• Est-ce une bonne idée d’avoir une fausse joie ??

    C'est arrivé il y a 1 an quasi tout pile.
    J'ai voulu attendre pour lu publier. Attendre que ça soit réparé, attendre que Ce Bébé soit là, pour de vrai.

    Les fausses joies, les faux départs, les fausses couches ça arrive... souvent.
    Mais, je ne pensais pas que ça m'arriverait, à moi.
    Moi, quand je voulais un bébé, j'avais un bébé. Et c'est tout.
    Et pourtant...

    C'est un instantané de ce que j'ai et vécu cette nuit-là, aux urgences.

    On l’avait voulu.

    On l’attendait depuis un moment.

    On avait trouvé que le mois de septembre avait été doux et clément.

     

    Des pages avaient été tournées.

    Ça allait pouvoir commencer.

     

    Un dimanche matin, y’a eu deux petits traits roses.

    On n’osait presque plus y croire.

    On avait même pensé qu’on était trop vieux, que la maternité, pour nous, c’était râpé.

     

    Deux petits traits roses confirmées le lendemain par quelques gouttes de sang dans un tube.

    Ça y était ! un 5ème. Voulu et désiré.

     

    Y’a eu quand même ce doute.

    Dans un coin de la tête.

    Dans un coin du ventre.

    Quelque part.

    Un doute qu’on ne voulait pas écouter.

     

    Un lundi matin, 15 jours après, on a compris.

    Rouge, très rouge.

    On a essayé d’y croire quand même.

    Et puis non, on n’y a plus cru du tout.

    Fini le rose.

    Tout était rouge.

     

    Et pourtant, je suis allée au travail (il fallait).

    Par acquis de conscience, en sortant, j’ai appelé la toubib.

    Direction les urgences gynéco qu’elle dit.

    C’est peut-être sauvable.

    Elle y croyait encore.

    Pas nous.

     

    Les urgences.

     

    Les urgences…

     

    S’enregistrer.

    Mettre son dossier dans la bannette « problèmes gynéco moins de 5 mois ».

    S’installer dans une salle d’attente glauquissime.

    Téléphone en rade.

    Rien d’autre à faire que de mater les autres dames.

    Futures mamans pour la plupart. Toutes avec le futur papa, ou la futur tata ou la futur grand ma’.

     

    Moi, j’étais toute seule avec juste moi.

    Et je me suis sentie future rien du tout.

     

    Et il a eu elle.

    Elle est grande et mince. Elle est jolie.

    Elle n’a pas de bidon non plus.

    Je me suis dit qu’elle était tout comme moi.

    Une future rien du tout.

    Elle pleurait doucement.

    Elle parlait tout bas. Elle disait que ça n’était pas possible.

    Et j’ai bien cru la comprendre, elle aussi. Elle devait être tout comme moi, une future rien du tout.

     

     

    Mon tour de voir la sage-femme. Répondre à toutes les questions. Ne surtout pas écouter la date de terme présumée.

    Expliquer que en plus de tout ça, je ne suis pas épilée. Poilue comme tout.

    Que pour moi, tout ces poils devant elle, c’est gênant.

    Elle dit qu’elle s’en fout. Que ça, ça n’est rien du tout.

     

    Rien du tout, c’est bien là le problème. On n’attend plus rien du tout.

     

    Je me sens vide. Je me vide. Je ne peux rien retenir.

     

    Retour dans une salle d’attente bondée.

    Et entendre les battements des cœurs des bébés à naitre dans les salles de monito, juste à côté.

    Des bébés à qui on va donner la vie.

    Et nous, on ne donnera rien du tout.

     

    Et les ventres rebondis parlent aux ventres rebondis.

    Elles se racontent leurs accouchements, leurs futurs bébés qui tardent à venir, ils sont au chaud, au creux d’elles.

    Et moi, j’ai froid.

    Moi, on ne me parle pas.

    Elles ont bien vu que je n’ai pas de ventre rebondi. Elles ont compris ce que je fais ici.

     

    Et les minutes s’allongent comme les femmes qu’on couche sur les chariots.
    Et être patiente prend tout son sens.

    Des heures à voir défiler les chariots pleins de ventres pleins.

    Pleins de futurs bébés.

    Pleins de futurs parents.

    Et moi, je suis pleine de vide. Pleine de rien.

     

    Et j’attends. Je n’attends plus rien.

     

    Et puis, j'entends encore et encore les discussions.

    Le temps est long, très long. Des heures.

    Et on les entend, eux. D’autres qui attendent.

    Ils sont pleins de connerie, de bêtise, de méchanceté.

    Ils ont en ont marre d’attendre.

    Marre de patienter.

    Ils parlent fort. Très fort. Ils disent que la peine de mort devrait être remise en vigueur.

     

    Et moi, je sens que je suis en peine de vie.

     

    Ils disent que si le toubib ne s’occupe pas d’eux tout de suite, ils lui casseront les dents.

    Parce qu’ils ne veulent pas patienter.

     

    Mais médecins courent vite ce soir là. De patiente en parturiente.

    Les impatients attendront.

     

    Et on la revoit. Elle. Celle qui n’a pas de ventre rond.

    Elle parle avec deux agents de police et un médecin.

     

    Je comprends.

    Je comprends et j’ai peur. Et j’ai mal. Et je comprends qu’elle n’est pas comme moi.

    Elle, elle n’attendait rien.

    Elle n’attendra plus rien pendant un moment.

    Surtout pas ce salop qui lui a fait ça.

    On voit sa maman arriver, une petite dame toute grise. Elle ne sait pas où se mettre. Elle ne sait pas quoi dire.

    Elle vient chercher sa grande fille.

    Elles pleurent.

    On a fait ça, à sa fille, sa petite fille.

    Et j’ai envie de pleurer aussi.

     

    Et je dois continuer à attendre. Attendre et savoir que je n’ai plus rien à attendre.

    Et le plus difficile n’est pas d’attendre. Le plus dur c’est d’entendre.

    Les cœurs des bébés qui se mêlent aux connards à la peine de mort.

    Les connards qui attendent ce soir parce que le rendez-vous avec son gynéco est demain, mais demain, elle voudrait bien aller voir sa cousine, alors, elle est venue ce soir.

    La détester.

    Se dire qu’elle en tient une couche.

    Une bien épaisse.

    Une couche de haine, de médiocrité, de racisme, de merde.

    J’essaie de m’éloigner le plus possible. Sa connerie n’est pas contagieuse, mais elle m’éclabousse.

    Je veux être loin.

    Loin avec mon ventre vide.

    Mais la salle d’attente est petite.

     

    Et 5 heures plus tard, c’est mon tour.

    Une écho. Une écho sans bébé à aimer.

    Une écho pour confirmer…

     

    Une fausse couche.

    Une fausse joie.

     

    Mais la vie continue.

    La vie sans cette vie.

    Et depuis, y'a eu ce bébé, qui a 2 mois aujourd'hui...
    Allez, je suis sur FB et souvent, c'est gai ! On peut liker.

     

     

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 12 Octobre 2014 à 21:13
    Crevette d'ODouce

    Comme je te comprends (X3)... et je compatis. C'est douloureux, on en veut à la terre entière, on jalouse les ventres rebondis et on va quand même travailler... pour ne pas être "obliger" de raconter, pour oublier... Des bises ;-)

    2
    Dimanche 12 Octobre 2014 à 21:13
    Les urgences, ce pays où le temps s'est arrêté... J'ai testé aussi, les cons et le viol en moins :( Cette fois-là par contre c'était une frayeur pour rien les saignements et Sweetprincess est née 7 mois après. La fois d'avant par contre notre rêve avait volé en éclats chez l'échographe...
    3
    Mamzelle du haut
    Dimanche 12 Octobre 2014 à 21:18

    Merci ! 

    Merci pour ces mots que je n'aurais su écrire ... 

    'Merci 

    4
    Hélène
    Dimanche 12 Octobre 2014 à 21:32

    C'est incroyable comme à chaque fois que je te lis, je me dis que j'aurais pu écrire tes mots ...


    ton benjamin hors normes, ton petit dernier avec qui tu en scies grave, et une fausse couche juste avant ce petit dernier ... sauf que moi c'est une petite dernière mais sinon, tout pareil, les urgences, l'attente, les autres ... la douleur, le retour au travail après où on n'a pas envie d'expliquer et où personne ne comprend pourquoi on souffre autant finalement, ce ventre vide ... :-(


    Tu écris bien mieux que moi mais quand je te lis, je lis une petite partie de ma vie ...

    5
    elodie
    Dimanche 12 Octobre 2014 à 22:16

    très beau texte c'est ce que j'ai vécu 3 fois 3 petits anges qui n'ont pas existé mais j'ai 2 merveilleuses petites filles il faut juste y croire bon courage ce qui vivent ça  l'article est magnifique une fausse couche n'est pas banale

    6
    Pat
    Dimanche 12 Octobre 2014 à 22:17
    Pat
    Un texte magnifique comme toujours. Mais celui ci encore plus je crois.
    Je n'aurais sans doute pas les bons mots alors juste <3.
    7
    Vanessa
    Dimanche 12 Octobre 2014 à 22:23

    J'étais comme vous lorsque je voulais un bébé, j'avais un bébé . Un petit troisième s'est invité...j'ai accouché le 10 juillet 2013 à 4 mois de grossesse...j'ai ressenti un grand vide, un manque et une grande solitude face à ma peine : les gens ne comprennent pas pourquoi nous sommes si triste d'avoir perdu un bébé "que l'on a pas connu"! J'ai donné naissance le 5 juillet 2014 à une adorable petite fille mais je pense tjs à ce bébé...

    vos mots sont si réalistes

    8
    ingrid
    Dimanche 12 Octobre 2014 à 22:54
    Quelques choses de si moche si dure écrit par vous ses joli j'ai 4 enfants tous né prema plus ou moins tôt avec plus ou moins de soucis il devais il aurait du en avoir 5 mai ma gygy une femme en or ma dit clairement si vous continuez de toute façon vous le perdrez la grossesse s'arrêtera d'elle même (mon corps n'aurais pas fait sont travail trop fragilisé par d'autres choses) donc je suis rentré chez moi avec une décision a prendre et pour cela j'ai confier mai enfants à ma maman j'ai beaucoup pleurer et avec mon mari on a décidé de tous stoppé sa a été dure très dure j'y pense tous le temps je rêve d'un bébé ni fille ni garçon juste un bébé lover contre moi mai finalement j'ai peur car mon numéro 4. La grossesse à été difficile et pourtant si je veux un bébé je l'ai 4 fois sur 5 mai entre les difficultés pendant la grossesse la prématurité les souci de santé de bébé et le risque de ne pas pouvoir poursuivre la grossesse font que le cinquième reste pour le moment le bébé de mai rêve lover contre mon coeur et je pense que fausse couche ou stoppé une grossesse volontairement à cose d'un risque ses le même ressentie pour la maman sauf que moi je me demanderais toujours si j'ai fait le bon choix
    9
    Christine
    Dimanche 12 Octobre 2014 à 23:03

    Envie de pleurer ce soir Marion en te lisant ... Pour avoir senti plusieurs fois s'arrêter en moi des vies qui venaient, et parfois à un stade avancé ... Il a fallu s'accrocher pour que mes jeunes soient là aujourd'hui, par césariennes "pas de confort" :)

    Je ne "likerai" pas ce soir et je sais que tu ne m'en voudras pas.

    Je t'embrasse

    10
    Lundi 13 Octobre 2014 à 00:27

    Bonsoir Marion, 

     

    J'ai vu votre article via une amie commune sur FB...

    j'ai la gorge serrée de vous lire et je partage votre "fausse joie", si l'on peut dire...

    Votre article est très bien écrit, poignant et très émouvant ; 

    il me fait étrangement penser à la chanson que j'ai écrite, suite à ma propre expérience de "fausse couche" ; 

    j'avais donc envie de la partager avec vous.

    De "Deux p'tits traits roses sur cette chose..." jusqu'à "du sang qui coule"...

    Du rose au rouge... comme vous dites.

    Voici le lien pour l'écouter : https://soundcloud.com/emilie-llamas/le-temps-de-n-tre?in=emilie-llamas/sets/lune-et-lautre

    Peut-être vous touchera-t-elle...

     

    Bien à vous, et joyeux mois-versaire à votre bébé!

     

    Emilie Llamas

    Maman, chanteuse

    www.milivoiz.com 

     

     

    11
    docedecapirinha
    Lundi 13 Octobre 2014 à 06:52

    magnifik texte

     

    12
    Lyra-san
    Lundi 13 Octobre 2014 à 10:37
    Lyra-san

    Un billet magnifiquement écrit et émouvant. Je vous souhaite tout le bonheur du monde avec ce petit cinquième bien que la plaie que vous avez décrit restera toujours quelque part au fond de vous.

    13
    mamandoudouce
    Lundi 13 Octobre 2014 à 10:47

    Ton billet est magnifique et émouvant <3

    14
    Oui mais non
    Lundi 13 Octobre 2014 à 14:18

    Hello,

    Oui c'est triste. Pas juste, etc. Enfin voilà ce n'est pas comme si on vous annonçait que vous êtes stérile ! Ou atteinte du VIH ou d'une autre saloperie quasi-incurable genre cancer ! Donc svp par respect pour les gens qui ont quelque chose de ce genre : merci de relativiser et de ne pas vous lamenter de cette façon. Y'a plus malheureuse que vous ! Et je ne parle même pas des gens qui meurent sous les bombes au moment où j'écris ça..

    15
    Lundi 13 Octobre 2014 à 15:03

    Je ne pense pas que je me lamente... du tout.
    Je n'ai parlé à personne de cette fausse couche.
    J'ai bossé, comme tous les jours.
    Dans mon article, je montre bien qu'il y a "pire"
    Comme écrit en haut, c'est juste un instantané.
    Un truc pas marrant.
    Une fausse joie.
    Je ne me lamente pas, loin de là ! Au contraire, je pense que je suis plutôt du côté de la vie...
    En revanche, j'ai le droit d'avoir été triste.

    16
    Lundi 13 Octobre 2014 à 15:05

    Et avoir un souci, même petit, avoir un chagrin, ça n'est pas nier la souffrance des autres...

    17
    Ann
    Lundi 13 Octobre 2014 à 15:27

    Mon ami qui a le VIH me plaint quand je me cogne le petit orteil contre le pied de la table et écoute mes malheurs. Il me console je le console. Il ne faut pas tout mélanger...


    Très joli texte. Je me souviens de cette fois où je suis arrivée pour une consultation lambda mon ventre pas encore tout à fait rond. J'ai marché dans le long couloir un mètre derrière cette femme lambda avec un bientôt ventre comme moi. Une secrétaire s'est avancée et lui a demandé pourquoi elle était là. Pour une IMG, avec la voix un peu égarée. Trois infirmières sont sorties immédiatement pour l’accueillir dans une pièce à part. Ce jour là j'ai su que ma maternité était la bonne.

    18
    Tribu de 5 momes
    Lundi 13 Octobre 2014 à 15:29

    Toujours aussi bien écrit ces posts. Même sur des sujets douloureux. Je compatis, étant passé moi même pas 2 "fausses joies" mais ensuite encore 2 bb. 

    Un mot pour "OuimaisNon". Pas la peine d'être agressive. Une fausse couche est une blessure quelque soit le temps avant que ce bb en devenir s'en aille. Peut être n'avez vous jamais connu cela, je ne vous le souhaite pas, mais sans doute comprendriez vous l'état d'esprit d'une future maman qui est vide du jour au lendemain ou d'une minute à l'autre. Sur un tout autre sujet, certains cancers sont curables, j'en suis la preuve vivante. Eh oui j'ai eu ET les FC ET un cancer et je ne pense pas être plus malheureuse que l'auteure de ce blog. En tout cas il est hors de question que l'on me plaigne. Désolé Marion pour cette intervention certainement pas approprié. Vous pouvez enlever ce comm' si il gêne. Des bisous

     

    19
    sandrine
    Lundi 13 Octobre 2014 à 15:37

    Ma petite puce vient d'avoir 8 mois et c'est un véritable bonheur que de l'avoir :-D et avant elle nous avons vécu 2 fausses joies qui font du mal mais qui passent ... Merci pour ce billet et en effet ce n'est pas le chagrin que l'on peut ressentir qui serait un manque de respect envers des personnes souffrantes ne mélangeons pas tout ! Merci encore Marion pour décrire si bien les choses ! <3

    20
    Lundi 13 Octobre 2014 à 15:41

    Arf... Je vais le laisser le com. Parce que je les laisse tous. Sauf quand ils sont racistes, homophobes et autres mochetés.
    Je pense que "oui mais non" n'a pas bien compris le fond de ma pensée... Et j'espère surtout qu'elle se trompe et que je ne lamente pas. Tel n'est pas mon intention. Du tout !!

    21
    Marie
    Lundi 13 Octobre 2014 à 16:42

    Elle doit être bien malheureuse "Oui mais non" pour écrire aussi négativement sur votre article. De plus, je ne vois pas le rapport entre vos écrits et sa lecture avec les pauvres gens qui meurent sous les bombes ! je crois qu'il ne faut pas tout mélanger. Marie

    22
    charlotte
    Lundi 13 Octobre 2014 à 17:51
    "Oui mais non"...donc le jour où votre cancer se développera, ne vous lamentez pas hein, il y aura pire que vous !
    Pour vous, et j'espère que vous me lirez, mon homme est amputé d'une jambe, des suites d'un cancer. J'ai fait 2 fausses couches, il a pleuré à chacune d'elle.
    C'est courant et on s' en veut, on se dit qu'on a pas réussi à garder ce bébé, même si on sait que la nature est bien faite, on le prend pour nous. Mais sûrement n'avez vous pas vécu cette douleur, tant mieux pour vous, respectez les autres...

    Merci Marion pour ce bel article, si triste soit-il
    23
    ptite maman
    Lundi 13 Octobre 2014 à 18:51

    Très joli texte. Nous avons eu la chance d'être épargné (notre seul hic fut de s'entendre dire qu'on avait 4% de proba d'avoir un autre enfant après notre premier ... une autre histoire qui s'est bien finie). 


    Je vous écrie car je suis arrivée juste après que ma maman perde un bébé à plus de 4 mois de grossesse. Je suis arrivée et personne ne sais comment ni pourquoi car je n'aurai pas du m'accrocher si tôt à cet uterus meurtrie. 


    Ma maman nous a toujours tout raconté avec des mots justes et jolis. Et souvent je dis merci à ce tout petit bébé merci de m'avoir céder sa place. Pour moi il fait parti de l'histoire de notre famille. Moi il m'a donné la vie en quelque sorte. 


    Alors bravo pour ce billet et pour votre courage et une pensée pour cette petite lumière de vie.

    24
    A ma petite graine
    Lundi 13 Octobre 2014 à 20:04

    Merci

    Merci pour ces mots qui sonnent justes.

    Merci pour ces mots qui me font échos.

    Merci pour ce partage. Oui, il s’agit bien de partage et seulement de partage.

    Je comprends (enfin tout du moins j’essaie de comprendre) que l’on ne puisse pas comprendre cette douleur qui tiraille, ce sentiment de vide, de manque…  C’est certain, il y a pire et à ce compte il y aura toujours pire mais je pense qu’il ne s’agit pas de compétition de malheur mais juste de partage de ces situations souvent incomprises où notre corps et notre cœur de femme souffrent.

    Il y a un peu plus de deux ans une petite graine s’est nichée quelques semaines en moi. Ces semaines et celles qui les ont suivies m’ont bouleversées ; elles m’ont fait grandir, évoluer.

     J’étais alors une maman en devenir qui avait mal ; qui ne comprenait pas cette douleur et qui s’en culpabilisait même.

    J’étais cette femme à qui son généraliste a dit que finalement je n’avais peut être tout simplement jamais été enceinte ; cette femme qui a entendu sa mère lui dire que ce n’était ni plus ni moins que des règles plus abondantes. Au contraire maman, c’était bien plus que cela.

    Cette petite graine a fait de moi la femme et la mère que je suis aujourd’hui. Cette petite graine a et aura toujours une place particulière dans mon cœur de mère.

    Merci donc pour ce partage.

     

    Merci

    25
    Koalapomme
    Lundi 13 Octobre 2014 à 20:48

    Magnifique texte, une description exacte d'un moment difficile. "Oui mais non" se trompe dans son commentaire. Chacun a sa limite de douleur, et on peut souffrir de tout, et ce malgré ce qu'il se passe ailleurs.

    Chacun sa vie et ses bobos, chacun ses limites, chacun son besoin de partager... ou pas... 

    Je vous lit toujours avec plaisir et émotion. Continuez... Et merci

    26
    Lundi 13 Octobre 2014 à 20:58
    afaurore

    j'ai aussi connu ça entre n°2 et n°3 et ça a été très dur à accepter
    on avait beau me dire que ce n'était pas grave, que j'en avais déjà 2, que de toute façon c'était un BB surprise pas "désiré"...n'empêche que ça fait mal
    et que ça ne cicatrise que petit à petit avec BB 3, enfin 4

    27
    made81
    Lundi 13 Octobre 2014 à 21:31

    Bon, ça fait deux fois en deux jours que tu me fais pleurer... Va falloir arrêter !!! (Je plaisante)

    Bravo pour ce post si sensiblement bien écrit et pour celui d'avant aussi...  

    Je te (vous) souhaite des prochains jours où vous en scierez moins et j'espère que la psy scolaire aura réussi à aider ton benjamin, vous et/ou la maîtresse à appréhender sa scolarité particulière...

    Au plaisir de te relire...

    28
    Sophia
    Lundi 13 Octobre 2014 à 22:02

    On ne relèvera pas le commentaire un peu plus haut qui n'a aucun sens et qui est très certainement écrit par une personne qui en a gros sur le coeur. 


     


    Article très touchant en tous cas.

    29
    Poulette
    Lundi 13 Octobre 2014 à 22:11
    Merci de cet article si juste, si précis... Qui résonne pleinement pour moi en ce jour... et oui, 4 ans déjà aujourd'hui que j'ai donné naissance à un petit bébé que je n'aurais pas eu la chance de tenir dans mes bras malgré les 9 mois qu'il a passé au chaud.. 4 ans et quand je lis tes mots, je sais que je ne suis pas seule dans ma douleur...
    Aujourd'hui, je comprends ton vide, et la phase enceinte/pas enceinte en une fraction de seconde.
    La culpabilité aussi: qu'ai je fait ? Est ce de ma faute ?
    Non...
    Et ces ventres ronds qui nous poursuivent après cette funeste expérience... Pas de jalousie... Juste un vide de plus en plus présent... Paradoxal... Le vide prend de la place...
    Et puis il a fallu se reconstruire, avancer, reprendre le travail, sa vie avec cette marque indélébile.. 14 mois plus tard, Mamerveille est arrivé, venant agrandir ma famille et combler de joie son grand frère.
    Depuis, et malgré le bonheur immense d'avoir mes deux garçons, il n'y a pas un jour pas un seul jour sans que je ne pense à mon petit garçon...
    Merci de ton ton juste et d'avoir posé des mots sur ces moments douloureux, merci de l'avoir publié aujourd'hui...
    C'est peut être très étrange... Mais tt ça m'a fait du bien
    Merci
    30
    juju
    Lundi 13 Octobre 2014 à 22:26

    Quelle plume juste, touchante, intelligente meme pour parler de choses si difficiles, si intimes. Moi aussi j'en ai les larmes aux yeux. Merci Marion de partager ces moments de vie et de mettre les pensées de bien des femmes sur le papier ( enfin l'écran :-) 


    Juliette

    31
    karell
    Mercredi 15 Octobre 2014 à 11:15

    Bonjour,


    Je vous lis presque tous les jours, vous avez un talent pour l'écriture.


    Je pense vraiment que les commentaires désobligeants non rien à faire ici, vous ne voulez pas vous faire plaindre vous raconter et partager avec ceux qui vous lise votre détresse face à cette fausse joie qui arrive très très souvent aux femmes.


    Et puis ceux qui ne sont pas content et qui veulent critiquer pourquoi vous lire? pourquoi ne pas passer tout simplement leur chemin.


    Moi je vous souhaite une bonne journée, vous avez une tribu magnifique, et j'adore vous lire alors continuez.


     

    32
    Isa
    Mercredi 15 Octobre 2014 à 15:07
    Quel bel article !! Jamais eu de de "fausse joie" mais un ventre vide .... Maintenant j'ai appris à vivre avec ! Laissez cette "charmante" personne ou elle est, elle n'a qu'à pas lire !!
    33
    Clô
    Lundi 20 Octobre 2014 à 12:41

    Deuxième grossesse, fausse couche à 2mois 1/2, il y a 18 ans...Et pourtant même sentiment de vide, impression que tout s'arrête. Je reste suspendue dans le néant, dur de crier à tous les toits qu' à présent c'est fini. Et surtout un sentiment de culpabilité : "qu'ai-je bien pu faire pour que tout s'arrête?".


    Et ma mère de me dire, ne trouvant sans doute pas les mots pour me réconforter : "Ah vous les femmes maintenant avec tous ces examens, vous savez tout trop vite, nous on faisait des fausses couches sans nous en rendre compte!"


    J'ai alors décidé d'en parler à tous, toutes, de recueillir leurs témoignages de fausses-couches, et je fus stupéfaite de m'apercevoir qu'elles étaient nombreuses dans mon entourage, plus nombreuses que je ne l'avais imaginé. Un tabou? Peut-être. Car comment oser se plaindre pour cette génération qui venait à peine d'obtenir le droit à disposer de leur corps?


    De ces échanges, j'ai surtout perçu une grande blessure en chacune, jeune et moins jeune, ancienne ou récente et partager sa souffrance la fait s'amenuiser. Alors, merci Marion car on en parle pas assez!


     

    34
    Anne
    Mercredi 22 Octobre 2014 à 15:10

    J'ai vécu la même chose à deux reprises et je me suis retrouvée dans ce texte. J'ai trois beaux enfants à la maison mais je n'oublirai jamais mes deux bebes.

    35
    Puce
    Vendredi 24 Octobre 2014 à 17:08

    Que ces minutes sont longues aux urgences....

    36
    Elle
    Samedi 22 Novembre 2014 à 18:06

    c'est joli et touchant…, alors imaginez si depuis 6 ans votre ventre refusait d'accueillir qui que ce soit…, et puis au bout d'années de traitement douloureux et humiliants un jour vous avez vos petites barres roses… et pfffft plus rien,,,, du rouge, 2 fois de suite et puis rien…, un ventre désespérément vide, sec…., une maison vide, silencieuse, sans enfant… pour toujours parce que le temps et que si à 29 ans ça ne marche pas, à 35… :-( c'est ma vie vide, sèche, plate et sans enfant, comme mon ventre...

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