui en ont bien besoin

    Faire un grand tri de fringues

    Peindre la salle principale de la Chaumette

    Faire du roller tous les samedis matins

    Lire

    Cuisiner

    Reprendre un master en littérature de jeunesse

    Apprendre la guitare

    Travailler mon accordéon

    Coudre des fringues pour les enfants

    Faire une vraie déco de Noël

    Emmener les grandes à Londres

    Faire des plaids jolisjolis pour la Chaumette

    M’occuper des plus grands

    Être disponible

    Faire développer les photos qui attendent depuis la naissance du benjamin, il y a 6 ans

    Voir mes copines

    Dormir

    Ecrire un livre

    Alimenter les blogs, prospecter pour gagner en visibilité.

      et tant d’autres choses encore.

     

    Oui, je rêve des genoux, comme dirait ma mère.

     

    Je n’ai bien sûr pas fait le tiers du quart de tout ça.

    Pas le tiers du quart…

     

    Est-ce que avoir des enfants, c’est renoncer ? Est-ce que avoir des enfants, c’est devoir choisir, forcément ?

     

    Et bien non. C’est ce terme de « congé » qui m’a une nouvelle fois trompée.

    La vie avec Ce Bébé n’a rien d’un congé.

    Il est chouette, Ce Bébé.

    C’est un love, un cœur de beurre de baby… que j’aime sentir tout contre moi.

    Mais c’est aussi un bébé inquiet, un bébé qui a mal au bide, à l’œsophage, un bébé à bras, le jour, la nuit.

    Un bébé qui sourit et un bébé qui hurle… beaucoup.

    Un bébé tellement à bras que j’en ai des tendinites.

    Un bébé glu. Un bébé ventouse.

    Un bébé qui est content d’aller à crèche !

     

     

    Et c’est moi qui, la journée, suis en congés d’enfants.

     

    Alors, malgré le boulot qui s’accumule, je ne renoncerai pas !

    Je veux le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière.

    J’empilerai les casquettes s’il le faut (j’en ai déjà une belle collection)

    Et si je n’arrive pas tout faire, au moins, je vais essayer.

     

    Je vais reprendre ma vie active et cumuler avec ma vie de famille, ma vie de femme, ma vie d’étudiante, ma vie de maman, ma vie de cuisinière-lavandière… Ma vie, intense et dense.

     

     

    Mes vies !

     

    Certainement, on me trouvera mauvaise mère, parce que je laisse mon tout-petit… Parce que je pense à ma vie. (Comme on m’a trouvée mauvaise travailleuse, bonne à jeter. Non pas parce que je travaillais mal, non ! Parce que je ne prenais pas le temps de boire un coup, entre copines-collègues après le boulot… Je vous jure que c’est vrai ! )

     

    On me trouvera tout ce que vous voulez… Moi, je sais où je suis.

    Je suis ici.

    Dans Ma vie, dans Mes vies. Choisies ou subies. Mes vies.

     

     

    Sinon, je suis aussi sur FB et sur Marie Poulette…(bon, la première page n'est pas très exactement à jour... ça devait faire parti des trucs à faire pendant mon congé), sinon, c'est rigolo aussi.

     

     

     

    Alleï ! J’vous fais des bécots, tiens !

     

    Est-ce une bonne idée que mon congé maternité s’arrête ???

     

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  • Les enfants ont leurs oreilles qui trainent partout (et aussi les doigts plein de nutella…)

    Alors, j’ai préféré qu’ils aient mes mots dans leurs petites oreilles grandes ouvertes.

    Mes mots pour dire l’inhumain.

    Mes mots, parce que c’est important.

     

    Quand ils ne savent pas, les enfants imaginent.

    L’imagination est parfois plus terrible… (Même si, cette fois, je pense qu’il est difficile de faire plus terrible).

     

    Sauf… Sauf… s’ils interprétaient mal les choses.

    S’ils comprenaient qu’ils peuvent être tué parce qu’on dessine.

     

     

    Et c’est bien toute l’horreur qui est là.

    Un monde où les enfants ne dessineraient plus. Par peur.

     

    Mes enfants, mes tout-petits,

     

    Dessinez. Vous pouvez. Vous devez. N’ayez pas peur.

    Faites des Mickeys dans les marges.

    Faites des marelles de la terre au ciel sur les trottoirs gris.

    Faites des traits à la règle et des spirales.

    Faites des arcs-en-ciel et des licornes.

    Dessinez-moi avec un gros pif, des grandes oreilles, des mains fleurs et les cheveux dressés.

    Dessinez des zizis si vous en avez envie.

    Griffonnez, gribouillez, raturez, déchirez, recommencez…

    Faites des monstres de papier, des dinosaures retords, des princesses à paillettes.

    Dessinez sur des grandes feuilles, sur les dos des enveloppes des factures.

    Faites moi des cœurs avec des « mamans je t’aime » dedans.

    Faites des maisons bancales habitées par des bonhommes pourraves.

    Faites des dino à paillettes et des princesses revêches.

    Faites des soleils qui réchauffent.

    Mettez du sens sous vos mines de crayons ou juste du plaisir.

    (Mais n’y mettez jamais de haiNe… gardez-vous d’avoir envie de dessiner des croix tordues et perfides).

     

    Ne croyez jamais ce qui vous disent que dessiner ne sert à rien.

     

    Dessinez, exprimez, créez. Soyez libres !

    Vous en avez le droit.

     

    Et grandissez, nourrissez-vous, sachez regarder les beautés, voyez aussi les mochetés pour les dénoncer.

     

    Quand vous serez grands, n’oubliez pas, n’oubliez jamais que vous avez dessiné.

    Et pourquoi pas… continuez !

     

     

     

    (Sinon, j’ai vu que vous aviez griffonné le mur derrière la porte de votre chambre… J’ai vu. Ça m’a rappelé une petite fille que j’ai bien connue)

     

     

     

     

    Allez, je suis FB, où qu’on essaie de se marrer !

     

    Est-ce une bonne idée que les crayons existent ???

     

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