• Bon, des gens qui meurent, y'en a tout le temps.
    Les années qui riment terrorisme, épidémies, catastrophes naturelles, y'en a un peu plus... En même temps, c'est un peu tout le temps depuis la nuit des temps. Donc, y'a toujours plein de gens qui meurent.
     
    C'est comme ça. Les gens meurent.
    Les gens bien, les saloperies aussi.
     
    Mais... Maintenant, on a facebook.
    On peut donc avoir la joie de partager notre malheur de la mort des gens connus qu'on aime bien.
    Bon, c'est chouette.
    Tout seul derrière son ordi, on se sent ensemble.
     
    Mais juste une question ?
     
    C'est quoi cette mode de re-publier les RIP des années précédentes, en faisant vaguement croire que c'est arrivé aujourd'hui.
    Rien que ce vendredi, j'ai vu re-mourir Danièle Mitterrand, Sim, Ravi Shankar, Morts respectivement en 2011, 2009 et 2012. (sans aucun rapport les uns avec les autres. Enfin, je crois... ou alors, y'a un truc qui m'échappe)
     
    Alors quoi ? Faut être triste plusieurs fois ?
    Faut ne pas se contenter des morts qu'on a en ce moment (pourtant, y'en a des bien) ?
    Ou la mort appelle la mort ?
    Ou c'est pour voir si on suit bien les nécro ??
    Ou bien, y'en a qui ont trop de joie dans leur life ?
     
    Nan, je ne comprends pas...
     
    Bon, voilà, c'est tout ce que j'avais à dire. C'est vraiment passionnant ce qui se passe dedans ma tête en ce moment ! (j'ai rendu tous mes devoirs de master, j'ai du temps de cerveau disponible pour penser à des conneries !)
     
    Love sur vous !
     

    Je suis sur FB ! (où je dis aussi des conneries)

     

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  • Mon boulot, il est chouette.

    Pas toujours facile, pas toujours drôle, mais chouette.

    Mon activité principale, c'est de raconter des histoires, de faire des spectacles. Pour des familles.

    C'est chouette.

    Je ne vais pas idéaliser le truc, parce que, comme tous les boulots, y'a les trucs relous : changer sans cesse d'endroits, sans savoir toujours où tu vas atterrir, n'avoir pas toujours des conditions idéales, rouler beaucoup... Et puis, y'a tout l'administratif. Mais c'est un chouette boulot.

    Je l'ai déjà dit, je ne fais pas de grands spectacles, je fais du spectacle de proximité.

    Ça n'est pas de la grande culture, c'est un partage.

     

    Aujourd'hui, je devais raconter dans le cadre d'un atelier sur la parentalité, dans un quartier animé et pas facile de Lille.

    Dans une maison médicale. Dans la salle d'attente. Oui... Je fais des spectacles n'importe où !

    Hop, hop, hop, j'installe mon petit barda et en quelques minutes, avec 2 spots et un rideau noir, on transforme l'attente en spectacle.

    15h, heure théorique du spectacle.

    Personne.

    15H05, une dame va voir au centre d'accueil pour demandeurs d'asile si les familles arrivent.

    15h15,  non, ils ne viennent pas.

     

    Ça n'est pourtant pas loin, 100m. Mais c'est déjà trop.

    On pourrait annuler. Dire que c'est tant pis pour eux. Dire que au moins, ils pourraient se bouger. 100m, quoi !

     

    Et puis, on se dit que s'ils ne viennent pas au spectacle, c'est nous qui irons. Et on y va. On laisse les lumières, on laisse le drap noir qui fait spectacle.

    On prend l'essentiel, le mini décor qui tient dans une valise, l'accordéon et moi.

     

    Cinq étages à monter.

    Un couloir. Sordide. Des affiches : "attention, il y a à nouveau des punaises de lit".

    Des petits jumeaux de 4 ans qui courent en riant dans le couloir.

    Sordide, le couloir. Marrants, les gamins.

    Des portes, des portes, des portes.

    Derrière ? Des familles, des mamans, des bébés, des enfants, des petits, des grands.

    Une chambre par famille. Minuscules, les chambres.

     

    Finalement, on trouve une petite cuisine, vieux carrelage, oignons dans des cartons, armoires un peu déglinguées.

    On fera le spectacle dans la cuisine moche et pas de quoi la transformer en salle de spectacle.

    Frapper aux portes, aller chercher les gamins, les parents.

     

    Et finalement, ça démarre, pas à l'heure, pas dans le calme.

    Une dizaine de gamins, venus souvent de loin.

    Des parents aussi, qui n'osent pas trop.

     

    La chanson du début, une berceuse bretonne qui parle d'un papa au loin : 

    "toutouic, lonla, ma belle, toutouic, lonla

    Le père est au loin et la mère est ici,

    qui va berçant l'enfant chéri"

     

    Et spectacle avance. Et les enfants se rapprochent.

    Et la berceuse revient.

    Et les gamins se lèvent et dansent la valse.

     

    Ils ne savent pas qu'un spectacle, ça s'écoute, ça se regarde, assis.

    Non ! Un spectacle, ça se vit. Et ils le veulent.

     

    Et la berceuse bretonne parle très fort au gamin albanais, à l'angolais, au rwandais...

    La berceuse parle simplement.

     

    Qu'ont-ils traversé ces mômes ? Des océans, des déserts. Combien de frontières ? Et puis bien pire que de la géographie aussi.

    Ils restent ici, dans les minuscules chambres.

    Et force est de constater que c'est mieux que rien. Et mieux que rien, c'est déjà ça.

    Que 3 gamins et 2 parents dans 9m2, c'est invivable.

    Derrière chaque porte, il y a une famille.

    Il est long ce couloir. Il est sombre. Il est humide. Il est triste.

    Ils restent jusqu'à ce que les demandes d'asiles soient refusées (peu sont acceptées) et ils repartent, ils retraversent les océans, les frontières...

     

    Il est chouette mon boulot. Il est doux. Je ne suis pas travailleuse sociale. Je ne suis pas quelqu'un qui va changer leur vie.

    Mais, je dis juste, que peut-être, ils garderont avec eux, l'air de cette berceuse bretonne, qui finalement parle d'eux. Cette berceuse bretonne qui leur appartient aussi, à eux, nés loin d'ici.

    Que peut-être, un jour moins dur que les autres, ils repenseront qu'ils ont dansé la valse dans une cuisine et que ça les fera rire autant qu'ils ont ri aujourd'hui.

     

    Hé ! Je ne suis pas mère Térésa, hein ! Je fais juste mon boulot, mais je crois que, aujourd'hui, je l'ai fait d'une manière juste.

     

    Love sur vous. Tout plein !

    Je suis FB !! c'est dingue.

    J'ai aussi mon autre blog où je mets juste des moments doux, en photos. Par exemple là ou (mais, là, je parle de mes ateliers en taule.. aujourd'hui, j'y ai pensé, y'avait des trucs qui ressemblaient)

     

    La photo, c'est la petite benjamine, avec un chouette livre qui fait regarder le monde. C'est le petit curieux d'Edouard Manceau. Très bien !

     

    Est-ce une bonne idée de faire son boulot ???

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  • Je suis d'une naïveté déconcertante.

    Je sais depuis longtemps que nous sommes plus gouvernés par la finance et la bourse que par les gens pour qui nous avons voté (ou pas)

    Cependant, je pensais que, au niveau local, les choses étaient différentes.

    J'habite à Saint André Lez Lille. Une petite commune de 12500 habitants, à côté de Lille.

    Enfin, j'habite au bout, du bout de Saint André.

    Ça n'est pas un quartier hype, ni LOL.

    Nous avons une départementale devant notre trottoir, en face, une ancienne usine dont nous attendons la reconversion du terrain.

    (Super LOL : le terrain est pollué sur des mètres et des mètres pour au moins une centaine d'années. Nous avons eu devant nos fenêtres un balai de camions qui apportaient, remportaient de la terre, des trous ont été creusés. Bref, en 3 ans, c'est dépollué ! C'est un endroit magique. Passons)

     

    Il n'est pas LOL notre quartier, mais il est calme. On s'entend bien avec les voisins. Pas un mot plus haut que l'autre.

    On passe la tondeuse quand le décret de la mairie nous le permet, aux horaires prévus...

     

    Il y a une carrosserie, un peu plus loin. Tous les ans ils font une fête, ils mettent un petit mot dans les boites pour s'excuser du dérangement. Je ne les ai jamais entendus...

     

    Et puis... Et puis...

     

    Il y a cette grande salle qui s'est ouverte, à 50m de chez nous.

    En janvier 2015, j'ai écrit aux élus pour signaler des nuisances : sonores et de stationnement.

    Bon... Pas de réponse.

    Ah ! Si ! Mon courrier a été transmis, directement au directeur de la salle.

    Classe !

    Déjà, ça, j'ai adoré... J'ai trouvé ça d'une incorrection incroyable.

    Moi, je pensais que la mairie pouvait nous soutenir ou du moins proposer une médiation.

    Je suis d'une naïveté déconcertante.

     

    Dans cette salle, il y a des mariages avec des feux d'artifices à 03h00 du mat, balancés sur la route et qui vous réveillent avec la sensation que DAESH a envahi la ville.

    Dans la salle, il y a des conventions d'entreprise avec teuf intégrée pour montrer qu'on est ensemble et unis dans l'entreprise.

    Dans la salle, il y a des salons d'étudiants avec bus qui occupent la voirie et vigiles qui t'interdisent de te garer dans ta rue.

    Dans la salle, il y a des salons des petits minous-chouchou et des chien-chiens chiants-chiants et des maitres qui se garent devant ton garage.

    Dans la salle, il y a des meeting de Xavier Bertrand et quand tu rentres du taf à 23h, tu ne peux te garer qu'à 800m de ta maison (il est très aimé, Xavier Bertrand, mais ses supporters n'aiment pas se garer dans un parking)

    Dans la salle, il y a des teufs d'étudiants chirdent/ école de co/école de com qui ne tiennent pas l'alcool et qui vomissent sur ton paillasson.

    Et le meilleur : dans la salle, il y a des fêtes électro. Alors, comment expliquer une fête électro à qui ne l'a jamais vécue : L'électro doit être écoutée avec le corps : c'est à dire que tu mets des bouchons d'oreilles, on te fout les basses à fond et tu vibres avec la vibe. Tu vibres tellement que mes vitres vibrent. Et la fête électro, ça se termine à 06h00 du mat. La chance que j'ai ! Pouvoir profiter du tapage nocturne. Mais avec la fête électro, il y a les teufeurs : Pour te laisser un bon souvenir, au retour, après avoir gueulé "on s'en fout ! On fait la fête !", ils te taguent tes volets et ils te rayent ta bagnole. C'est bien, l'électro. (je vous jure, les basses, ça rend marteau. Nous avons croisé une voisine le lendemain, elle en pleurait. Un voisin a dit : moi, la prochaine fois, j'y vais avec ma carabine).

    C'était un quartier calme.

    Je suis naïve.

     

    Je dois reconnaitre que la ville a essayé de nous écouter :

    - des potelets ont été mis sur le trottoir pour empêcher le stationnement sauvage (youhou ! ça faisait 6 ans que je les réclamais, parce que, à cet endroit, les bagnoles roulent à 70 et que sur le trottoir, tu flippes un peu ta race)

    Mais bon, on a des potelets.

    - les fêtes électro auraient été interdites... (sauf que quand tu lis la voix du Nord sur la dernière fête, tu lis que l'endroit est sympa et que l'année prochaine, il y a des chances que ça se refasse ici. Pardon ??????)

     

    Je reconnais aussi que la salle a fait quelques efforts de surface.

     

    Je suis d'une naïveté déconcertante.

     

    Mais voilà... vendredi 18 décembre. A nouveau des basses, à toc. SMS au gérant de salle. Pas lui.

    Appel aux keufs (j'ai horreur d'appeler les keufs, j'ai l'impression d'être une collabo)

    "oui... Bon... on va essayer de venir... En tous cas, bon courage Madame"

    J'ai cru qu'ils allaient passer.

     

    Non, je ne suis pas d'une naïveté déconcertante, en fait, je suis con.

     

    Finalement, c'était une fête électro "sauvage". C'est à dire, non déclarée (mais payante quand même, faut pas déconner), non autorisée... dans un hangar, juste à côté... jusqu'à 4h30

    Saint André Lez Lille, the place électro to be.

     

    Je suis donc allée au commissariat. Porter plainte. (je suis une collabo)

    Sauf que non. Tu ne peux pas porter plainte si tu n'étais pas sur place, avec les keufs.

    L'agent me dit "c'est malheureux, mais vous ne pouvez rien faire, seul le maire peut porter plainte"

    On sait qui, on sait où, on sait comment, mais on ne peut rien faire.

     

    Je suis naïve...

     

    Je suis allée à la mairie, crier mon désarroi.

    Comme à chaque fois, on m'a dit que oui, on me comprenait, que oui, on m'écoutait, que oui, ils pensent à moi.

    En fait, ma mairie, c'est un peu mon psy. Ma mairie, c'est un peu mon pote, mais on ne boit pas de bières.

     

     

    Je suis naïve... et pas bourrée.

     

    Sauf que... le maire ne va porter plainte. Juste un rappel à la loi. (peut-être que les organisateurs auront des lignes à copier "je ne dois pas faire du bruit la nuit" ??)

    Je suis naïve, je suis choquée, je suis blessée... Je me sens abandonnée. Pour moi, ne pas porter plainte, cela revient à  autoriser

     

    Et, j'apprends que, le site (énorme) appartient à une seule personne.

    J'apprends qu'il vient de racheter la maison d'un voisin excédé.

    J'apprends qu'il tanne un autre voisin.

    J'apprends que, à la fête sauvage, il y aurait eu des gens de la salle d'à côté...

    Et j'apprends que les vœux du maire qui ont lieu d'habitude dans des salles municipales auront lieu dans cette salle...

     

    J'apprends que je suis vraiment naïve...

     

    Nous avons demandé plusieurs fois une réunion publique, à la mairie... Silence... On règle un problème collectif avec des solutions individuelles.

    Je n'irais plus à la mairie pour demander de l'aide. Je n'ai pas besoin d'une oreille, j'ai besoin qu'on nous aide, qu'on nous soutienne... et oui, c'est possible, si on le veut (mais toujours faut-il le vouloir).

     

    Je n'ai rien contre cette salle. Ils ont fait quelques efforts, mais ça reste difficile à vivre.

    Jusque là, je n'avais rien contre ma ville, certains élus sont à l'écoute.

    Je m'étais même dit que j'en avais marre de râler. Que j'allais proposer à la salle qu'elle nous prête leur jardin pour faire la fête des voisins, histoire d'être peace and love, d'être constructive, histoire de montrer qu'on est ensemble, de rencontrer les autres voisins, histoire, suite aux élections, de proposer un truc citoyen.

     

    Mais, là, j'avoue, que je n'ai plus envie. Pas envie de faire un truc sympa pour une ville qui prétend l'être et qui prétend œuvrer pour ses administrés... Pas envie de faire un effort. Plus envie d'être une citoyenne.

    Parce que finalement, même au plan local, j'ai bien l'impression que d'être citoyen, c'est du vent, on ferait mieux d'être des consommateurs, tiens.

     

    Je suis dégoutée.

    Je suis triste.

    J'ai réellement l'impression qu'il y a deux poids, deux mesures...

    Je suis fatiguée.

    Je suis amère.

    Je ne suis plus naïve. C'est pire, je suis résignée... J'ai le sentiment que, au niveau local, c'est comme au niveau national. Et après, on se plaint que les gens ne votent ou votent mal...

    Pour se marrer : le maire avait pris son téléphone pour m'appeler pour me dire qu'il comprenait mon sacrifice entre les deux tours... Je préfèrerais qu'il comprenne comme je galère au quotidien.

     

    (je n'ai rien contre l'électro, pas plus que contre Franck Mickaël, m'en fous, chacun sa came)

    Sinon, je suis sur FB.

    Love sur vous (je vous jure, là, il va m'en falloir du love pour être à nouveau de bonne humeur)

    Nan, ça n'est pas ma rue, c'est Venise, c'est beau !

     

    Est-ce une bonne idée d'avoir longtemps cru que la ville appartenait aux citoyens ???

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    11 commentaires
  • Bon. On nous l'avait dit, c'est le réchauffement climatique.

    La faute à la pollution. La faute à nous.

    Sauf qu'on n'est pas encore habitués, nous les parents.

    Nous sommes comme qui dirait un peu conditionnés. Comme l'air.

    Nos parents nous le disaient :

    Il fait froid, met ton écharpe, ta cagoule (argh) et tes gants.

    Nous nous reproduisons et nous reproduisons...

    Nos disons à nos marmots :

    Il fait froid, met ton snood, ton bonnet et tes moufles (oui, nous évoluons, comme l'espèce)

     

    Sauf que...

    Sauf qu'il fait quinze degrés.

    Que les mômes ont chaud, super chaud. Et nous sommes de bons parents.

    En plus, nous appliquons la technique de l'oignon, plusieurs couches : maillot de corps, tee-shirt à manches longues, petit pull, gros pull, manteau.

    Nous sommes de bons parents.

     

    Nos mômes pètent de chaud.

     

    En fait, nous sommes en train de les habituer super bien au réchauffement climatique au quotidien.

    Nous sommes de bons parents.

     

    Et le Père Noël dans tout ça ?

    Ben il a chaud aussi...

    L'uniforme de Père Noël est difficilement compatible avec le réchauffement climatique.

    (ou alors, sa reum est super relou, un peu comme nous, elle n'a pas compris que ça se réchauffe et elle l'oblige à mettre sa cagoule fourrée et tutti quanti)

     

    Le pauvre gars ! Déjà qu'il frise le coma diabétique à chaque tournée, à force de grignoter par politesse les petits gâteaux qu'on lui laisse, mais en plus il va nous faire un coup de chaleur, le vieux !

     

     

    Hé ! vous avez remarqué ? Je viens de faire un article avec du LOL dedans. Même pas je râle. Même pas je parle politique... Je vais mieux, je crois.

    (Non, je n'ai pas rencontré Xavier Bertrand, pas encore ! Je ne lâche rien)

     

    Allez, Love sur vous !

    Je suis sur FB ! Et pour les nouveaux, voici mon second blog : Marie Poulette (je publie, notamment, tous les dimanches dans "picoti picota", des photos... de mon dimanche)

     

     

    Est-ce une bonne idée qu'il fasse 15 degrés à Noël ?????

     

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  • Vous êtes un certain nombre à savoir que je fais des spectacles pour gamins (et leurs parents).

    Peut-être même que vous êtes arrivés sur le blog, parce que vous m'avez vue en spectacle.

    Ou l'inverse.

    Bref.

     

    Mes spectacles ne sont pas très spectaculaires.

    Un peu comme le blog.

    Ils sont modestes. Pas d'ambition. Pas de grandes scènes.

    Mon boulot à moi, c'est de raconter dans des petits lieux. D'aller où sont les gens.

    Et j'adore ça.

     

    Dans mes spectacles, on rigole, on s'émeut...

    Ce sont des petits riens que je mets en scène.

    Une cuillère souple à soupe. The carotte extraordinaire (énorme, pré-épluchée, pré-découpée), je suis charmeuse d'écharpe, je dompte des lion édentés, je fais danser des vers de terre, j'explique la génétique avec trois bouts de tissus, je fais des tempêtes dans un verre d'eau...

     

    Ils ne sont pas extraordinaires, mes spectacles.

     

    Je ne mets pas de paillettes dans les yeux des enfants.

    Nan. Parce que, en vrai, les paillettes dans les yeux, ça fait hyper mal.

     

    Ils sont deux fois rien, mes spectacles.

     

    En ce moment, je galope d'un endroit à l'autre. Parfois, je galope beaucoup, je roule beaucoup.

    Je m'installe dans des lieux aussi divers qu'improbables, comme une cave, une salle de classe, une cantine.

    En deux temps trois mouvements, je dois transformer le prosaïque en lieu de spectacle.

     

    Deux fois rien... Un fond de scène, deux pauvres projo et zou !

     

    Parce que, mes spectacles, finalement, je les fais avec les spectateurs.

    Je le dis au début, pour commencer, qu'un spectacle, ça se fait ensemble, moi, je fais le spectacle, eux, ils font le spectateurs. Gros boulot, de faire le spectateur...

     

    Ils n'ont pas une grande ambition, mes spectacles. Juste passer un bon moment, ensemble. Un temps hors du temps. Un temps pour les histoires.

     

    Je cours les petits villages et j'aime ça.

    Ça n'est pas toujours confortable. Mais c'est chouette.

     

    Et voilà.

    Il y a quelques jours, j'ai parcouru une communauté de communes. Où ? On s'en fiche !

    Avec la programmatrice, nous avons serrés les plus. Au plus juste. Pas de gros budget. Je m'adapte !

    Lors de cette "tournée", j'ai vu quasi 400 personnes (adultes et enfants confondus) sur 2 jours et 7 lieux différents.

    J'ai entendu une maitresse rire aux éclats et entrainer toute sa classe de petits dans ce grand éclat de rire.

    J'ai entendu un marmot me dire "elle a de grandes oreilles, ta souris, on va dire que c'est une souris lapin" (Va pour la souris-lapin, elle mangera des carottes au fromage)

    J'ai vu des enfants danser en entendant "la petite Louise" (ceux qui m'ont déjà vue savent de quoi je parle)

    J'ai vu 70 enfants ouvrir grande la bouche pour que je leur lance de la soupe avec ma cuillère-catapulte.

    J'ai entendu des enfants dire "c'est cro bien ton pestacle, madame, encore"

     

    En vrai, on s'est bien marré, le public et moi.

    Pour quelques minutes, on a eu chaud ensemble.

    Pour quelques minutes, on a oublié que c'est un peu moche en ce moment.

    Pour quelques minutes.

     

    Et puis... le midi, la programmatrice me demande si j'ai vu Mme Untel.

    Pas vue Mme Untel.

     

    Bon... En fait Mme Untel est élue à la culture et elle veut supprimer les spectacles de Noël (ou d'hiver, on s'en fiche). Parce que ça coûte...

     

    (en vrai, y'en a pour moins de 4 euros par personne, frais de dép compris)

     

    Et Mme Untel n'est même pas venue, voir le spectacle, voir les gamins.

    Elle aurait vu quoi ?

    Un spectacle qui certes, en apparence, ne vole pas bien haut.

    Et surtout, des gens qui sont bien. Des gens qui se marrent. Des gens qui se tiennent chaud. Des gens ensemble.

     

    Peut-être qu'elle n'a même pas voulu voir ça.

     

    En réalité, ça m'a miné, cette histoire de suppression de spectacles de Noël.

    (je précise, que ces spectacles se font tous les ans et que c'est première fois que c'est moi...)

     

    Vraiment.

     

    Love sur vous !!

    (demain, samedi, je joue dans une bib à tourcoing, et dimanche au Colysée de Lambersart, il reste des places à 16 heures)

     

    Je suis sur FB !

    Est-ce une bonne idée de faire des spectacles de Noël (ou d'hiver, ça ne change rien) ???

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