• Je t'ai vue, Madame, ce midi.

    J'étais à vélo, tu étais sur le trottoir d'en face, avec tes deux marmots.

    Et tu gueulais. Tu criais.

    Que "c'est nul ! C'est moche et idiot"

     

    T'étais pas contente, Madame.

    Et ta gamine, à plat ventre sur le trottoir mouillé criait encore plus fort que toi.

    Je n'ai pas compris ce qu'elle criait, ta môme, parce que, quand les enfants hurlent, on ne comprend pas ce qu'ils disent, sinon, ça nous simplifierait choses et ça serait dommage que la vie soit trop simple.

     

    J'aurais passer en te regardant, en te faisant comprendre à quel point tu es une mère merdique de laisser ta môme brailler et de lui crier dessus encore en plus.

    J'aurais pu. Mais je t'ai juste vue, je ne t'ai pas regardée.

     

    Et puis, tu avais une barquette de fraises dans une main et une draisienne dans l'autre.

     

    Peut-être que ce matin tu ne bossais pas.

    Peut-être que tu t'es dit que ça serait chouette d'aller acheter des fraises pour le dessert de ce midi, parce que les enfants aiment bien ça, qu'il fait un temps dégueulasse et que les fraises, c'est un peu de printemps à pas cher (bon, vu le prix des fraises, c'est relatif, on est bien d'accord)

    Et puis, t'as pris la draisienne, parce que la petite, elle l'a eu pour son anniv, hier et que tu t'es dit que la draisienne, même s'il pleut, c'est du beau temps.

     

    Alors, t'as galopé, t'as pas pris le bain dans lequel tu aurais bien passé vingt minutes.

     

    T'as pas pris de parapluie non plus. Tu n'as que deux mains, une pour les fraises, l'autre pour la draisienne. Tant pis, les enfants mettront leur capuche et toi, tu auras les cheveux mouillés, la douche, en somme.

     

    Sauf que voilà, quand tu es arrivée à l'école, les enfants étaient ronchons malgré les fraises et la draisienne. Va savoir pourquoi réellement.

    Et puis, ça t'a brisé ton moment de bonheur à partager en mille morceaux.

    Ce midi, tu aurais juste voulu rire des flaques, manger des fraises en te disant qu'elles sont bonnes même si elles sont dégueulasses et que le printemps est quand même là.

     

    Ton p'tit bonheur s'est mué en centaine de gouttes d'eau plus ou moins salées.

     

    Tu sais, Madame, quand tu vas rentrer ce soir, si ça se trouve, tu verras un post d'une blogueuse-maman-pseudo-bienveillante et merveilleuse :

    "Inadmissible !! Ce midi, j'ai vu une gamine hurlant dans une flaque, sa mère ne se baissait même pas pour la consoler ! Pfffffff, quelle honte ! #ilfautlessteriliser #lahonte #maltraitance"

    Ces posts que je vois passer tellement souvent... Tellement...

     

    Tu sais quoi, Madame, quand je t'ai vu avec tes fraises, la draisienne et tes mômes en pleurs, je me suis dis une chose : Madame, tu es moi. Tu es moi, tellement de fois. Madame, tu es juste un parent ordinaire.

     

    Courage Madame ! Continue à croire au printemps, continue à le fabriquer pour tes mômes, même s'ils se roulent sur le trottoir en gueulant. Résiste aux mieux que toi, aux mieux veillant... Toi, Madame, tu fais le printemps sous la pluie, c'est vachement plus balèze que tous les conseils du monde.

    Ton printemps est vraiment là, Madame.

     

    Love sur elle !

    Love sur vous !

     

    Je suis sur FB !

     (le benjaminette, l'année dernière, de quand il y avait du soleil)

    Est-ce une bonne idée de regarder la maman qui crie sur le trottoir d'en face ?????

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  • La nuit, on dort. Ça, c'est la théorie.

    Parce que en pratique, la nuit, on voudrait bien dormir.

     

    Et pourquoi ne dormirait-on pas alors qu'on le veut ???

     

    On ne dort pas à cause des soucis qui te prennent la tête (ah ! chercher 53 contrats de travail sur 7 ans, parce que, d'un coup, pôle emploi en a super besoin pour calculer tes droits depuis mars 2015. C'est un exemple au hasard)

    On ne dort pas à cause des sushis de la veille qui devaient être de l'avant-veille ou de la vieille, tout simplement.

    On ne dort pas à cause de la salle d'évènementiels à côté de chez toi qui diffuse de la techno (encore un exemple au hasard)

    On ne dort pas à cause du café, à cause, à cause des causes...

     

    A cause des enfants.

     

    Nan ! Ces petits êtres si mignons dont on dit qu'ils dorment comme des anges pourriraient les nuits de leurs ascendants ?

    A priori, selon une étude scientifique hyper fiable vu que c'est moi qui l'ait faite, les anges ne foutent rien de leurs journées alors, ils ne se gênent pas pour faire suer pendant la nuit.

     

    Quand les enfants sont encore des bébés, tu te dis : "soit".

    En fait, on accepte uniquement parce qu'on nous a prévenus et préparés psychologiquement.

     

    Le bébé grandit. Certains dorment, d'autres moins.

     

    Le bébé devient un enfant, assez grand pour dormir assez souvent.

     

    Tu dors.

    Tu fais un rêve formidable où tu dois trier 53 contrats de travail, petit à petit les contrats se rassemblent en vagues déferlantes. Si tu ne savais pas que personne au monde ne pourrait demander 53 contrats de travail inutiles pour ton calcul d'indemnités, tu te dirais que ce rêve est très réaliste.

    Et puis, les vagues grossissent. Tu sens comme une odeur de marée basse, de vase et de varech.

     

    Et très bizarrement, tu entends "maman".

    Tu plonges dans les vagues de contrats de travail, cherchant à sauver la pauvre attestation pôle emploi qui a perdu sa reum.

     

    Et tu entends, un peu plus fort "maman". "MAMAN" ????

     

    Alors là, ton cerveau épuisé te connecte d'un coup avec la réalité.

    (ah oui ! Dans la vraie life, je connais des gens qui m'appellent "maman")

     

    Tes yeux s'ouvrent.

    Et là, à 3 cm de la tronche, tu vois la tête de ta fille de 5 ans.

    Tu ne le fais pas exprès, instinct de survie, tu cries :

    - Putain, mais t'es déglingo de mettre ta tête aussi près de la mienne à 3 heures de matin.

    Je suis rarement polie, la nuit à 3 heures du matin... bon, à 3 heures de l'après-midi, ça n'est pas toujours mieux !

    (mais comment font les enfants pour rentrer sans faire un bruit et pourquoi se rapprochent-ils à 3 cm de ta tête à 3 heures du mat ? Pourquoi ?? Ils veulent hériter hyper vite en tentant d'éliminer leurs parents par arrêt cardiaque ?)

     

    Bon, s'ensuivent une série d'explications plus ou moins intelligibles :

    - y'a une sorcière sous mon lit/J'ai fait pipi sur mon oreiller/j'ai envie de vomir (pourtant, on ne lui avait donné de sushis de veille ou de la vieille)/j'ai fait un mauvais rêve... (je ne fais pas de listes, chacun à la sienne propre... enfin, façon de parler, parfois)

     

    Une fois le problème géré, tu dois te rendormir, oublier les soucis, les sushis...

     

    Et j'imagine bien que ça n'est pas fini. Quand ils seront vraiment grands, je ferais semblant de dormir, j'attendrais d'entendre la porte d'entrée claquer (oui, cette porte peut se fermer avec délicatesse, mais ça serait dommage de se priver de la claquer, surtout à 3 heures du mat)

     

     

    Alors, le prochain qui me dit "holàlà, t'as l'air crevée, tu devrais dormir", sérieux, je lui fais bouffer mes 53 contrats de travail. (c'est un exemple... toujours au hasard)

     

    Et big hug à toutes mes copines qui en scient sévère en ce moment. Courage, girls (sinon, c'est vrai, vous devriez dormir, ça vous ferait du bien. Hu hu hu. Pardon... Je suis dans le même état, en vrai )

     

    Allez, je suis sur FB !

    Love sur vous.

    Et je n'ose même pas vous souhaiter une bonne nuit... Au pire, faites de beaux rêves !

     

    (n'était-il pas chou, Le petit dernier quand il dormait ?)

     

    Est-ce une bonne idée de se dire qu'on pourrait dormir la nuit ???

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  • Depuis le début de la semaine, je joue un de mes spectacles dans un musée.

    C'est un festival auquel je participe depuis au moins 15 ans.

    Je joue pour les maternelles, 4 séances par jour.

    C'est mon spectacle préféré. Pour une fois, je suis fière de mon travail, je le trouve drôle, tendre, bien rythmé, ce spectacle.

     

    Tous les matins, j'arrive au musée.

    Je dis "bonjour" à la dame de la caisse et je file dans l'auditorium.

     

    La dame de la caisse est aussi la dame qui me prépare un petit café, pour que ça soit bien pour moi.

     

    Et puis, hier, elle m'a dit : Rôh ! Ce que j'aime, quand vous jouez votre spectacle, c'est que j'entends les enfants rire. Ce que j'aime quand vous avez fini votre spectacle, c'est que les enfants sortent et qu'ils sourient encore. C'est la vie, ça.

     

    Alors oui, parfois, j'ai l'impression de semer des petites graines... ou au moins, de ne pas faire de mal, ce qui n'est déjà pas si mal... Des petites graines de bien, je crois et j'ose espérer que ça ne donnera pas de la mauvaise herbe, pas du parasite. Que c'est un peu de l'espoir, pour demain, pour plus tard.

     

    Je lui raconte ça, à la dame.

     

    Alors, elle me dit : Rôh, vous savez, ce que j'aimerai, c'est venir voir votre spectacle... Demain, je vais essayer de quitter la caisse si ma collègue est là et je me glisserai discrètement.

     

    Et ce matin, j'ai vu la dame de la caisse entrer, discrètement, s'assoir sur les marches. Elle ne va pas compter ce matin, elle aura un autre conte.

     

    Quand je suis sortie, elle m'avait préparé un petit café.

    Elle m'a dit : je suis déçue, les enfants ont moins ri que hier.

     

    J'ai souri.

    Elle se fichait complètement de mes histoires, elle voulait juste prendre sa dose de rires d'enfants, sa dose de "pas grave", sa dose d'espoir pour demain.

     

    Alors, madame, je vous dis "merci", merci pour les cafés, merci pour "l'espoir de demain", on en a besoin.

     

    Et puis, je vous l'avoue, je prends des bains, des douches, je m'asperge de cet "espoir de demain".

    Tous les jours, je me dis que j'ai un métier simplement fabuleux...

     

    (je ne veux pas faire ma ronchonchon, mais sachez que si mon métier qui a l'air de ne servir à rien est possible, c'est parce que l'intermittence du spectacle existe... enfin... peut-être plus pour très longtemps... Alors, on peut se dire que "l'espoir de demain" peut se nourrir de joujoux de magasins, de trucs préfabriqués, prémâchés... on peut... ou pas !, "l'espoir de demain" se nourrit de trucs gratos, comme les blagues racontées, les fleurs regardées, les gâteaux faits ensemble, les histoires racontées, les chansons susurrées, les bras pour se lover et tout ce qu'on est capable d'inventer quand on ne se farcit pas ma tronche de saloperies. Arrêtons d'avaler des conneries !)

     

    Et qu'on essaie de nous faire croire qu'une porte ouverte de magasin, avec selfie "porcelet", c'est de la culture ou une sortie familiale, ça me fait gerber, parce que c'est du commerce et que le "selfie porcelet" partagé sur FB, c'est juste de la pub faite gratos... Arrêtons de diffuser des conneries, d'être les dindons de la farce ! (pour info, sur le "selfie porcelet" C'est un truc très local, le selfie "porcelet" : une grande enseigne pseudo "locale" a fait des portes ouvertes ce week-end, à côté de chez moi et plein de gens ont partagé des photos... du magasin... ou avec les petits cochons mignons (futurs jambons) Voilà !)

     

    Love sur vous. Plein !

    Je suis sur Fb !

     

    Est-ce une bonne idée que la dame de la caisse assiste au spectacle ???

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  • Bonjour Monsieur Bertrand,

    Je vous ai écrit en décembre dernier, juste après le premier tour.

    Vous n'aviez pas été très tendre avec votre électorat de gauche, préférant flatter les potentiels électeurs de Marine Le Pen.

    Très vite, vous avez changé votre discours, constatant certainement que votre "électorat de gauche" vous était nécessaire pour gagner la présidence de la région.

    Et ma foi, vous n'avez pas eu tord.

    Depuis, vous êtes président et moi j'attends.

     

    Nous avons échangé par mal de SMS et vous faites très bien les smileys... Peut-être que je vous fais marrer.

     

    Ou pas.

     

    La saison des choux de Bruxelles va finir par passer ou vous ne serez toujours pas venu.

     

    Ça n'est pas très grave, je crois.

     

    Depuis tout ce temps vous ne l'avez pas eu, le temps, le temps à perdre avec votre électorat de gauche. Parfois, le temps perdu, c'est aussi du temps gagné, mais pas toujours.

     

    J'avoue très sincèrement que je n'ai pas regardé chacune de vos interventions à la télé, à la radio. J'ai des choux de Bruxelles à préparer, moi, ça en prend du temps. En fait, je n'en ai regardé aucune, je l'avoue.

     

    Depuis tout ce temps vous avez nommé la région "Haut de France". Bon.

    Moi, je ne me sens le haut de rien. J'ai plutôt l'impression d'appartenir à la France d'en bas. La France d'en bas qui se retrouve en haut, ça va nous filer le tournis, ça, le haut, le bas... Le haut le cœur, un peu.

    Je ne pense pas être non plus le haut du panier, ici, on a plutôt tendance à être dans le fond... Un peu comme nos grands-parents quand ils étaient mineurs sans être forcément majeurs, d'ailleurs.

     

    Y'a qu'un truc que j'ai vu passer dans mon fil d'actu. En réaction aux attentats de Bruxelles, il parait que vous avez déclaré être pour la peine de mort. Et là, c'est moi qui ait de la peine.

    Je suis indéfectible optimiste. J'ai toujours considéré que la peine de mort, c'était un peu un crime légal et organisé. Je sais bien que c'est compliqué. Les inhumains qui ont tué aveuglément ne méritent pas la vie, elle est trop jolie pour eux. C'est tellement généreux, la vie. Non, ils ne la méritent pas... De toutes manières, ces inhumains n'y connaissent rien en matière de vie.

    Faut-il pour autant être aussi barbares qu'eux ? Ne devons nous pas être plus humains, en ce moment. Être tellement plus vivants, tellement plus humains, encore plus que d'habitude pour compenser cette barbarie ?

    J'ai un peu la nausée, là. Le haut le cœur.

     

    Je vous a envoyé ce fabuleux livre de Nancy Huston, l'espèce fabulatrice, je ne suis pas sûre que vous ayez trouvé le temps de le lire. Vous devriez.

    Vous m'avez remercié, en prenant le temps de m'écrire, vous même, à la main. Vous avez souligné que vous avez pris le temps pour ça.

     

    Et j'ai compris, en recevant votre petit carton que nous avons finalement un point commun. Nous avons tous les deux une écrite manuscrite très moche.

     

    Bon, la saison des courgettes va arriver, ma tarte est bien bonne, peut-être même meilleure que mon gratin de choux de Bruxelles.

    Si vous passez, je ne sais pas trop si on se trouvera d'autres points communs. Je ne suis pas sûre, après, on peut être surpris.

    Tiens, est-ce vous savez toucher votre nez avec votre langue ? Parce que moi, je sais.

    On a les talents qu'on peut.

    Est-ce que vous jouez mal de la guitare ? Parce que moi, oui.

    On n'a pas les talents qu'on veut.

    Est-ce vous aimez les gobelets Rice ? Parce que moi j'adore.

     

    Si vous passez, on ne parlera pas politique. Je n'aime pas être fâchée.

    Je veux bien parler de la vie, des choses jolies. Pas de peines. Pas de mort. Pas de peine de morts (j'ajoute un S, parce que, en ce moment, nous sommes nombreux à être en peine de morts, de près ou de loin, nous sommes touchés).

     

    Ah ! Si ! Je veux bien vous parler de ce que je connais : de histoires qu'on raconte. En théorie, les Hommes politiques s'y connaissent en histoires qu'on raconte. Les miennes sont chouïa différentes, elles sont très inventées. Elles font du bien aux gens. Elles parlent de l'humain, de l'humanité, de la vie... qui peut-être jolie.

    (lisez l'espèce fabulatrice, c'est important, ça s'avale vite et se digère lentement. Ça ne file pas de hauts le cœur.

     

    Marion Cailleret Des Hauts De France (ça claque... comme une claque)

     

     

    Allez, je préfère dire hauts les coeurs ! Courage, les gens, c'est pas marrant en ce moment, pas facile de se faire chaud.

     

    Love sur vous !

    (je suis FB)

     

    Est-ce une bonne idée d'avoir un peu le haut de coeur (Xavier Bertrand inside) ???

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  • Bon, je dois l'avouer, je n'aime pas les animaux plus que ça.

    Je ne leur veux pas de mal parce que je ne peux pas blairer la cruauté. Je ne fais pas de mal à une mouche (ou alors c'est qu'elle l'a cherchée).

    Mais bon, voilà, les animaux ce sont des animaux, je crois que je préfère les humains. Enfin... parfois... Souvent quand même.

     

     

    C'est un blogueur que j'aime bien. Il écrit joli sur le pas toujours beau... Je m'y retrouve, j'y vois de l'écho avec mes petites prisonnières : là , parce qu'il y a cette volonté d'humanité, de voir l'étincelle qui fait que l'Homme peut-être malgré tout bon et beau. Bref, je l'aime bien. Je suis son blog Alors Voilà : ici, je suis aussi le profil Fb de Baptiste Beaulieu.

     

    Hier, il a publié un post qui appelle au recueillement, à se souvenir de la cruauté gratuite :

    "Il y quatre ans, un chien dont je ne donnerai pas le nom assassina froidement dans une école de la République quatre personnes innocentes.
    C'était dans ma ville.
    Je n'oublie pas. La haine est toujours là, plus que jamais, qui rôde et allume des bûchers.
    Aimons-nous, nous les vivants, pendant qu'ils reposent en paix."

    Et une photo des victimes.

     

    Un chien ! Une figure littéraire pour marquer l'inhumanité criminelle... Pour déshumaniser celui qui doit l'être. Figure littéraire renforcée par le fait de ne pas nommer. Les hommes ont droit à une identité. Bon, faut pas être en Master de lettres pour piger ça.

     

    Parce que l'expression "être un chien" existe. Un chien n'est pas qu'une bête avec des poils qui tire la langue, lève la papatte et chie sur le trottoir. Non, un chien n'est pas qu'une bête qui aboie sur mon fils tétanisé, bête prolongée par une laisse au bout de laquelle se trouve une petite vieille qui me hurle "Nan mais ho ! Vous ne pouvez pas le tenir le gamin, là, il regarde mon chien et ça l'énerve, mon chien" (Véridique. Le benjamin a toujours été terrorisé par les chiens, il les fuit comme la peste... )

    Un chien, c'est aussi l'image de la cruauté. Cette acceptation doit certainement venir de temps fort lointains où les chiens-chiens n'avaient pas encore de mémères liées à eux et pourvoyeuses de croquettes "bon toutou". A cette époque, il y avait des clébards sauvages, de vraies bêtes, qui devaient bien bouffer et même qu'ils n'étaient pas super sympas, du coup. ben ouais, quand on a les crocs, on est souvent d'humeur chafouine.

     

    Mais oui, mais non. Un chien !

    Y'a les commentaires. On s'attendrait à du respect, du recueillement, de l'indignation.

     

    Mais oui, mais non. Un chien !

    Et de l'indignation, y'en a eu plein... pour défendre les chiens. (qui sont très gentils, toujours, qui ne font jamais caca, qui sauvent les gens, qui n'ont jamais bouffé un mouton. JAMAIS ! Les chiens sont des humains comme les autres...). Au moins un tiers des commentaires.

     

    Hyper digne. Vraiment classe. J'adore. Je sur-kiffe ce déferlement d'humanité sincère.

    Langues de vipères qui sifflent sur nos têtes.

     

    Alors, il aurait fallu écrire quoi ?

    "Ce porc" ? Et avoir les réactions indignées de la filière porcine ?

    "Ce loup" ? Et avoir les écolo en colère, en colère ?

    "Cet illuminé" ? Et avoir allumeurs de réverbères vénères sur le dos ?

    ...

    ...

    La polysémie est un beau pays. Avec ses plages de métonymies, ses criques de litotes, ses montagnes hyperboles...

    Un beau pays.

     

    On devrait y aller plus souvent, histoire de gagner en second degré.

    Et les chiens ? le second degré, ils connaissent ?

    Et les chiens ? Le manque de dignité, ils connaissent ?

    Et les chiens ? L'inhumanité, ils connaissent ?

    Je crois, oui... Ils la fréquentent plus souvent qu'il ne faut.

     

    Bon.

    J'avoue avoir parfois avoir des doutes sur mes congénères.

    Je devrais peut-être plus fréquenter les animaux. Ou pas.

    (nos deux poules me suffissent largement et pour tous les défenseurs de la cause animale, sachez quelles sont mieux traitées que certains êtres humains, elles ont une cabane en bois, de la paille sous les pattes et de la bouffe plus qu'il n'en faut. Et oui, on bouffe leur ovules... )

     

    Allez, love sur vous ! Aimez les chiens, aimez les gens, surtout... Indignez-vous pour de belles choses et lisez, allez en polysémie, je vous jure que ça aide à être humain !

    Je suis sur FB !

     

    Est-ce une bonne idée d'utiliser des méthaphores animales ???

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