• Pour Ce Bébé, je savais que j’aurai une césarienne, programmée.

     J’ai longtemps cru que je pourrais aller au terme de la grossesse.

     J’ai même cru que je pourrais accoucher par voie basse.

     J’y croyais sans y croire.

     Ça n’était pas sûr, mais c’était quand même peut-être…

     

    Alors, quand on m’a dit que ça, cette fois, c’était sûr, ça serait une césarienne, programmée, j’avoue que j’ai détesté l’idée.
    Ma raison comprenait bien que « c’est mieux pour le bébé ».

    Et on veut toujours le mieux, pour son bébé…

     

    Ma raison comprenait, mais pas mon corps, pas mon cœur, pas mon estomac… Je crois même que mon utérus ne comprenait pas.

     

     

    Alors, c’est vrai, j’ai mis toute mon énergie à ne pas accepter cet accouchement, qui pour moi, n’en serait pas un.

     

    J’avais peur, peur que ça soit moche. Peur qu’on me prenne mon bébé. Peur d’être une mauvaise mère, même pas capable de donner la vie à son tout petit.

     

    Peur que ça soit une opération chirurgicale et pas un accouchement, pas une mise au monde.

     

     

    Avec une césarienne programmée, y’a rien à raconter. On arrive la veille, on prend un douche à la bétadine, on est jeun et le lendemain matin, direction le bloc, césarienne et bébé…

     Avec un accouchement « normal », on raconte, les premières contractions, le départ précipité ou pas, et puis l’attente, plus ou moins longue… rien n’est complètement prévisible. Y’a une histoire, de l’aventure !

     

    Sauf que… Sauf que… J’ai eu une césarienne programmée, avec une belle histoire !

     

     

    D’abord, il y a ce projet de naissance. Ce projet de césarienne. Un peu âpre.

     Plein de demandes, plein de frustrations…

     

    Il a été lu et relu, à la maternité. On en a parlé et encore parlé avec l’équipe. Avec les médecins, les sages-femmes…

     Elles ont pris le temps de me comprendre. On a pris le temps de s’entendre.

     Rien que ça, déjà, pour moi, c’était précieux.

     

     

    Et puis, y’a eu Claire, la sage-femme qui nous suit en hapto depuis la grossesse du grand benjamin. Claire qui a tout compris, tout de suite, Claire qui a trouvé les mots, les pistes pour que je puisse accepter (y’a eu les petites fleurs… à voir ici). Ca a été très précieux. J’ai cheminé. J’ai accepté.

     

    Plus les jours ont passé, plus je me sentais entourée. Ecoutée. Au fil des monitos de contrôle, j’ai su que tout le monde serait de mon côté. Ou plutôt qu’on serait tous ensemble, unis pour une belle naissance.

     

    Plusieurs fois, on m’a dit « Ah ! C’est vous, le projet de naissance pour la césa du 12 »
    La plupart ont trouvé ce projet chouette, remuant, mais chouette.

     Je crois qu'on fait rarement un projet pour une césarienne.

     

    Ce qui me tenait le plus à cœur, c’était le peau à peau. La peur d’être séparée de mon bébé me terrifiait. Parce que oui, ce peau à peau là est essentiel. Il console, il répare. Il permet de se sentir maman, une vraie maman.
    On n’est plus une opérée, on a donné la vie.

     On ne nous arrache pas le bébé du ventre, on nous le pose, tout contre nous. Comme une continuité entre le dedans et le dehors.

     

     Je suis rentrée la veille. Je suis dans une maternité publique, par choix. Je ne peux donc pas choisir le médecin qui m’accouchera. Je savais que ça serait la chef de service, je ne la connaissais pas.

     

    La veille, elle est passée dans ma chambre (ce qui est assez inhabituel), pour se présenter, pour expliquer qu’elle avait pensé à mon projet, qu’elle avait des idées… Si ça me convenait elle allait me faire visualiser, en choisissant bien ses mots. Qu’on serait dans une bulle, ensemble pour cette naissance. Qu’elle me dirait quand le bébé sortirait, qu’elle me demanderait de souffler fort. Qu’elle exigerait qu’il ait une atmosphère agréable dans le bloc. Qu’on respecterait la bulle, qu’on ne raconterait pas le film du soir. Que c’était un moment. Un beau moment… pas un moment ordinaire. Une naissance. Une nouvelle vie.

     

     

    Et c’est ça qui s’est passé. Exactement ça.

     

    Toute l’équipe est venue me voir, avant l’intervention, le matin, quand j’attendais sur mon chariot. Je ne suis jamais restée seule. On a discuté, parlé bébés, enfants.
    L’anesthésiste a bien entendu ma peur. (Elle avait reçu un SMS de l’anesthésiste que j’avais vu en consultation, qui était en vacances, qui savait que j’avais besoin que tout se passe bien).

     

    J’ai été entourée… Comme si tout le monde attendait cette naissance, avec autant d’importance que moi.

     Comme une équipe qui voulait que ça soit un beau moment, une belle naissance, une belle césarienne… un bel accouchement.

     

    Et ça l’a été. Bien sûr, le papa a pu rentrer.

     

    Et puis… Et puis… Claire ! Claire, NOTRE sage-femme d’hapto. Claire sans qui je n’aurai pas réussi à vivre bien les choses. Claire a pu être là ! ça n’était ni prévu, ni prévisible… Mais tellement précieux !

     

    J’ai tout visualisé, sans rien voir. J’ai vécu cette mise au monde. J’ai soufflé tout mon air quand on me l’a demandé et j’ai l’impression de n’avoir à nouveau respiré que quand Ce Bébé a crié, comme si, moi aussi j’emplissais mes poumons d’un air nouveau, pour une nouvelle vie. Je l’ai vécu comme un moment magique, fort et beau. Une belle naissance. Avec une histoire à raconter.

     

    Et tout le monde s’est plié en 4 pour qu’on remonte en salle de naissance. Ils étaient débordés, médicalement, il aurait été plus opportun que je sois en salle de réveil (mais un infirmier-anesthésiste a été dépêché pour MA surveillance, pour que nous vivions ce beau moment, celui où n’est juste 3… Dans une bulle. Une bulle pour accueillir Ce Bébé à la vie, dans notre vie).

     

    Alors, oui, c’était une césarienne programmée, mais c’était surtout une belle naissance. J’irai jusqu’à dire que c’était un bel accouchement. Grâce à la volonté, à l’envie et l’investissement d’une équipe médicale… simplement humaine ! (et ça n’est pas un vain mot).

     

     Je remercie toute l’équipe de la maternité Dron.

     Claire, Julie et Céline, les sages-femmes.

     Le Docteur Géron (merci pour la bulle magique)

     Le Docteur D’Escrivan (merci pour le petit mot)

     Le Docteur Lambotte (merci pour la rachi… presque pas eu peur)

     Et puis, les infirmières et infirmiers…

     MERCI !!!!! ET ENCORE MERCI !

     

     Et je demeure persuadée qu’on y gagnerait beaucoup à ce que toutes les césa soient aussi magiques que la mienne… vraiment !

     Sinon, j’ai un nouveau FB : on n’a pas 4 bras. (4enfants2bras, c’est fini !)

     (c'est moi ! Et Ce Bébé et Ce Papa)

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  • Je vous l'ai dit (sur Marie Poulette). Je suis en plein dans les fleurs...

    Fleurs bleues.

    Fleurs de tissus.

    Je sais que je vais accoucher par césarienne. C'est programmé.

    C'est douloureux pour moi. Parce que j'ai longtemps cru que j'aurai "droit" d'avoir une voie basse...

    Mais non. Tous comptes faits, non.

    Je le comprends intellectuellement. Raisonnablement.

    Mais, je crois que mon coeur de beurre de maman a du mal à se faire à l'idée. Je ne crois pas.

    Je suis sûre.

    Mais heureusement, j'ai un maternité formidable. Avec un personnel extra-ordinaire.

    Avec Claire, MA (!) sage-femme, on fait haptonomie. A la dernière séance, je me suis transformée en flaque... une immense flaque liquide.

    Claire a pris le temps, plein de temps. Pour apaiser, consoler, expliquer et que j'accepte. Pas que je trouve ça formidable, cette césa, mais juste que j'accepte... ça n'est pas rien.

    Alors, elle m'a dit : les 7 enveloppes autour du bébé : la peau, les muscles, le péritoine, le péritoine utérin, l'utérus, les membranes et le liquide.

    7 enveloppes qui seront incisées. Pour le vivre, plus que le subir, je vais demander qu'on me dise, qu'on me fasse visualiser.

    7 comme le nombre que nous allons être dans notre famille.

    7 comme l'Ardèche où il y a notre colo de nos rêves.

    7 comme les 7 couleurs de l'arc-en-ciel.

     

    Et puis, elle nous connait bien, Claire. Elle sait.

    Que pour m'aider, j'ai besoin de concret, de voir en vrai... un vrai symbolique. Alors, je l'ai écoutée et j'ai créé.

    J'ai repris ce 7.

    7 pétales.

    7 couleurs.

    7 fleurs.

    Une pour chacun de nous, le jour de la naissance. Comme un lien, un pont, un relai.

    C'est symbolique. C'est poétique aussi.

    A chaque fois que je finissais une fleur, je crois que je me suis sentie plus forte. Plus prête...

     

    J'ai mis les fleurs dans des miniminis boites. 7.

    Un petit cordon pour l'accrocher. Pour que les enfants puissent l'avoir autour du poignet, à la ceinture. Ou alors, dans leur poche, s'ils veulent être discrets.

    Une petite fleur pour le papa, pour le temps où il ne sera pas avec moi.

    Une petite fleur pour Ce Bébé. En cadeau de bienvenue dans la famille.

    Et une pour moi... Pour être avec eux.

     

    Concrètement, ça ne sert à rien. Juste une fleur en tissu... Mais, réellement... c'est très utile, comme beaucoup de choses futiles !

     

    Allez, je suis sur la nouvelle page FB : viendez, viendez !!

     

    Est-ce une bonne idée d'aimer les fleurs

    Est-ce une bonne idée d'aimer les fleurs

    Est-ce une bonne idée d'aimer les fleurs

    Est-ce une bonne idée d'aimer les fleurs symboliques ???

    Est-ce une bonne idée d'aimer les fleurs symboliques ???

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  • Ça faisait un moment qu’on en avait envie.

     Y’a eu des ratés, comme ça arrive parfois.

     

    Et puis, j’ai fait un test de grossesse.

    C’était hier.

    Je m’en souviens très bien.

    Hier.

     Hier, c’était un mercredi matin. Avant d’aller travailler. Tôt, très tôt.

     J’étais la seule réveillée.

     J’ai envoyé la photo du résultat au papa. (oui, j’ai pris mon test de grossesse en photo).

    C’est l’aînée qui l’a vu. Qui a dit : Maman t’envoie un message bizarre.

     C’était début décembre.

     C’était hier.

     

    Ce Bébé était microscopique. Il n’était quasi rien… Il allait devenir beaucoup.

     

    Il y a eu toutes ces angoisses.

     Des allers retours aux urgences.

    La peur des échos.

     Et la joie… Et toujours la peur…

     

     Et puis, ces petits coups de pieds, discrets et de plus en plus en affirmés.

     Ce Bébé devenait réalité. Concret. Il n’y a quasi rien de temps. Hier.

     Et toujours ce mélange d’angoisse et de joie, au fil de jours qui passaient, se succédaient, pour nous rapprocher de plus en plus de Ce Jour.

     Cette alchimie étrange qu’est la grossesse.

     Entre peur et bonheur.

     

     

    La peur, parce qu’on ne voit pas, on sent.

     La peur, parce qu’on sait qu’on fabrique un être humain. Ca donne le vertige !

     Un être humain.
    Qu’on veut faire bien. Mais on fait ce qu’on peut.

     En si peu de temps. 9 mois. Alors qu’il faut une vie, pour faire un être humain.

     On l’a gardé Secret… Assez longtemps.

     

    Et puis, on a annoncé. Ce Bébé allait arriver.

     C’était hier !

     Il est là, ce bébé. Au creux de moi.

     Un creux bien rebondi.

     Un creux qui fait des remous… Toujours au bon moment. Il bouge toujours quand je me dis « tiens, ça fait un moment que je ne l’ai pas senti bouger »… Comme si j’avais peur qu’il ne soit plus là. Et toujours, il gigote à cet instant.

     C’est lui qui me rassure. Ce tout-petit…

     

    Et demain (enfin, presque demain… vous ne pensez quand même pas que je vais vous donner LA date).

     Donc demain, il sera là. Plus au creux de ventre, mais au creux de mes bras.

     

     Et mon ventre sera vide. Il ne fera plus de remous. Il sera juste tout mou.

     Il sera là.

     

    Tu seras là, Mon Secret. Notre Secret.

     

    C’est tellement soudain. Tellement magique.

     Cette grossesse ne m’a paru être qu’un instant et pourtant, il y a eu cette attente. Longue, parfois.

     Mais, là, à la veille de voir Ce Bébé, j’ai l’impression que ces neuf mois n’ont été qu’une journée.

     

     Certainement parce que la grossesse est une attente.

     Elle dure… et elle ne dure jamais toujours, en fait.

     Demain, je vais être à nouveau maman.

     Et ça, ça n’est pas transitoire.

     

    Je vais être la maman de Ce Bébé Secret.

     Et c’est pour la vie.

     La vie.

     Quoiqu’il se passe. Quoiqu’il arrive.

     J’en prends pour perpet’ et c’est tant mieux.

     

     Parce que, Ce Bébé, c’est une nouvelle vie. Une nouvelle vie !

     Hier restera hier et il y a aura plein de demain…

     Plein.

     

    Je n’ai pas l’impression d’être prête. Je suis préparée.

     Je suis impatiente.

     Je suis inquiète.

     Je suis en pleine impati-inquiètude… comme quand on va faire une rencontre qui changera notre vie !

    Et c’est tant mieux.

     Vous pouvez désormais vous inscrire à Newsletter, si vous souhaitez être avertis de la parution des articles. (c'est sur le côté)

    Allez, je suis sur FB ! Zou… Viendez…

     

    (j’y annoncerai l’arrivée de Ce Bébé… bientôt-bientôt !)

     

     

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  • Avant, j’avais 4 enfants et 2 bras… Encore maintenant, mais ça va bientôt changer.

    Ne pouvant pas influer sur le nombre de mes bras, je change le nombre de mes enfants.

     

    Mais pourquoi, oui, pourquoi n’avons nous pas 4 bras ?

     

    Ça serait quand même vachement bien.

     

     

    Avec 4 bras, on pourrait mixer la soupe en grillant des tartines, tout en tenant la main de la petite benjamine (ex-petite dernière), le tout en se grattant les cheveux (suite à la dernière invasion de poux).

    Oui ! ça serait pratique !

     

    Avec 4 bras, on pourrait faire deux fois plus de câlins, deux fois plus fort…

    Oui ! ça serait chaud !

     

    Avec 4 bras, on nagerait deux fois plus vite.

     Oui ! ça serait la frime !

     

     Avec 4 bras, on mettrait vachement plus de trucs dans notre caddie.

     Oui, ça serait ruineux !

     

    Avec 4 bras, on pourrait compter jusqu’à 20 avec nos doigts.

    Oui, ça serait magique !

     

    Avec 4 bras, on pourrait mettre nos 4 poings sur nos hanches pour montrer comme on est en colère (en fronçant nos 2 sourcils, c’est suffisant, 2 sourcils… ça ne sert pas à grand chose, les sourcils, en fait !)

     Oui, ça serait hyper impressionnant !

     

     Avec 4 bras, on perdrait une montagne de moufles, gants et autres mitaines. Parce que les gants, c’est comme les chaussettes, hyper infidèles, aucun sens du couple « love pour toujours »

     Oui, ça nous coûterait un bras tous les hivers… Mais tant qu’à avoir 4 bras, autant qu’ils puissent se régénérer tout seuls !

     

    Avec 4 bras, on aurait peut-être un peu d’influence. Si par exemple, on en avait un long. C’est toujours bien d’avoir le bras long.

    Oui, c’est tout pourri comme jeu de mots ! (En même temps, c’est rassurant, ça veut dire que je n’ai pas changé… )

     

    Et d’un coup, imaginer qu’on a vraiment 4 bras. Et que les enfants aussi. Toute une famille avec 4 bras… 4 mains et 20 doigts.

    Imaginer les traces sur la baie vitrée qui est déjà perpétuellement crado en-dessous d’un mètre trente.

     

    Imaginer tous ces doigts dans les trous de nez et d’oreille.

     

    Visualiser tout ce potentiel à pourrir notre installation électrique.

    Voir très bien le potentiel à andouilleries que peut représenter une fratrie de 5 enfants, avec 4 bras chacun et 20 doigts.

     

    Et puis… Et puis… penser aux dimanches soirs, aux dimanches « coupage d’ongles d’après le bain où on se lave les cheveux » : 7 personnes, 140 ongles à couper. 140 !

     

    Avoir le vertige.

    Avoir peur.

     

    Renoncer à tout jamais à avoir 4 bras… Même si on me les offre en cadeau ! JAMAIS !

     

     

     

     

     

     

     

     

    Oh ! Pétard à mèche ! Les orteils !!!! Je n’ai pas pensé aux orteils ! Crotte de bique emballée prête à être expédiée !

     

    D’ici quelques jours, il y aura 140 ongles à couper le dimanche soir.

     

    Bon, sinon, je suis sur FB, avec la toute nouvelle page à aimer (allez, faites moi passer les 1000 avant l'accouchement !) : on n'a pas 4 bras ! C'est sur cette page que j'annoncerais la naissance de Secret !

     

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