• Ils ont 2 ans et demi, 6 ans et quasi 9 ans.

    Ils jouent. Parfois calmement. Souvent avec rien.

     

    Il fait beau.

    On a mis une bassine dehors.

    Ils font la cuisine avec de la dînette et des herbes.

    Je pose mon bouquin parce que je les entends.

    - Tu prépares les pâtes et moi, je fais un gâteau.

    - Il faut en préparer beaucoup parce qu'ils sont nombreux, les orphelins.

     

    Je ne les entends plus, je les écoute maintenant. J'ai oublié mon bouquin.

    Ils n'ont pas vu que je les écoute, ils sont occupés à la préparation de leur soupe d'herbes et d'eau sale.

     

    Ils trempent les herbes, les ressortent, les mettent dans des casseroles en plastique jaune.

    Chacun a sa tâche.

     

    - Ils ont faim, les orphelins, il faut qu'on leur donne à manger, il faut qu'on s'occupe d'eux.

    Ils jouent.

     

    La benjaminette, se lève, elle va chercher un petit vélo, elle monte dessus.

    Très sérieusement, elle dit :

    - Bon, ben, je vais les chercher à la gare !

     

    Le benjamin, il est plus grand, il lève le nez, il l'a regarde fixement. Il se marre :

    - nan, mais c'est n'importe quoi, là !

    Il ne joue plus.

    J'imagine qu'il va dire qu'elle ne peut pas aller à la gare avec un vélo, autant, ils peuvent faire des soupes qui ravigottent des orphelins, autant, elle ne peut pas aller à la gare en vélo, ça n'est plus jouable !

    Il reprend :

    - Ben non ! Il est trop petit ton vélo, tu ne vas pas pouvoir mettre tous les orphelins dedans, ils sont trop nombreux !

    - Alors, on aurait dit que j'avais une remorque et que je les mettais dedans.

    - Bon, d'accord. On aurait dit.

     

    Elle lève la tête, elle voit que je la regarde, elle sors du jeu, elle sourit, un peu gênée.

     

    Je reprends mon bouquin, je fais semblant de lire.

     

    Ils jouent.

    Avec rien.

    Ils inventent un monde entier avec rien !

     

     

    Avec rien, ils jouent. ils jouent la vie.

    Mieux que dans un bouquin.

     

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    Est-ce une bonne idée de regarder les enfants jouer ?????

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  • Il y a le premier "mamama" (qui était peut-être un "dadada" ou un "nanana" ou même un "glugluglu" qu'importe en fait) mais nous nous l'avons parfaitement entendu, notre tout petit venait de nous appeler "maman" pour la première fois !

    Et on se fout de savoir si son premier mot a été "camembert" ou "hurluberlu" (Hurluberlu, c'est le chat), un jour, il a dit MAMAN !

    Alors, on a appelé la nôtre de maman.

    - Mamaaaaaaaaaaan !!!! Il a dit Maman !!!

     

    Le premier. Le premier d'une très, très longue série.

     

    - Maman, un bisou !

    - Maman, je veux du jambon.

    - Maman, où est ma chemise grise, où, où, où ? (référence hautement culturelle, voir note 1)

    - Maman, j'ai maaaaaaaaaaal !!!!

    - Maman, y'a une sorcière sous mon lit.

    - Non, j'aime pas le jambon, maman !

    - Maman, j'ai fait cacaaaaaaaaaaa !!!!

    - Maman, pourquoi le Monsieur il sent mauvais ?

    - Non, je veux pas prendre de bain, maman !

    - Maman, tu me lis une histoire ?

    - Maman, t'as vu, la dame, elle a des grosses fesses.

    - Maman, tu fais caca ?

    - Maman, pourquoi t'es ma maman ?

    - Maman, je t'aime.

    - Maman, tu dors ?

    - Maman, pourquoi, les hippopotames, c'est gris ?

    - Je t'aime plus, maman !

    - Maman, tu me donnes un bonbon ?

    - Maman, tu sais, ben Jules c'est mon amoureux.

    - Maman, je tousse fort.

    - Maman, tu me donnes un autre bonbon ?

    - Je veux pas m'attacher dans l'auto, maman !!!

    - Maman, moi, je suis fort, je peux porter le sac de courses.

    - Maman, tu me donnes un autre bonbon... s'il te plait !

    - Maman, tu peux porter le sac de courses, c'est trop lourd.

    - Maman, tu peux me porter ?

    - Maman ??????? Maman ????????? Maaaaaaaamaaaaaaaaan !!!!

    - ...

    - ...

    - ...

    - Papa ? Papa ???? Papa, t'as pas vu maman ?

    - Maman, je veux habiter toujours avec toi.

    - Maman, t'es pas belle.

    - Maman, t'es la plus belle des mamans. ... ... ... Tu me donnes encore un bonbon ?

    - Maman, tu sais je t'aime plus fort que Hurluberlu.

     

    Y'a des jours, où on en peut plus d'entendre "Maman".

    Et puis, y'aura un jour, où on l'entendra moins, de moins en moins, plus si souvent, au téléphone de temps en temps, peut-être parfois souvent... Parfois moins.

     

    Et puis, plus tard, viendront peut-être les "Mamiiiiiiiiiiiiie, j'ai fait pipiiiiiiiiiiiiii"...

    Mes filles deviendront à leur des Mamans (ou pas) et mes fils des Papa (ou pas aussi) ! On verra...

     

    Allez, bonne fête les mamans, bonne teuf des reums, profitons des "Maman je t'aime du jour", des bisous baveux, des poèmes où les mots parfois s'emmêlent, des cadeaux maladroits et du coup très beaux.

     

    Love sur vous ! Love sur eux !

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    Est-ce une bonne idée de s'appeler "maman" ?????

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  • C'était un samedi.

    Il faisait beau.

    Sur la place, y'avait plein de vélos. C'était la fête ! On était 400, avec nos marmots.

    Sur la place, y'avait un manège. Un manège très rigolo, un manège à vélo. Comme une course en rond. Les enfants pédalent pour le faire avancer, c'est vraiment rigolo.

    Un manège tout gratuit, il suffit d'être un marmot pour monter.

    Et puis, y'avait aussi ces deux petites filles. Belles comme tout.

    Elles ont regardé le manège qui tournait. Un tour.

    Elles auraient pu se mettre dans la file des gamins qui se marraient en attendant de pouvoir faire un tour.

    Elles ne l'ont pas fait.

     

    Les gamins se sont installés. Il restait des places.

    Elles ne sont pas venues. Personne ne les a invitées, c'est vrai.

    Elles sont restées toutes les deux, la petite et la grande.

    Elles avaient un sourire moins large que les autres.

    Elles n'ont pas rit aux éclats.

    Dans leur main, y'avait un gobelet aussi crado que leurs fringues. Un gobelet qu'elles doivent remplir de petites pièces. Pour remplir leur estomac et ceux de leur famille.

    Le manège, c'est pas pour elles, même si ça ne coûte pas une thune.

    Le manège, elles le regardent tourner. Deux tours.

    Le manège, ça n'est pas pour elles. Elles le savent, elles n'ont même pas essayé de faire la queue, pour voir si on les laisserait monter ou si on leur dirait qu'elles trop grandes ou trop petites... trop sales en fait, trop différentes.

    Sur le manège, y'avait des petits enfants qui rient.

    A côté, y'avait leurs parents qui les encourageaient.

    A côté, y'avait deux petites filles, toutes seules et toutes sales qui regardaient les autres enfants rire.

    Deux petites filles qui ne montent pas sur les manèges...

     

    Je ne sais pas si elles ont fini par monter sur le manège. Le cortège des 400 vélos dont je faisais partie est parti justement.

    Les deux petites sont restées avec leurs gobelets vides. Elles n'ont rien demandé à personne.

    Peut-être qu'un jour, elles aussi, elles pourront monter sur un manège. Comme tous les gosses. Comme tout le monde.

     

    Allez, love sur vous. Love sur elles !

    Je suis sur FB et sur IG itou !

     

    Est-ce une bonne idée que deux petites filles regardent un manège tourner ????

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  • Le mercredi, c'est le jour des enfants.

    C'est aussi celui des mamans.

     

    Le mercredi, ici, c'est piscine.

    Le benjamin prend des cours. Tous les mercredis.

    Avec un maitre-nageur, il apprend à nager.

     

    Le mercredi, la benjaminette veut aller à la piscine. Tous les mercredis.

    Avec sa mère, elle apprend à se dépatouiller comme elle peut.

     

    Sa mère n'est pas maitre-nageur.

    Sa mère, le mercredi bosse vite fait pas toujours bien fait jusqu'à 15h.

    Elle s'épile vite fait... super pas bien fait.

    Elle emmène les gosses à la piscine.

     

    Aujourd'hui, il faisait chaud.

    Y'avait plein de monde.

    J'ai juste pris le temps d'écouter les noms du nouveau gouvernement.

    Y' Marlène Schiappa, à l'égalité Hommes-Femmes.

    Ça m'a fait plaisir, parce que je la suis depuis longtemps. J'ai presque l'impression de la connaitre... (Ah ! Les réseaux sociaux)

    On est arrivés en retard à la piscine.

     

    Du coup, une fois dans l'eau, j'y pensais encore.

    J'ai regardé autour de moi.

    Y'avait de l'eau. Plein.

    Y'avait des gosses. Plein.

    Et puis des mamans. Des mamans qui ont pris leur mercredi pour gérer la piscine, les cours de danse... Plein de mamans.

    Y'avait un papa. Avec une maman et leur gamin.

     

    Y'avait plein d'hommes aussi.

    Mais soit les hommes qui étaient là faisaient des longueurs peinards, soit... ils bossaient. Y'avait des Maitre-Nageurs, des animateurs, des éducateurs, des éducateurs sportifs... Ce jour-là, autour de la piscine, y'avait pas femmes qui soient là pour travailler. Y'avait que des mamans. (et trois filles sans gosses qui nageaient, tranquilles, c'est vrai).

     

    Alors oui, des fois, y'a une maitresse-nageuse, mais elle n'était pas là aujourd'hui.

    Ça se dit, ça maitresse-nageuse ???

     

    Et puis, y'avait ma fille. 6 ans.

    Qui commence à savoir nager. Même dans le grand bain.

    Ma fille de 6 ans qui saute du plongeoir sans avoir peur.

    Ma fille de 6 ans qui d'un coup, sans que je puisse rien faire a traversé une bonne partie du grand bassin, avec une technique très personnelle, mais elle l'a fait. Toute seule.

     

    - Bravo ! Tu y es arrivée toute seule.

    Elle a souri. Elle a juste dit :

    - J'ai pensé dans ma tête que j'allais y arriver et j'ai réussi.

     

    Je lui souhaite de toujours pouvoir y arriver.

    De réussir à faire ce qu'elle veut, en se donnant les moyens et qu'elle y arrive.

    Que jamais personne ne lui dise que ça ne se fait pas parce qu'elle est une fille. Ou alors, qu'elle sache ne pas les écouter. Qu'elle n'écoute que la voix dans sa tête qui lui dit qu'elle peut y arriver.

    Qu'elle ne soit pas cantonnée à des tâches subalternes parce qu'elle est une fille.

    Qu'elle puisse être conducteur de travaux, sage-femme, entrepreneur, ministre, puéricultrice ou même au foyer... Si c'est qu'elle a décidé de faire. Pour elle. Même pas pour ses gosses. Pour elle.

     

    Bonne route à Marlène !

     

    Hop ! Je suis sur FB et sur IG itou.

     

    Love sur vous !

     

    (hé ! pour un coup, ça n'est même pas un truc politique, donc, merci de m'épargner les trucs pro-Macron, Anti-Macron... etc...)

    Je ne déteste pas emmener mes gosses à la piscine, mais clairement, je prends sur mon temps de travail... du coup, je bosse le soir pour rattraper (et oui, j'organise mon temps comme je veux, je bosse pour moi)

    Est-ce une bonne idée d'aller à la piscine le mercredi avec ses enfants ???

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  • Je connais une petite fille de six ans.

    Je la connais bien puisque ça fait six ans que je la connais.

    Elle aime autant les jupes à froufrous (plein de froufrous) que les chemises de bucheron molletonnées.

    Elle aime autant jouer à la maman que de grimper dans les arbres.

    Elle aime autant le chocolat que le saucisson.

    Elle aime son amoureux.

    Elle aime ses frères et sœurs, mais pas tous les jours.

    Elle nous aime nous, ses parents.

     

    Vendredi dernier, elle rentre de l'école maternelle.

    Elle me dit : Tu sais, maman, dans la cour de récréation, avec mes copains, on a parlé des élections. On a compris que si c'est Marine LePen qui est élue, ben ma copine Chaïma, elle devra partir de l'école, elle devra rentrer dans le pays de ses parents même si elle, son pays c'est ici. Ben moi, j'aime pas ça. Je trouve que ça n'est pas bien et j'ai peur que Chaïma, elle s'en aille.

    J'ai répondu : Moi non plus, je n'aime pas ça. Qu'est-ce qui te fait peur ?

    Elle m'a regardé et très sérieusement, elle a dit : Moi, j'ai peur des monstres.

    Moi aussi, j'ai peur des monstres, j'ai dit.

     

    Ma petite fille de six ans, ses copains de six ans, des enfants de maternelles ont compris que Marine LePen est monstrueuse. Ils ont peur. J'ai peur...

     

    J'ai l'impression que ces gamins de six ont plus conscience de ce qui va arriver que de nombreux adultes.

    (oui... je sais, ils répètent ce que disent les parents, mais surtout, ils ont compris ce qui se passe. Ils ont six ans)

     

    Allez, je suis sur FB !

    Love sur vous.

    Courage...

    (et oui, c'est courageux, je le redis, de voter contre. Contre l’extrémisme, chacun doit agir avec sa conscience. Et s'abstenir, c'est prendre le risque de laisser passer LePen...)

    Est-ce une bonne idée que ma fille de 6 ans parle des élections ???

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