• Quand j'anime des ateliers, il arrive souvent que des mamans viennent avec leurs enfants.

    Alors oui, je dis les mamans, parce que à 99%, ce sont les mamans qui viennent à mes ateliers.

    Peut-être parce qu'on y travaille le tissu.

    Si les grands couturiers de la haute couture sont très souvent des hommes (oui, il y a des femmes... quelques unes), les petites couturières du quotidien sont majoritairement des femmes (oui, il y a des hommes... quelques uns.. et oui, aujourd'hui, je m'autorise des généralités, une fois n'est pas coutume)

     

    Peut-être parce que le tissu touche à l'intime, à l'affect, à la proximité.

    C'est peut-être pour cela qu'une maman gardera le premier pyjama enfilé par son bébé.

    Elle le sentira quand en ouvrant un carton, elle tombera dessus.

    Peut-être qu'un papa le fera aussi. Je ne sais pas.

    Je sais que moi je le fais.

    Les tissus sont plein de souvenirs.

     

    Les mamans viennent avec les enfants plus ou moins grands à mes ateliers.

    Ensemble ils font. Ensemble, ils fabriquent des souvenirs qui seront peut-être oubliés dans le fond d'un tiroir.

    Des petits riens qui n'ont pas d'autre ambition que de passer un moment ensemble.

     

    Les mamans aident les petits à faire.

    Elles découpent quand c'est trop dur.

    Elles accompagnent.

    Elles les entourent de leurs bras.

    Elles leur font des bisous sur la joue.

    Ensemble, ils chantent.

    Quand les enfants en ont ras-le-bol, ils se lèvent.

    Parfois ils veulent partir.

    Alors, les mamans essaient de trainer un peu, elles font diversion.

    Au moment de partir, elles vérifient que les casquettes sont bien mises sur les têtes des enfants parce qu'il fait chaud quand-même.

     

    Et moi, je couds, j'assemble leur petits personnages.

    Je finis de faire le lien.

     

    Et puis, il y a eu cette série d'ateliers.

    Que des dames. Pas d'enfants, leurs enfants sont déjà grands, trop grands, ils ont même déjà des enfants.

     

    Des mamans qui sont venues avec leur maman.

    Leur maman dont les souvenirs s'effacent.

     

    Des mamans qui doivent s'occuper de leur mère.

    Les mamans aident leur maman à faire.

    Elles découpent quand c'est trop dur.

    Elles accompagnent.

    Elles les entourent de leurs bras.

    Elles leur font des bisous sur la joue.

    Ensemble, elles chantent.

    Et les mamans des mamans se souviennent des chansons, des chansons qu'elles chantaient à leurs filles quand elles étaient encore des enfants.

    Quand les mamans des mamans en ont ras-le-bol, elles se lèvent.

    Parfois elles veulent partir.

    Alors, les mamans essaient de trainer un peu, elles font diversion.

    Au moment de partir, elles vérifient que les casquettes sont bien mises sur les têtes de leur maman, parce qu'il fait chaud quand même.

     

    Et moi, je couds, j'assemble leur petits personnages.

    Je finis de faire le lien.

     

     

    En fait non, ce sont elles qui font le lien. Tant qu'il en est encore temps.

    Seulement elles.

     

    Alors merci à elles, elles toutes, les mamans, les mamans des mamans pour tous ces beaux moments partagés.

    Et pour cette belle cabane, faite ensemble, pour que des petits puissent écouter des histoires avec leur maman et leur papa.

     

    Allez, love sur elles.

    Love sur vous !

     

    Je suis sur FB et sur IG

     

    Est-ce une bonne idée que les mamans viennent avec leur mamans aux ateliers ????

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  • Madame,

    Au mois de mars, vous avez accueilli dans votre école un petit garçon de neuf ans.

    Un petit garçon tout en morceaux.

    Un petit garçon qui a été brisé avec méthode et application.

    Quand il est arrivé en mars, il voulait devenir balayeur. Il était persuadé qu'il ne pourrait faire que cela, certainement que d'autres ont dû lui souffler cette idée.

    Nous avons eu beau lui dire que c'est un métier dur, difficile, il persistait.

    Il ne pourrait que ramasser les détritus que les gens mal élevés balancent par terre.

     

    Il était tellement abîmé par d'autres ce petit garçon, que le médecin a pensé à un placement de jour dans un ITEP.

     

    Et puis, vous l'avez accueilli au mois de mars.

    Vous avez dit : les enfants comme le benjamin, tout le monde pense qu'ils sont fainéants... Ils ne sont pas fainéants, c'est la pédagogie qui n'est pas adaptée à eux, moi j'adapte la pédagogie aux enfants.

     

    Je vous ai presque demandée en mariage.

     

    Vous êtes venue nous voir plusieurs fois, juste pour nous dire que tout allait bien.

     

     

    Maintenant, le petit garçon a dix ans.

    Petit à petit, il a arrêté de s’arracher la peau du visage.

    Il a commencé à avoir confiance.

    Vous nous avez dit qu'il est brillant.

    Il n'a plus été question de placement de jour.

     

    Vous avez une colle magique.

    Vous avez réussi à recoller tous les morceaux éparpillés du benjamin.

    Votre colle est faite de bienveillance, de gentillesse, d'intelligence et d'humanité.

     

    Vous vous mettez à la hauteur des enfants.

    Vous vous mettez à la portée des parents.

     

    Il y a deux jours, le benjamin a dit : plus tard, je veux être jardinier ou pompier ou policier ou... ou...

     

    Madame, vous avez sauvé sa vie d'élève. Réellement.

     

    Madame, vous avez sauvé ma vie de parent d'élève.

     

    J'ai toujours su qu'il y a des personnes formidables dans l'éducation nationale. Je le constate tous les jours.

    Vous êtes nombreux, les enseignants formidables, vous êtes de ceux qui vivent leur métier comme un art, qui considèrent que les enfants sont des gens comme tout le monde, juste un peu petits, un peu fragiles, des petits qu'il faut aider à faire grandir.

    Vous êtes nombreux à considérer à considérer les parents comme des alliés plutôt que comme des empêcheurs de tourner en rond.

     

    Merci, madame, merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci...

     

    Demain, on vous donnera un petit sac avec un joli dessin du benjamin. Il a choisi de dessiner des confettis. Et une guirlande que vous accrocherez... ou pas !

     

     

    Love sur elle, Love sur vous !

    Je suis sur FB et surtout sur IG, en fait.

     

    Est-ce une bonne idée d'écrire à la maitresse du benjamin ???

     

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  • Samedi, comme tous les ans, il y avait la fête des parents à l'école des petits.

    C'est un moment où les parents sont invités dans l'école.

    Selon les années, les enfants montrent à leurs maman(s)/leurs papa(s)/leur tonton/leur grands-mères (liste non exhaustive) des réalisations qui entrent dans le cadre du projet d'école.

    C'est un temps partagé entre les parents et les enfants. Un temps ensemble dans l'école.

    Les années précédentes, il y a eu un bal folk, une expo sur la science, des jeux traditionnels.

     

    Cette année, il y avait une expo avec les travaux des enfants.

    Il y avait un sérigraphiste qui animait un atelier.

    Il y avait un petit film qui montrait les activités des enfants à l'école quand les parents ne sont pas là.

    Il y avait un petit café, des croissants, du jus d'orange et même, vers 11h30 des pizzas chaudes.

    Il y avait les parents de l'asso des parents d'élèves qui filent un coup de main, même quand ils ont des enfants déjà trop grands pour être en maternelle.

    Il y avait les petits enfants qui rient.

    Il y avait les parents qui papotent un petit peu.

    C'était samedi.

    Il n'y avait pas classe et pourtant dans l'école, il y avait les maitres et les maitresses, souriants, accueillants, détendus, de ceux qui savent se mettre à hauteur des petits pour mieux les entendre.

     

    On a passé un petit moment. Un moment joli.

     

    Quand nous sommes ressortis, juste devant nous, une petite fille a demandé à sa maman :

    - c'était ça la fête des parents ?

    Elle a posé la question sans arrière pensée. Pour savoir.

    La mère a soupiré.

    - Pfffff... Oui, c'était vraiment petit.

    Elle a répondu avec de grosses arrières pensées.

     

    Tu t'attendais à quoi, Madame ?

    Des mojitos et de la techno à fond ?

    Des gogo dancers et des femmes à poil avec des plumes dans le cul ?

    Une salle de classe transformée en soirée mousse ?

     

    Madame, oui, c'est petit, parce que les enfants sont petits.

    Madame, tu dois avoir l'esprit bien petit pour ne pas avoir vu le temps passé par tous pour que ce petit moment soit joli, l'investissement de tous pour un grand résultat.

     

     

    Je te plains, madame, tu dois être bien malheureuse.

    Je suis bien contente que chez moi, on arrive à se réjouir de mini choses, ça permet d'être heureux facilement.

     

    Allez, Love sur vous !

    Je suis sur FB et sur Instagram (beaucoup plus)

     

    Est-ce une bonne idée qu'il y ait de petites fêtes ???

     

     

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  • Il n'y avait que des professionnels du livre.

    Dans une cantine de Lycée.

    Pause déjeuner. Pause Blablabla.

    J'avais assez raconté d'histoires dans la matinée, j'écoutais.

    Elle parlait un peu fort.

    - Ah oui, mais vraiment non, les jeunes franchement, ils ne lisent plus, c'est dramatique, ils sont toujours sur les réseaux sociaux.

    (bon, je m'out moi-même, ça me gonfle les discours à l'emporte-pièce sur les jeunes dès que tu as plus de 35 ans. Il semble nécessaire de dir que les jeunes, ils sont fatigués, ils sont fainéants, ils sont bêtes, ils sont impolis... Ce que disait nos parents quand nous avions entre 12 et 16 ans et finalement, on n'est pas si pire)

    Bref, du coup, j'ai quand même ouvert mon clapet. En mode avocat du diable.

    - Ben si justement, sur les réseaux sociaux, ils lisent énormément et ils écrivent aussi.

    (moi, sitôt sortie de l'école, je téléphonais aux copines que je venais de quitter, mes filles, elles sont sur snapchat. Elles s'écrivent)

    ...

    ...

    - ah oui, mais non, je veux dire, ils ne lisent plus de littérature, elle a précisé, au cas où je n'avais bien compris ce qu'elle voulait dire.

     

    Bon, j'avais bien compris, mais les phrases-postures, ça me gonfle, encore plus quand je bouffe des nouilles pas terribles à la pause.

    Et elle a continué à monologuer.

    J'ai avalé ma compote, comme je ne parle pas la bouche pleine, je suis restée silencieuse.

     

    Et puis, on est tous partis en même temps, un trentaine d'intervenants qui reprenaient tous en même temps donc.

    D'abord, elle a laissé son plateau sur la table et comme il n'y avait que le sien, elle est revenu le prendre en faisant semblant de plaisanter :

    - Ohlàlà, mais il faut même faire le service.

    (ben ouais Mademoiselle, on fait sa part)

    Faire la queue est un concept sûrement sur-fait parce qu'elle a doublé tout le monde, elle posé le plateau sans enlever le verre, les couverts et vider l'assiette dans le bac prévu.

     

    Reflex de mère de famille, j'ai à nouveau ouvert la bouche (j'avais finalement avalé ma compote), du fond du bout de la queue où je patientais :

    - Euh, en fait, il faut vider le plateau.

    Elle a été super vexée.

    - Ouais, ben il faut tout faire quoi.

     

    Elle a laissé le plateau en imaginant certainement qu'il se viderait seul.

     

    En sortant de la cantine, un orage a éclaté.

    On s'est tous retrouvés dans le hall en attendant que ça passe.

    J'aime bien les orages.

    Être mouillée ne me dérange pas plus que ça.

    Elle a râlé, que franchement, il ne manquait plus que ça, tiens !

     

    Et ils sont arrivés.

    Un groupe de gosses, surpris par l'orage, trempés comme des soupes.

    Hilares ! Mort de rire d'être trempés. Hyper contents, super joyeux.

    Des gamins qui ne lisent pas, certainement.

     

    Une gosse trempée des pieds à la tête a dit : Waouh !!!!!!! C'est le plus beau jour de ma vie !!!

     

    Une gosse qui ne lit pas ?

    Une gosse qui ne lit pas ce que TU voudrais madame, ce qui te ferait plaisir à toi.

     

    Je suis certainement naïve, mais j'ai envie d'avoir confiance dans la génération qui vient.

    Parce que c'est la génération de mes gosses.

    Parce que c'est eux qui s'occuperont de nous quand on sera trop vieux pour le faire nous-même.

    Parce que j'aime mille fois plus une gosse qui se réjouit d'avoir couru sous la pluie plutôt qu'un gamin qui a lu tout Zola (l'un n'empêchant pas l'autre, on est d'accord).

    Parce que lire c'est être surpris, c'est s'émerveiller... et ces gosses ont déjà la capacité d'émerveillement.

    Ça vaut tous les livres du monde.

     

    Je suis sur FB (plus beaucoup)

    Je suis sur instagram (quasi tous les jours)

     

    (pour info, c'est une grande partie de mon boulot que d'amener les gosses aux livres, qu'ils y trouvent du plaisir)

     

    Love sur vous !

    Est-ce une bonne idée de dire "que vraiment, les jeunes maintenant, ils ne lisent plus" ???

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  • Il s'est passé ce qui c'est passé.

    J'en ai peu parlé, mais on en a vraiment bavé... On en bave encore, d'ailleurs.

    Bref, nous avons dû changer d'école deux de nos enfants.

     

    Le deuxième jour, la maitresse du benjamin demande à me voir.

    J'entre en apnée.

    Déjà ???? Nan, pas déjà, elle n'a pas le droit déjà .

    Au mieux quand un enseignant du benjamin demande à me voir, c'est pour me dire qu'il n'a vraiment rien fichu.

    Au pire... arf... Le pire... parfois, le pire c'est ce que d'autres parents peuvent entendre :

    Inventaire à pervers de ce que des parents peuvent entendre. Pas forcément moi. Des parents. Des parents d'enfants différents, parce que, entre parents, on parle aussi...

    Qu'il n'a pas de TDAH, qu'il est simplement fainéant. Que ça n'est pas possible. Qu'il faut le déscolariser, que je lui trouve des excuses, qu'il est vraiment mal élevé...

    (il faut savoir que le benjamin a entre 3 et 4 de rendez-vous médicaux par semaine, qu'il a traitement lourd (merci de m'éviter tous les discours culpabilisants... si vous ne le vivez pas, vous ne savez pas, donc bouclez-là. Merci). Sinon, le benjamin n'est pas perturbateur... Juste parfois son handicap fait que c'est un boulet, une force d'inertie incroyable... Il a un trouble handicapant contre lequel on lutte)

     

    Donc, il a des enseignants qui savent mieux les choses médicales que les médecins.

    Il y a des enseignants qui sont à bout aussi, c'est vrai.

    Il y a des enseignants qui culpabilisent des parents qui ont un enfant porteur de handicap.

    Il y a des enseignants qui veulent que tous les enfants soient assis et ânonnent le B.A BA.

    Il y a... Pas beaucoup... mais il y a...

     

    Et puis, il y a cette nouvelle maitresse.

    Elle ne m'a pas fait venir, elle ne m'a pas fait traverser la marée des parents qui s'ouvre devant le parent coupable, comme une haie de déshonneur.

     

    Non. Elle vient me voir.

    Elle me dit : "je voulais juste vous dire que tout va bien".

    ...

    ...

    ...

    Et ?

    Rien, tout va bien.

     

    Régulièrement, elle me le dit.

    Elle sait que, encore plus que le benjamin, j'ai besoin d'être rassurée.

     

    Elle ne me ment pas.

    Quand ça coince, elle le dit aussi. Tout de suite. Jamais en me culpabilisant, ni en culpabilisant le benjamin. Elle explique, elle dit ce qu'elle a mis en place pour régler l'incident. Et c'est tout.

     

    Hier, elle vient me voir, un sourire jusqu'au oreilles :

    - Il faut que je vous dise, le benjamin, ce matin il a écrit comme un dieu ! Comme un dieu, une belle écriture !!!!

    (oui, il n'a pas écrit "comme un dieu", mais juste super bien quoi)

     

    Elle était contente.

    Contente d'être contente.

    Contente que le benjamin ait été content.

    Contente de me voir contente.

     

    Alors, je lui ai dit "merci. Merci tellement. Merci de me dire le bien. Je ne suis pas habituée"

    - Il faut dire le bien quand c'est bien. Je suis une maman aussi. C'est important. Je le sais.

     

    J'ai toujours su qu'il y avait des enseignants formidables, j'ai toujours pensé que c'est un travail exigeant, impliquant que la majorité font avec sérieux, intelligence, drôlerie...

    Je ne vais retenir qu'eux.

     

    (je ne veux surtout pas faire de prof bashing, je veux juste qu'on se réjouisse du fait qu'il y a des gens vraiment, vraiment, vraiment. Les autres ? n'en parlons même pas !)

     

    Alors merci à vous, les gens bien !!

     

    Love sur vous ! Love sur elle !

    Je suis sur FB et sur IG itou (bien plus que sur FB, en ce moment)

    Est-ce une bonne idée de dire quand c'est bien ???

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