• Bon, oui, je roule à vélo.

    Bon, oui, je roule aussi en voiture.

     

    Au volant, je laisse passer les mémés et les parents à bébés aux passages piétons.

    J'essaie de ne pas regarder mon portable.

    Je jure comme un charretier.

    Je jure comme un charretier.

    Je jure comme une charretier.

    Mais pas l'été, je n'ai pas la clim, j'ai donc les fenêtres ouvertes...

     

    Bon. Bref.

     

    Cet aprèm, j'ai emmené le benjamin et la benjaminette au démontage de notre expo sur LES familles. (Quelle famille ! ? , elle s'appelle l'expo, elle montre plein de familles)

     

    Et v'là que le benjamin me dit :

     

    - Dis-donc, maman, pourquoi c'est toi qui conduit ?

    - Parce que, mon chéri, tu n'as pas le permis, ta soeur non plus et que je n'ai pas bu de vin.

    - Nan, mais pourquoi c'est pas papa ?

    - Parce que, mon chéri-chéri, papa n'est pas là, il est à son travail à lui.

    - Nan, mais je veux dire : comment ça se fait que tu aies le droit de conduire ?

    - Mon chéri-chéri-chéri (tu me commences à me gonfler sévère... mais je vais te répondre en souriant) : parce que j'ai le permis.

    - Nan, je veux dire, pourquoi t'as le droit de conduire alors que t'es une fille ?

    ...

    ...

    ...

    ...

    (silence correspondant à la reprise d'air de la reum complètement navrée-estomaquée-anéantie-minée-déprimée)

     

    Reprise d'air et du contrôle des nerfs, à peu près :

    - Pétard à mèche ! Je suis une fille et je conduis bien et j'ai le droit ! Pourquoi tu dis ça, d'abord ?

     

    - Ben, parce que dans les livres et sur les photos, c'est toujours les garçons qui conduisent !

    ...

    ...

    ...

    (silence qui correspond à prise de conscience de la reum qui avait déjà conscience du sexisme lattent dans les livres, les films, les photos, les pubs... Et qui pensait que son fils avait échappé à ça par une sorte d’imprégnation maternelle évidente. Sa mère !!! Rien du tout, ce gosse a bien compris et décrypté toutes cette fucking communication sexiste... Comme tous les gosses, comme toutes les filles qui pensent que toute leur vie, elle devront avoir un chauffeur symbolique pour faire ce qu'elle veulent).

     

    - Et alors ? Tu penses quoi ? Que je ne devrais pas conduire ?

    - Ben nan, parce que sinon, on ira jamais à ton boulot et du coup, on ira pas chercher le catalogue de jouets que tu as promis qu'on irait chercher après pour qu'on soit sages pendant que tu travailles.

     

    (oh ! ça va ! c'est pas du chantage, juste de l'incitation à la motivation de ne pas faire suer la reum)

     

     

    Fuck !

     

    Love sur vous itou !

     

    Mais fuck quand même... C'est moche, je trouve, cette réflexion de mon fils. C'est moche et c'est tellement vrai. tellement grave. Et puis, pardon, mais la manif pour tous, ça défend ces conneries et à l'école, y'a une maman avec tee-shirt de la maif pour tous et tous les matins, j'ai mal aux yeux, j'ai mal à ce que peuvent voir mes enfants à travers ces concepts idiots, rétrogrades, ineptes, réducteurs et briseurs de libertés.

    Allez, zou ! Je suis sur FB et sur IG aussi !

     

    (v'là mes gars en train de faire la cuisine)

    Est-ce une bonne de conduire quand on est une fille ????

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  • Devant chez moi, ça n'est pas vraiment la mer.

    Devant chez moi, c'est une grosse rue avec plein de voitures. Serrées comme des sardines.

    Si on ferme les yeux et qu'on se bouche les oreilles, on pourrait presque entendre le roulis des vagues et le cris des mouettes. Mais faut bien se boucher les oreilles parce que, ce qu'on entend en vrai, c'est le moteur des voitures et les klaxons des gens énervés par ce feu qui est toujours rouge.

    Faut aussi se boucher le nez, parce que c'est pas l'iode qu'on sent, mais les gaz d'échappement.

     

    Tous les matins, je monte sur mon embarcation à pédales qu'on appelle un vélo, même s'il est tellement gros, qu'on dirait presque un paquebot.

    Mais oui, mais non. C'est un vélo.

     

    Je mets les deux petits derrière et le benjamin voyage vélo-solo. Il est sur le trottoir parce que, à 8 ans, il a le droit et moi sur la route. Pas loin de lui.

     

    Ce matin, mais ça aurait pu être n'importe quel matin, voire même tous les matins, il y a eu ce monsieur, arrêté au stop. Il voulait tourner à droite et s'engouffrer dans la longue file qui mène au feu rouge. La file fait la moitié de la rue qui doit faire au moins 800m.

     

    Moi, j'allais tout droit.

     

    Il m'a vu arriver, le monsieur.

    J'ai bien vu son sourire de requin.

    Il s'est dit : m'en fiche, ça n'est qu'un petit vélo (avec des marmots derrière, mais ça on s'est pas grave), je fonce, je ne le laisse pas passer. Nan mais (hissez) ho ! C'est pas demain que je vais laisser passer une gonzesse avec un petit vélo non plus.

     

    Avec mon vélo-paquebot, j'ai dû faire un écart à la con. Le vélo-paquebot a tangué.

     

    Le monsieur-requin était bien content, il est passé devant moi.

     

    Oui, mais dans le gros banc de voitures, il a été arrêté tout de suite.

    Alors, moi, je me suis faufilée. C'est l'avantage du vélo-paquebot, quand le banc de thons est bloqué par le feu rouge, moi, je continue à avancer.

     

    Bon, ça l'a énervé encore plus fort, le monsieur-requin. Alors quand la voiture devant moi a tourné à droite, il a sauté sur l'occasion pour faire une grande accélération (sur 6 mètres, parce que devant, il y avait encore une voiture... enfin, encore 25 voitures) et me doubler en me frôlant presque. Une presque queue de poisson.

     

    Mon gardon et mon ablette ont eu peur.

     

    Et moi, j'ai ri... parce que c'était grotesque.

     

    Alors le monsieur-requin a gueulé "Morue, va !"

     

    Moi, je suis la maman des poissons.

    J'ai l'oeil tout rond et je suis muette.

    Alors, non, je n'ai pas crié "Gros thon"'.

    Mais je l'ai pensé fort.

     

    J'ai continuer à filer comme une anguille.

    Quand je suis arrivée au feu, il était vert.

    Aussi vert que le monsieur-requin qui est resté coincé encore un bon quart d'heure

     

    Hé ! Je n'ai rien contre les automobilistes. J'ai aussi une auto.

    Mais j'ai beaucoup contre les gros cons qui risquent MA vie (et celle de mes enfants) juste pour... heu... pour quoi, au fait ?

     

    Allez, hop !
    je suis sur FB et aussi sur IG où je mets plein de photos de mon gros vélo.

     

    Est-ce une bonne idée de voir Ce Monsieur dans sa voiture ???

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  • Alors voilà, il paraitrait que en fait, le réchauffement climatique ne soit pas que la faute des Hommes.

    C'est pas moi qui le dit.

    C'est quelqu'un qui adorerait nous diriger, nous gouverner, nous dire ce qu'on doit faire pour que notre (sa) vie soit belle et qu'on soit heureux.

     

    Déjà, on note cette belle initiative de déculpabilisation.

    La culpabilité, c'est tout naze. Ça use de l'énergie à rien et comme on sait, user de l'énergie à rien, c'est pas bien, c'est pas écolo.

     

     

    Donc, si ça n'est pas nous les coupables, c'est qui donc les gros dégueulasses qui pourrissent notre planète si jolie ?

     

    Alors, là, c'est pas fastoche, fastoche.

    J'ai beau regarder autour de moi, je ne vois pas bien...

     

    J'imagine que, en fait, il faut un truc bien gros, plus c'est gros, plus ça passe.

     

    Haaaaaaaaaan !!!!

    Je sais, je sais, je sais !!!!!!!!

     

    Ce sont les baleines, les grosses dégueulasses qui niquent la planète !

     

    Ben oui ! Vu comme elles sont grosses, elles doivent en bouffer des cochonneries bourrées d'huile de palme pas bio.

    Salopes, les baleines !

     

    Hé, hé, hé... Les baleines, ça voyage : et vas-y que j'aille me faire dépecer au Japon, tiens, un p'tit tour au Nord et puis non, finalement, je vais là où je me caillerai moins les nageoires. Pétard ! Bonjour l'empreinte carbone !!!

    Salopes les baleines !!

     

    Et puis, vu comme elles sont grosses ces morues (oui, bon, ça va, les morues, c'est tout pareil, hein, c'est bon, la nature, je m'y connais, j'ai fait pris option Science Nat en terminale au bac littéraire, alors, c'est bon, hein, je peux au moins ramener ma science autant qu'un type qui brigue la présidence, je suis aussi crédible). Bref ! Je disais, ces grosses morues de baleines, vu ce qu'elle doivent s'enfiler comme bouffe pour maintenir leur poids de forme, elle doivent dégazer sévère. Nan, mais c'est vrai quoi, il faut regarder les choses en face, on râle sur les pétroliers patin-couffin, mais sérieux, les baleines, quoi !

    Salopes, les baleines !

     

    Bon, pour résumer, on fait vite, on ne va non plus passer trois-quart d'heure sur l'avenir de la planète, on va dire que : vu que c'est pas vraiment notre faute, c'est que ça doit être celle de ces salopes de baleines.

    La solution est simple : les japonnais on tout compris : Butons les baleines (salopes).

     

    Bon.

    Donc, j'avais besoin de me défouler un peu...

     

    Je suis sur FB ! et sur IG aussi...

     

    Est-ce une bonne idée de se dire que le réchauffement climatique, c'est pas (que) nous ???

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  • Souvent, je n'ai pas le temps ou pas envie de le prendre.

    Pour le goûter, j'ouvre un paquet de prince (marque déposée) sur une table à peine débarrassée du repas de midi.

    Si je suis de bonne humeur, ce qui n'est pas toujours le cas, je propose un verre de lait, un yaourt ou un fruit ou une compote en gourde trop sucrée et pas écolo.

     

    Et puis, y'a des jours où il me prend des envies de Bree VandeKamp ou mieux de Caroline Ingalls.

    De faire comme si ma vie était comme je l'ai imaginée et que je la rêve encore parfois (un peu la petite maison dans la prairie mais en ville) .

     

    Alors, je dis : tiens, si on faisait gâteau !

     

    A partir de cet instant la reum devient schizophrène, entre son envie de Petite Maison dans la Prairie (PMP) et sa vraie life (VL ou IRL quand on est quelqu'un de bien, mais vu que je ne suis pas quelqu'un de bien, je vais dire VL)

     

    Réaction des enfants :

     

    PMP : Ouaiiiiiiiiiiis !!!!! (enfants super contents de faire un bon gâteau avec maman)

    VL : ........ (enfants devant la télé un jour de pluie)

     

    PMP : comme Bree, la reum a pris le soin d'explorer le fond des placards afin de s'assurer qu'elle a tout ce dont elle besoin pour faire un bon gâteau que les enfants mangeront tiède avec une mine réjouie.

    VL : Bon. Du chocolat à cuire... Non...

    - Les enfants, vous n'y tenez pas au lapin de Pâques qui attend depuis 3 mois que vous osiez le décapiter ?

    - ............. (enfants devant la télé, un jour où il pleut à peine)

    Du sucre en poudre ? Pétard, que 53 grammes... Mixer des sucres en morceaux ? Compléter par du sirop d'agave à peine entamé ? Un fond de sucre glace ? Du sucre à confiture ??? Arf ! Cocktail !

     

    De la farine ? Oui, mais de petit épeautre, périmée depuis 2013, l'époque où on avait décidé qu'on ferait notre pain nous-même... et qui a duré 3 jours (la période du pain maison).

     

    Des oeufs ? Des oeufs ? Mais qu'est-ce qu'elles foutent ces deux feignasses de poules obèses qui squattent le poulailler du fond du jardin.

     

    PMP : Les enfants ???? Vous iriez chez Mme Olson chercher 4 oeufs ?

    VL : ... ... ...

    Bon, ben je vais aller demander à la voisine, on lui doit au moins 6 boites de douze, on n'est plus à ça près.

     

    Beurre ??? Oui !!!! Du beurre, avec des miettes de biscotte dedans, des traces de confiture et des trucs, on ne sait pas ce que c'est. Du pâté ?

    PMP : ooooooh ! Les enfants, vous savez comment on sait qu'un éléphant est passé dans le frigo ?? Non ! Mais aux traces de pas dans le beurre ! Et vous savez comment on sait qu'un éléphant est passé dans le buffet ? Toujours pas ? Ben aux traces de beurre dans la confiture ! J'ai donc la joie de vous annoncer qu'on a un éléphant à la maison !

    VL : C'est qui le cochon qui s'est fait une biscotte de beurre/confiture/pâté et qui en foutu plein le beurre ????

    Les enfants : ........................... (enfants devant la télé, même un jour de soleil)

     

    Qui veut m'aider ?

    PMP : oooh ! Moi, maman ! J'attache mes cheveux, je me lave les mains, j'enfile mon tablier et j'arrive !

    VL : ...................

    - Celui qui m'aide pourra lécher le plat.

    - Bon, ben si ça te fait plaisir. Mais ne compte pas sur moi pour enfiler ton tablier moche.

     

    PMP : Fredonner la recette du cake d'amour de Peau d’Âne, en canon, avec les enfants.

    VL : Mais pétard ! fait gaffe, t'as laissé une coquille d’œuf ! Naaaaaaaaaaaaan ! La moitié de farine par terre, tu ramasseras ! Non ? Bon, je vais ramasser, alors.

     

    PMP : le petit dernier babille gentiment dans sa chaise haute.

    VL : le petit dernier hurle comme un pourceau parce qu'il voulait le couteau qui coupe. Il fait une tentative de retour au berceau primitif en se glissant sous notre robe et en profitant pour étaler de la morve sur nos fesses.

     

    L'aide-cuistot engloutit le fond du plat.

    Les autres se décollent de la télé et hurlent parce qu'il n'y a plus rien à lécher.

    Ils se battent.

     

    On trouve un bout de vieux chocolat emballé comme une boule de Noël, on peut donc en déduire qu'il a au moins 8 mois ou 20 ou 32 ou...

    Bref, on le file aux chiards.

     

    Mettre le gâteau au four.

     

    PMP : On prépare des meringues avec les blancs.

    VL : quoi ???? Fallait pas mettre les blancs ???

     

    Tenter de vaguement ranger le carnage. En 35 min de cuisson, on devrait y arriver.

     

    PMP : Sentir une bonne odeur de gâteau.

    VL : sentir le cramé et constater que le petit dernier a joué avec les boutons du four.

    Rattraper le coup, couper le cramé, mettre du sucre glace pour faire joli, trouver un plat pas trop laid, ébréché un peu, c'est vrai, mais on le tournera du bon côté. Remiser le tas de factures sous la table (avec les miettes, les bouts de pâté et les autres factures).

     

    Faire une belle photo pour essayer de s'auto-convaincre qu'on vit un peu comme dans la petite maison dans la prairie dans la ville mais que c'est joli quand même.

    La poster sur le blog.

    La poster sur IG.

    Être touchée par les commentaires gentils.

    (pour de vrai)

     

     

    Et puis, finir de ranger, filer une part aux gamins qui trouvent le gâteau a un goût bizarre, un peu comme du pâté. En manger la moitié.

    Filer le reste à ces feignasses de poules.

     

    Et ne pas se trouver pire, comme mère.

    Juste pas comme Caroline dans la petite maison dans la praire. Ni comme Bree qui est trop bien coiffée.

     

    Juste comme moi.

    Qui fait fait ce qu'elle peut.

    Qui essaie de temps en temps de faire comme si.

    Et oui, ça me plait aussi.

    Et oui, les gâteaux, même un peu cramés, ça fait des jolies photos et les photos ont cet avantage immense qu'elles ne sont pas sonores et qu'elles ne sentent pas le cramé.

    Elles sont ce qu'elles sont : des images.

     

    (et des fois, je fais aussi des gâteaux bons et même qu'il arrive que mes enfants soient contents. Pas autant qu'avec des princes (marque déposée), mais contents quand même)

    Allez, les Bree, les Caroline, mais aussi, les Nathalie, les Véronique, les Bernard, les Mouloud, les Gino, les Tao, les Suzie, les Camille... Bref, les gens, LOVE SUR VOUS. (et love sur les gâteaux cramés... En revanche, les poules, elles peuvent se gratter !)

     

    Je suis sur FB (où je montre ma life quand elle est jolie) et sur IG (où je ne mets pas de photos de mes fesses, parce qu'à force de me forcer à bouffer les gâteaux dégueux, elles ne rentrent plus dans le cadre)

     

    Et puis, j'ai aussi mon autre blog où je mets plein de photos de mes gâteaux ! Marie Poulette (faut aller dans picoti picota ou Poulailler de Vacances si vous voulez voir des photos de gâteaux)

    (hé ! C'est pas moi qui ait fait ce beau gâteau... il vient de... Mon ordi ne veut pas importer la photo d'un de mes beaux gâteaux...)

    Est-ce une bonne idée de faire des tartes ??

     

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  • Je t'ai vue, Madame, ce midi.

    J'étais à vélo, tu étais sur le trottoir d'en face, avec tes deux marmots.

    Et tu gueulais. Tu criais.

    Que "c'est nul ! C'est moche et idiot"

     

    T'étais pas contente, Madame.

    Et ta gamine, à plat ventre sur le trottoir mouillé criait encore plus fort que toi.

    Je n'ai pas compris ce qu'elle criait, ta môme, parce que, quand les enfants hurlent, on ne comprend pas ce qu'ils disent, sinon, ça nous simplifierait choses et ça serait dommage que la vie soit trop simple.

     

    J'aurais passer en te regardant, en te faisant comprendre à quel point tu es une mère merdique de laisser ta môme brailler et de lui crier dessus encore en plus.

    J'aurais pu. Mais je t'ai juste vue, je ne t'ai pas regardée.

     

    Et puis, tu avais une barquette de fraises dans une main et une draisienne dans l'autre.

     

    Peut-être que ce matin tu ne bossais pas.

    Peut-être que tu t'es dit que ça serait chouette d'aller acheter des fraises pour le dessert de ce midi, parce que les enfants aiment bien ça, qu'il fait un temps dégueulasse et que les fraises, c'est un peu de printemps à pas cher (bon, vu le prix des fraises, c'est relatif, on est bien d'accord)

    Et puis, t'as pris la draisienne, parce que la petite, elle l'a eu pour son anniv, hier et que tu t'es dit que la draisienne, même s'il pleut, c'est du beau temps.

     

    Alors, t'as galopé, t'as pas pris le bain dans lequel tu aurais bien passé vingt minutes.

     

    T'as pas pris de parapluie non plus. Tu n'as que deux mains, une pour les fraises, l'autre pour la draisienne. Tant pis, les enfants mettront leur capuche et toi, tu auras les cheveux mouillés, la douche, en somme.

     

    Sauf que voilà, quand tu es arrivée à l'école, les enfants étaient ronchons malgré les fraises et la draisienne. Va savoir pourquoi réellement.

    Et puis, ça t'a brisé ton moment de bonheur à partager en mille morceaux.

    Ce midi, tu aurais juste voulu rire des flaques, manger des fraises en te disant qu'elles sont bonnes même si elles sont dégueulasses et que le printemps est quand même là.

     

    Ton p'tit bonheur s'est mué en centaine de gouttes d'eau plus ou moins salées.

     

    Tu sais, Madame, quand tu vas rentrer ce soir, si ça se trouve, tu verras un post d'une blogueuse-maman-pseudo-bienveillante et merveilleuse :

    "Inadmissible !! Ce midi, j'ai vu une gamine hurlant dans une flaque, sa mère ne se baissait même pas pour la consoler ! Pfffffff, quelle honte ! #ilfautlessteriliser #lahonte #maltraitance"

    Ces posts que je vois passer tellement souvent... Tellement...

     

    Tu sais quoi, Madame, quand je t'ai vu avec tes fraises, la draisienne et tes mômes en pleurs, je me suis dis une chose : Madame, tu es moi. Tu es moi, tellement de fois. Madame, tu es juste un parent ordinaire.

     

    Courage Madame ! Continue à croire au printemps, continue à le fabriquer pour tes mômes, même s'ils se roulent sur le trottoir en gueulant. Résiste aux mieux que toi, aux mieux veillant... Toi, Madame, tu fais le printemps sous la pluie, c'est vachement plus balèze que tous les conseils du monde.

    Ton printemps est vraiment là, Madame.

     

    Love sur elle !

    Love sur vous !

     

    Je suis sur FB !

     (le benjaminette, l'année dernière, de quand il y avait du soleil)

    Est-ce une bonne idée de regarder la maman qui crie sur le trottoir d'en face ?????

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