•  

    La nuit commence à tomber.

     

    Nous sommes entre chiens et loups, l’heure étrange où tout peut arriver.

     

    On n’aime pas toujours cette heure.

    Cette heure qui est « entre-deux », entre la journée et le soir.

    C’est l’heure où les bébés braillent sans pouvoir être consolés, l’heure des devoirs qu’on n’a pas envie de faire.

     

    L’heure des fins de journée déjà trop longues. L’heure où on voudrait que ça soit déjà la soirée, qu’on puisse avoir la paix, passer à autre chose…

     

    Mais voilà, il est cette heure là, un peu étrange.

     

     

    Je suis à vélo avec le petit dernier.

     

    On passe juste à côté d’une bande d’ado.

     

     

    Cet âge juste entre deux. Entre l’enfant et l’adulte.

     

    On ne l'aime pas toujours, cet âge.

    L’âge où on doit savoir ce qu’on veut faire plus tard, quand on aura plus du tout cet âge-là et où on n’aura certainement plus les mêmes envies, les mêmes projets. Mais il faut savoir pour plus tard.

     

    L’âge où on fait peur aux vieilles dames et où les vieux messieurs trouvent qu’on est vraiment pas polis, parce qu’on a dit « bonjour » en entrant dans la boulangerie et que de son temps à lui, on disait « Bonjour mesdames, bonjour messieurs »… et que vraiment, y’a plus de respect !

     

    Nous dépassions donc une bande d’ado bruyante et joyeuse comme des ados.

     

    En mode « wesh-wesh » (canne à pêche)/Yo, Yo ! (sac à dos)

     

    Rebelles comme des adolescents. Le verbe haut et les mots qui claquent.

     

    Ils sont sur le trottoir. Ils se marrent. Trop fort.

     

    Ils veulent traverser. Wesh-wesh canne à pêche.

     

    Ils s’arrêtent au passage piéton YoYo sac à dos.

     

    J’appuie sur les freins de mon vélo, je m’arrête. Ils passent.

     

    Enfin… presque.

     

    Ils s’arrêtent.

     

    Juste à temps.

     

    Une voiture avec une dame bien comme il faut vient de leur tailler un short, elle a bien failli leur allonger les pieds d’au-moins 4 tailles.

     

    Avec sa belle voiture, elle ne s’est pas arrêtée au passage piéton. Elle a certainement mieux à faire.

     

    Les ado m’ont regardée. Je les ai regardés.

     

    Ils ont eu peur. Moi aussi.

    Ça leur a coupé la parole. Plus de weshwesh, plus de yo ! yo !

     

    Ils sont restés là, arrêtés sur le passage piéton.

     

    - Euh… En vrai, elle a failli nous écraser, la dame.

     

    - Oui, j’ai dit. et en plus, comme vous êtes sur le passage piétons, vous aviez priorité.

     

    - Haaaaaaaaaan… Mais elle nous a manqué de respect, là !

     

    - C’est vrai. Elle vous a vraiment vraiment manqué de respect.

     

    - J’avoue. Wesh, je suis dégouté. Le respect, c’est important.

     

     

     

    C’est vrai gamin. Le respect, c’est important.

     

    Cette dame, bien comme il faut, respectable comme on dit, vous avait bien vus. Mais elle n’en avait rien ciré… Vous n’êtes que des ado, cet âge qui n’existe pas vraiment et qui ne ressemble à rien. Cet âge qu’on ne respecte pas toujours…

    Et juste comme ça, si on veut être respecté, il faut respecter.

     

     

    Alors voilà. Y’a des ado wesh-wesh (canne à pêche)/yoyo (sac à dos) qui ont rudement plus de valeurs et de respect que de prétendues bonnes dames…

     

    Et ma foi, je pense que c’est une bonne nouvelle.

     

     

    Allez : Yoyo Sac à dos, wesh wesh, canne à pêche !

     

     

    (et sinon, vendredi mes ado ont pris sur leur temps pour faire des banderoles, elles ont lu des articles, se sont documentées… La lycéenne n’a pas séché les cours, non elle est allée manifester deux heures et elle a récupéré ses cours ensuite. Elle est même retournée au lycée pour la dernière heure parce que la manif était finie. Et je trouve ça rudement respectable)

     

    Allez, Love sur vous.

    Je suis sur FB et sur instagram (plus souvent que sur FB, c'est vrai !)

     

    Est-ce une bonne idée de parler de respect ???

     

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  •  

    Le mercredi, il y a poney. Il y a orthodontie. Il y a devoirs. Il y a kiné. Il y a jeux dans le jardin. Il y a tennis. Il y a guitare. Il y a conseil des jeunes… Selon les âges des uns et des autres.

     

    C’est un jour plutôt bien, pour les enfants.

     

    Un jour où ils ont le temps d’être autre chose que des élèves.

     

    A l’école, ils doivent autant que faire se peut, avoir une attitude scolaire.

     

    Même si les enseignants donnent le meilleur d’eux-mêmes pour rendre ludiques les mathématiques, pour que l’allemand soit épatant, qu’on puisse se marrer en français…

     

    A l’école, on est un enfant. A l’école on est aussi un élève.

     

     

     

    Le mercredi, ils apprennent autrement.

     

    Ils sont en petits groupes. Ils ont un rapport presque amical avec les animateurs qui ont bien compris que les activités extra-scolaires ne le sont pas… scolaires.

     

     

     

     

    Elles sont quatre.

     

    Une toute grande-grande, sèche. La cheffe de troupe-maman.

     

    Une moyenne-grande. L’aînée. Huit ans tout au plus.

     

    Une moyenne-moyenne. La cadette. Six ans… et encore, sur la pointe des pieds.

     

    Et la petite-petite. La dernière. Trois ans toute mouillée.

     

     

     

    Séance d’essai pour une toute petite qui ne veut pas essayer.

     

    Avant de rentrer sur le court, elle braillait déjà.

     

    Mais elle avait dit qu’elle voulait essayer.

     

    Il y a deux heures.

     

     

     

    Quand c’est décidé, c’est décidé.

     

    Y’a pas à chouiner.

     

     

     

    L’entraineur est bien embêté avec la petite-petite qui se répand en flaques.

     

    Il tente une approche de la grande-grande :

     

    - vous savez, ce n’est peut-être pas le bon moment. On peut essayer. Mais si on insiste trop, elle risque de ne plus jamais vouloir jouer au tennis.

     

    - Elle va jouer. Elle a décidé. C’est elle qui avait envie.

     

     

     

    Alors, elle a poussé la petite-petite vers le court.

     

    - Tu as voulu venir, maintenant, vas-y. Il faut que tu assumes ma fille.

     

     

     

    L’entraineur propose :

     

    - Peut-être que si la moyenne-grande ou si la moyenne-moyenne veut bien venir jouer avec elle, ça sera plus facile.

     

     

     

    Toutes les deux, elles sont d’accord.

     

    Elles s’accroupissent, se mettent à la hauteur de la petite-petite, tendent une balle, la font rebondir :

     

    - Regarde ! C’est rigolo.

     

     

     

    La grande-grande a fermé la porte qui a claqué.

     

    Elle regarde ses trois filles en soupirant derrière la vitre.

     

    Et la petite braille encore plus fort. Elle vire au rouge tomate.

     

    Et les enfants du cours essaient de l’ignorer.

     

     

     

    L’aînée sort du court en soupirant.

     

    - Elle est vraiment pénible.

     

    La grande-grande rentre. Elle articule bien, elle est très ferme. Elle a de l’autorité. Elle veut que tout le monde sache qu’elle ne cède pas devant une petite-petite de trois ans qui fait une crise, un gros caprice.

     

    - Bon. Maintenant ça suffit ! Tu n’es plus un bébé. Tu es grande ! Tu as fait un choix, il faut que tu assumes.

     

    La petite-petite hurle aussi :

     

    - Maaaaamaaaaaaaaan… Resteeeeeeee… Maaaaaaaamaaaaaan.

     

    - je ne m’en vais pas, je te regarde derrière la fenêtre.

     

    Si la phrase avait été dite avec douceur, ça aurait rassurant… Mais la petite-petite comprend bien qu’elle est surveillée derrière la vitre et qu'elle doit jouer au tennis.

     

     

     

    La maman demande à la grande d’y retourner.

     

    Elle prend le même ton sec que sa mère :

     

    - Naaan, mais vraiment, elle est pénible.

     

    - Tu ne discutes pas. Tu y vas.

     

     

     

    La grande-grande regarde ses deux aînées tenter de se dépatouiller avec la petite-petite qui transforme le court en pataugeoire.

     

     

     

    Dans le club house, plus personne n’ose parler. On n’ose à peine respirer. On se dit que si on bouge, on va être punis.

     

     

     

    Alors, la grande-moyenne sort à nouveau.

     

    - Nan, mais moi, je n’en peux plus. Ça va être comme ça toutes les semaines au tennis ?

     

    (et tous les parents du club house ont eu la même pensée : Naaaaaaaaaan… )

     

    - En tous cas, c’est clair, la semaine prochaine, c’est ton père qui va l’accompagner.

     

    - Tu as raison maman, avec lui ça va être bien différent. Lui, il a de l’autorité.

     

    (dans le club house, la température a baissé de 8 degrés. Le père. Pire)

     

    Alors enfin, la grande-grande est entrée dans le court. Elle a attrapé sa fille. Elle a dit :

     

    - Puisque c’est ça, on s’en va.

     

    Et la petite-petite, tiraillée entre sa grande peur et l’envie de faire plaisir à sa mère a hoqueté :

     

    - Je veux rester.

     

    - Pfffff… Certainement pas.

     

     

     

    - Tu as gâché 45 min de mon après-midi. On s’en va !

     

    Elle a ajouté pour l’entraineur : Elle ne fait jamais ça, d’habitude, elle est assez souple. Je crois qu’elle veut affirmer son caractère et si je la laisse faire, c’est elle qui va tout diriger.

     

    - Mouiiii, a dit l’entraineur. Ce n’était peut-être simplement pas le bon moment.

     

    La grand-grande n’a pas entendu.

     

    Dans le club house, on a tous pensé que ce n’était effectivement pas un bon moment.

     

     

     

    Elle est sortie, la petite-petite rouge tomate sous le bras et hurlant toujours, les deux grandes ronchonnant.

     

    Dans le club house, les parents qui étaient restés ont repris leur respiration, on a recommencé à se dire des bêtises et à rigoler…

     

     

     

    Je ne veux pas juger cette maman. On fait ce qu’on peut et parfois on peut peu.

     

    Et puis, je ne sais pas ce qui s’est passé avant. Je ne sais pas si elle a appris une mauvaise nouvelle juste avant… je ne sais pas.

     

    Et surtout, je peux aussi ne pas être terrible comme mère et comme personne tout court, d’ailleurs. J’ai aussi des principes parfois un peu rigides.

     

    Mais elle a réussi à pétrifier six adultes qui attendaient que leurs gosses aient finis de faire les andouilles dans le cours de tennis. Elle a perturbé tout le cours, en fait.

     

    Je le sais, parce que j’ai papoté avec l’entraineur.

     

    C’était la première fois que je restais et j’ai regardé le petit dernier.

     

    Il fait n’importe quoi. Il rigole beaucoup. Mais il prend sa raquette à l’envers, il gambade, il shoote dans les balles, il saute sur un pied, quand le seau de balles est vide, il l’enfile comme un casque et il crie « je ne vois plus rien ». Il ne perturbe pas le cours, il fait la queue comme tout le monde pour frapper la balle qu’il regarde passer à côté de lui. Il la ramasse, la range. En rigolant.

     

    L’entraineur a dit : Il s’amuse ! C’est bien… et mine de rien, en jouant, il apprend des choses en coordination. Et puis, à vrai dire, d’habitude, il fait les exercices un peu mieux, là vue la situation aujourd’hui, aucun des enfants n’a fait « comme d’habitude ».

     

     

     

    Peut-être que le petit dernier, par compassion a tout fait sauf du tennis, pour montrer que ça n’est pas très grave et que personne ne hurle parce qu’il s’amuse plus qu’il ne joue au tennis.

     

    Parce qu’il a quatre ans.

     

    A quatre ans, on est petit.

     

    A quatre ans, on apprend.

     

    A quatre ans, on a le droit de se tromper.

     

    A quatre ans, on n’a pas grand chose à assumer.

     

     

    Allez, love sur vous.

    Je suis sur FB et sur Instagram (presque tous les jours, en fait)

     

    Est-ce une bonne idée que ça soit une grande fille ???

     

     

     

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  • Le mardi midi, chez nous, c'est la course :

    travailler le matin en ayant fait le marché avant. Midi : récupérer les gamins à l'école, 12h15, déposer la benjaminette chez l'orthophoniste, passer à la maison pour que le benjamin ait le temps de manger (oui, avec un TDAH, manger n'est pas toujours simple), récupérer la benjaminette, rentrer, faire manger tout le monde, tâcher de manger aussi et repartir à 13h15 pour être à 13h30 à l'école parce que la benjaminette a APC.

    Le mardi, c'est la course.

    Je mets l'assistance électrique du vélo et je roule.

     

    Sur le chemin de l'école, il y a une grande montée.

    De loin, je l'ai vue.

    Une dame qui roulait tout doucement.

    Elle est rude, la pente.

    Elle était en plein milieu, elle prenait le plus de place possible et comme elle peinait, elle ne roulait pas droit.

    Avec l'assistance, on ne peut pas dire que je peine vraiment.

    J'appuie un peu plus fort sur les pédales en montée et ça roule.

    Je me suis approchée, j'ai ralenti, j'ai bien jaugé les ondulations de son vélo. Droite-gauche-droite-gauche...

    Comme elle se dirigeait vers la droite, j'en ai profité, hop, je suis passée sur sa gauche et roule ma poule, on ne sera peut-être pas en retard à l'école.

    Elle avait un fichu sur la tête, noué sous le menton. Une vieille dame.

     

    Quand je l'ai dépassée, je l'ai entendu dire très distinctement et bien fort à mon encontre :

    - Pfffff... Encore une migrante !

     

    Les gamins, dans mon vélo ont demandé :

    - Elle a dit quoi, la dame ?

    - "encore une migrante"

    - Pourquoi elle a dit ça ?

     

    Alors, là j'avoue que j'ai dû réfléchir un peu. Beaucoup en fait.

     

     

    Il est vrai que je suis née à dans une autre ville. A six kilomètres à vol d'oiseau. Mais une autre ville.

    Est-ce que cette dame a reconnu que je n'étais pas native de cette petite ville ? (d'ailleurs, ils doivent se comptaient sur les doigts de la mains, les natifs de cette ville).

    Serais-je donc étrangère à cette ville qui est la mienne depuis 12 ans maintenant ?

    Ville dans laquelle une partie de mes enfants sont scolarisés, ville où j'habite.

     

     

    Cela me semblait absurde, alors j'ai réfléchi encore.

    Qu'est-ce que cette dame avait voulu dire par son agressif "encore une migrante" ?

    (Tu ne m'en voudras pas Madame, mais afin de te comprendre, je vais te tutoyer. Cela va créer une forme de proximité entre nous)

    Je ne t'ai rien fait, madame. Je ne t'ai même pas frôlée.

    Je t'ai peut-être fait peur parce que tu ne m'as pas vue arriver.

    Et tu ne trouves rien d'autre à dire que "Encore une migrante !"

    Tu avais l'air de tenir là, par ton "encore une migrante" une forme d'insulte ultime.

     

    Tu as peut-être imaginé dans les rouages rouillés de ton cerveau bien à l'abri de ton fichu que j'étais une réfugiée.

    Une réfugiée venue manger ton bon pain bien français.

    C'est moche, mais je crois bien que c'est cela qu'il y avait sous ton sale fichu.

    Une réfugiée qui aura certainement dû fuir sa maison, son pays, sa famille, sa vie, qui a traversé le pire pour espérer survivre et avoir les miettes rassies d'un pain plus très frais.

    Mais toi, madame, sous ton fichu bien abject, les miettes tu préfères très certainement les balancer aux rats plutôt qu'à d'autres humains.

     

    Et pourtant Madame, je t'ai regardée dans mon rétroviseur. Si tu n'as pas l'âge de ceux qui ont connu la guerre, tu n'en es pas loin. On a dû te la raconter encore et encore cette guerre.

    J'aurais pensé qu'il t'en serait resté un soupçon d'empathie, d'humanité.

     

    Sur ton vélo avec ton pantalon venu de Chine, ton pull made in Bangladesh, ton fichu venu directement du Pakistan, tu n'es plus que haine.

    Tu tanguais bien à l'extrême droite en montant cette côte un peu difficile.

    Ton fichu ne te sert très certainement qu'à te faire des œillères qui t'empêchent de voir ce qui reste d'humanité dans ce bas monde. Ton fichu comprime ton cerveau. Quand les idées macèrent, elles finissent par sentir mauvais.

     

    Allez, je vais arrêter de te tutoyer, Madame. Je vais mettre la distance nécessaire et convenable entre vous, vos idées nauséabondes et mes convictions.

     

    J'expliquerais ce soir à mes enfants tout ce qu'il y a d'immonde derrière les mots que vous m'avez balancé tout à l'heure.

     

    Migrant n'est pas une insulte et vous, Madame, vous m'avez fait honte.

    J'ai eu honte d'être aussi française que vous.

     

     

    Love sur vous.

    Je suis sur FB et sur IG

     

    (ah oui ! Je vire tous les com qui ressemblent de près ou de loin à du racisme. En cas d'insulte ou de menaces, je porte plainte. Bisous)

     

     

    Est-ce une bonne idée de doubler une dame à vélo ??

     

     

     

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    6 commentaires
  • Aujourd'hui, je n'ai pas manifesté.

    Je n'ai bloqué personne.

    Je n'ai pas grogné.

     

    J'ai travaillé.

    Je fais des petites choses. Des petits spectacles pour les petits personnes et les grandes qui les accompagnent.

    C'est toujours dans des petits endroits, dans des petites villes.

    Je n'ai pas plus d'ambition que cela.

    J'aime ma petite vie et les petites choses que je fais.

    Je ne change la vie de personne, mais je ne la rends pas pire non plus.

     

    Aujourd'hui, j'ai travaillé pour un festival tout petit parce que tout neuf.

    Il a été pensé, créé, voulu, désiré, rêvé par C. qui y a mis toute son énergie.

    C. et de belles personnes qui ont passé un temps infini à tout préparer. Depuis des années.

     

    J'ai été accueillie comme une reine.

    Elles ont eu le même souci du bien pour les enfants et leur famille.

    Faire bien. Petit, mais bien.

     

    Elles ne feront pas la une de la Voix du Nord.

     

    Elles comme des milliers de gens qui font des choses petites, des petites choses.

    Discrètement, sans crier, sans se montrer.

    Des choses concrètes qui font du bien aux gens.

     

    Il y a 140 personnes qui ont assisté à mes spectacles et aux ateliers qui étaient proposés.

    Ce n'est vraiment pas un grand chiffre.

    Sauf que tout était complet.

    C'était petit exprès.

    Pour mes petits spectacles. Je vois chacun des spectateurs, leurs sourires.

    On prend le temps de discuter, de se faire des bisous, de jouer. On rit. On se raconte nos vies.

    Ce sont des moments jolis et on n'a pas besoin d'être plus pour être bien.

    On est ensemble.

     

    On ne fera pas la une de la Voix du Nord, mais on a fait. Du petit. Du bien. Du concret. Du constructif. Des petites choses qui avancent et qui font avancer...

    Pour nous, déjà, pour les petits et même pour les grands qui les accompagnent.

     

    On ne parlera pas de nous, d'elles, d'eux et on s'en fiche ! On a parlé entre nous et c'était très bien comme ça.

     

    Voilà, des journées comme ça, où on se fait gentiment du doux dedans quand ça hurle pour le principe dehors, sans avoir réfléchit plus loin que son capot, sans n'avoir rien à proposer pour avancer, ben une journée comme ça, ça rappelle qu'il y a des humains bien. Discrets mais bien.

     

    (ne venez pas me raconter que les gilets jaunes se battent pour le bien de tous, hein ! Ils se battent pour leurs biens à eux. Ça n'a rien à voir avec le social. Ni avec l'humanité... Et je ne nie pas qu'il y a des gens qui en scient sévère, mais la méthode, les moyens et même le mobile rien n'est respectable dans ce mouvement. Rien)

     

    Merci à tout ceux, à toutes celles qui font de petites choses bonnes, discrètement, tranquillement.

    Vous faites que l'humanité reste encore humaine.

     

    Love sur elles.

    Love sur Vous !

     

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    Est-ce une bonne idée de faire des petites choses ???

     

    Est-ce une bonne idée de faire des petites choses ???

     

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    4 commentaires
  • (bon... oui, je râle encore... Bientôt j vais reprendre mes articles rigolos sur la parentalité. Bientôt ! J'en ai plein en attente !! Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, j'écris à M. François Ruffin, député FI)

    J'ai déjà ecrit à M. Xavier Bertrand, Là si tu veux lire (qui m'écrit encore de temps en temps), à François Hollande et Jean-Luc Mélenchon (qui ne m'ont certainement pas lue), cette fois, bim, c'est Ruffin mon copain !

     

    Bonjour Monsieur Ruffin,

    Je vous aime bien, Monsieur Ruffin, vous êtes un des seuls élu que j'aime bien.

    Pour être honnête, je vous aimais bien. Jusqu'à ce matin.

    Vous étiez intervieuwé par Lea Salamé sur France Inter. Je n'ai pas tout entendu, parce que le matin, j'ai cinq gamins qui me racontent leurs rêves/leurs futures journées/râlent...

    Bref.

    Léa Salamé vous a demandé pourquoi vous souteniez le mouvement des gilets jaunes alors que vous êtes très engagé sur l'écologie et le fait que vos gosses ne verront peut-être jamais les hirondelles à cause de la pollution.

    Vous avez eu cette réponse magique : vous avez dit que vous être contre le glyphosate et le plastique mais que le carburant vous êtes pour parce que c'est différent.

    Hein ? Vous avez l'écologie sélective ?

    J'avoue que ma tartine de pain complet même pas bio m'est restée en travers de la gorge.

    Donc, les hirondelles doivent se dépatouiller avec le réchauffement climatique et les particules fines...

    Ôtez moi d'un doute, ça ne serait pas parce que y'a plein plein plein de gens qui vont dans ce sens là ?

    Nan... Vous ne seriez pas démago quand même ? Vos convictions, l'avenir de nos gamins ne seraient quand même pas solubles dans l'opportunisme ?

     

    Vous savez concrètement sur quoi est basé ce mouvement ?

    Vous voulez savoir ce que pensent les gens, c'est pour ça que vous serez samedi sur les barrages.

    Un truc simple, lisez les commentaires sous les articles de la Voix du Nord, vous allez vite savoir ce que pensent les gens.

    Je vous mets un petit florilège :

    - La taxe pollution, ça va me coûter 100 euros par mois.

    Un internaute a calculé. Pour une voiture qui consomme 6l/100, il faut faire, pas 23, pas 230, pas 2300, nan... 23 800 km par MOIS pour en avoir pour 100 euros !! Si on a une vieille vieille bagnole, allez, 12l/100 (un tank de l'armée est allemande en gros) c'est donc 11 000 km/mois.

    Vous me trouverez beaucoup de salariés qui, 5 fois par semaine se tapent 1190 km aller/retour pour aller bosser.

     

    Depuis 15 jours, 90% des gens habitent la campagne. 90% des gens habitent en hiver et 90% sont plombiers (vieux et handicapés), cette réalité faite à base des statistiques des déclarations des gens qui laissent des com sur la VdN, c'est dire si elle est pertinente.

    Deux réflexions personnelles de moi-même :

    - d'une le problème du chômage s'explique d'un coup d'un seul : On a trop de plombiers campagnards... Faut se diversifier les mecs et les meufs ! (hop ! le chômage, c'est fait, un problème de moins).

    - de deux, c'est moi ou les gens se foutent un peu de la gueule du peuple ? Ok, personne n'a vraiment toujours le choix. Mais la reum dans ma rue qui va déposer ses gosses à l'école (600m), qui fait 3 fois le tour du pâté de maison parce que y'a pas de place et qui finit par se foutre en double file, moteur tournant parce que bon, faut maintenir le chauffage et qui rentre ensuite chez elle (600m) et qui fout son gilet jaune sur le pare-brise, elle se fout de la gueule du peuple ou c'est moi ? (il y en a des dizaines ici, après, c'est certainement un phénomène très local... Ah ! on me dit dans l'oreillette que pour faire des trajets de moins d'un kilomètre 80% des gens prennent leur caisse. Après, il doivent le faire peut-être le faire 500/jour, ce qui explique les 100 balles de taxe pollution/mois. Je ne sais pas)

     

    - Les vélos électriques, c'est plus polluant que les voitures parce qu'il y a plein de métaux précieux dedans.

    Ben oui. C'est sûr. Depuis que les voitures sont faites en chanvre biologique biodégradable, elles polluent moins que les vélos. En revanche, les jours de pluies, on galère un peu parce qu'elles fondent.

     

    - Ouais, mais les avions et les bateaux, ils sont pas taxés.

    Ambiance "c'est pas moi, c'est lui qui a commencé". Genre, parce que les autres polluent, moi aussi j'ai le droit.

    Une question : les bateaux, ils transportent quoi pour pas cher ? Des climatiseurs chinois pour les pingouins qui ont trop chaud ? les avions, ils transportent qui à pas cher pour un petit week-end à Tanger pas cher ? Ces feignasses d'hirondelles que ça fait suer de prendre leur ailes ?? Nan, mais sans déconner !

     

    Mercredi, on va à l'équitation (non, je ne suis pas une bourgeoise, ça m'a coûté 1/4 de mon salaire). C'est pire que le bébète show... Hier donc, deux mamies, bien bourgeoises comme il faut, du genre plutôt parvenues que bourgeoisie traditionnelle : Elles gueulent sur Macron qui leur vole toutes leurs thunes avec sa taxe pétrole (les pauvres chéries) et elles embrayent direct sur "rôh ! c'est pénible les bouchons pour aller en ville... " Il y a 3 arrêts de tram pour aller en ville. Mais dans le tram, y'a des gens. Faudrait pas avoir à s'assoir à côté d'un pauvre ou d'un arabe, ou pire d'un arabe pauvre. Donc, elles n'ont même pas vu le rapport entre la taxe pollution et le fait de prendre sa bagnole pour aller dans une ville déjà engorgée. Nan... Pas réfléchir plus loin que le bout de son capot !

     

     

    Y'a des gens vraiment pauvres. C'est vrai.

    Il faut les aider. Ils le seront, je l'espère. Ça ne sera pas assez. C'est vrai. Mais est-ce que la suppression de la taxe pollution va changer réellement la pauvreté ? Est-ce que les pauvres, les vrais, ceux qui ont moins que rien vont réellement en pâtir ou est-ce que, si on est un peu objectifs, ce sont les gens comme moi qui vont en iech. Les pas riches, mais les pas vraiment pauvres.

     

    Et il y a tous ceux qui d'un coup trouvent qu'ils sont pauvres. Nan, mais les mecs, vous ne connaissez rien à la pauvreté. La vraie ! La pauvreté ça n'est pas de pas pouvoir s'offrir le dernier Iphone. La pauvreté, ça n'est pas ça.

    Et il y a un paquet de gens qui ne veulent pas filer 20 balles par mois pour l'écologie... Il y a des gilets jaunes sur des mercèdes et BM flambant neuves !! J'en ai vu sur un camping car.

     

    Ce mouvement est emprunt de haine. Les gens confondent tout... On parle d'une taxe pollution. Pour nos gosses. Et je lis des gilets jaunes qui appellent à brûler les vélos de ces bobos de cyclistes (et les cyclistes avec...) Pourquoi ? Parce qu'on est des cons. Et ? Et c'est tout. (j'ai des screen, si vous voulez. Il y en a plein !)

     

    La démocratie est en péril, le populisme est partout et surtout dans ce mouvement. Poujade, ça vous parle ?

    Si on vire Macron (que je n'aime pas particulièrement, je suis une vieille gauchiste), on aura quoi ? Vous pensez qu'on est plus malins que les italiens, les brésiliens ou les américains ? Je ne crois pas, moi !

    Vous le voyez l'avenir qu'on va filer à nos gamins ? Vous le voyez le réchauffement climatique et ses catastrophes, le tout sur un lit de régime autoritariste.

    On ne parle même plus des hirondelles.

    On parle de nos gamins.

     

    Sérieusement, au nom de nos gamins, j'aurais attendu plus de courage plutôt que de vous voir sombrer dans la facilité.

    Le mouvement propose au mieux de ne rien changer alors qu'on sait qu'on va dans le mur, au pire de retourner en arrière.Le problème c'est quoi ? La taxe pollution ou le fait qu'on est dans une société où tout est pensé pour la voiture et qu'il n'y a pas assez infrastructures efficaces pour s'en passer ? Je ne sais pas moi, je ne suis pas analyste... Mais il me semble quand même qu'il ne faut pas avoir fait science-Po pour comprendre.

     

    Alors oui, le gouvernement n'est pas un gouvernement de gauche. Non, ils ne sont pas très empathiques. Oui, ils font des conneries (supprimer l'ISF en était une), mais on vit quand même dans un pays riche. Un pays riche avec des gens pauvres. Mais pas tous... Et je ne suis pas certaine que ceux qui gueulent le plus fort soient réellement les gens pauvres.

    Et quelque part, j'ai bien l'impression qu'on se trompe de combat.

     

    (et concernant le chauffage, il y a des aides. J'ai même une copine qui bosse dans une asso dont c'est le boulot, accompagner les gens dans la transition écologique)

     

    Et vous avez conclu l'interview parce que je pense être le summum de la démagogie en disant que ce que vous voulez c'est le gens puissent offrir pour Noël, à leurs gosses des cadeaux à la hauteur de leur amour.

    Je ne savais pas que l'amour se mesure en cadeaux.

    Je pensais que ça se mesurait en temps passé avec les gamins, en histoires lues, en temps d'écoute le matin au petit déj...

    Je ne dois pas tellement aimer mes gamins, parce que comme je n'ai pas des gros sous, comme dit ma fille de 7 ans, je ne fais pas des gros cadeaux... Et même que le père Noël chez nous qui est vraiment, vraiment un gros radin, il les achète sur le bon coin (quel fumier ce père Noël).

    J'avoue, j'ai été choquée, en fait.

    Vraiment.

    Je pensais que vous défendiez d'autres valeurs.

    Je pensais que vos idées, vos convictions n'étaient pas solubles dans la facilité ni dans le populisme. Parce que c'est de ça dont il s'agit.

    (sinon, ma fille de 15 ans a dit très fièrement : Va je ne te hais point c'est pas de Racine, c'est de Corneille... Comme quoi, elle apprend des trucs à l'école gratuite et publique ! École payée par... Les impôts et les taxes. Salauds du gouvernement !)

     

    Ce matin, j'ai donc perdu la dernière personnalité politique que je respectais un peu.

     

    (bon, moi aussi je prends la bagnole pour aller bosser... Hein... Elle pollue... Je pollue. Je ne suis pas un modèle. J'assume... A partir de janvier, je m'achèterais des trucs inutiles en moins)

     

    Si vous voulez voir mes autres arguments et que vous n'avez rien à faire, c'est.

     

    Bon allez, bonne soirée M. Ruffin.

    Si vous voulez papoter, même si on n'est plus vraiment copains (enfin surtout moi), n'hésitez pas ! Vous pouvez passer casser la croûte, même avec vos gosses, ça fera une joyeuse bande. (je suis aussi hyper souvent dans votre coin, avec ma voiture, je viens bosser par chez vous assez souvent. Je suis une feignasse d'intermittente, je fais des spectacle s pour les gamins et leurs parents. Je ne gagne pas bézef' moi non plus)

     

    Je préviens très aimablement les gilets jaunes : vos opinions sont les vôtres. Pas les miennes. c'est comme ça. On n'est pas d'accord. Vous n'êtes pas obligés de me lire. A la première insulte, je dénonce, à la première menace, je porte plainte comme la loi me l'autorise. Et ça n'est pas parce que je ne suis pas d'accord avec vous que je ne vous respecte, ce sont vos idées que je n'aime pas, pas vous.

     

     

    Je suis sur FB et sur IG.

     

    Je vous re-mets mon vélo de grosse BoBo, parce qu'il est beau. (bon, je n'ai toujours pas compris ce qu'est vraiment une Bobo. Il me semblait qu'il fallait avoir de la thune pour être une Bobo... Arf. On doit toujours être le Bobo de quelqu'un)

     

    Est-ce une bonne idée d'être démago ??

     

     

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