• Les enfants sont tous différents.

    C'est vrai. Certains sont un peu plus différents que d'autres.

    Il y en a qui ont des trucs en plus, des trucs en moins, des trucs pas à l'endroit.

    Il y en a qui vont trop vite ou trop lentement.

    Il y en a... beaucoup.

     

    Ces enfants hors-norme, ces enfants pas ordinaires ont des parents.

     

    Un enfant, ça demande du temps, de l'attention, de l'amour (et des nouilles au beurre).

     

    Un enfant extra-ordinaire, ça demande beaucoup de temps, beaucoup d'attention et beaucoup d'amour (et des nouilles au beurre avec ou sans lactose-gluten...)

     

    Avec l'extra-ordinaire, il y a des bonus auxquels on n'avait pas pensé, des bonus dont on se passerait bien.

    Des bonus qui te foutent la tête sous l'eau alors que tu aurais besoin d'un gilet de sauvetage.

     

    Il y a :

    L'angoisse, celle qui fait que tu te demandes comment cet enfant complètement en dehors des normes, qui ne s'adapte pas à l'école va s’insérer dans la vie professionnelle, pas comment il va trouver du boulot, nan, ça c'est normal, mais comment il va pouvoir ne serait-ce que chercher du taf. Et sans boulot, que va-t-il devenir ? Il va rester chez nous. et quand on ne sera plus là...

    Alors, tu essaies de ne pas penser que tu ne seras pas toujours là.

     

    La tristesse de constater que cet enfant particulier et néanmoins gentil, drôle et charmant n'est jamais invité à un anniversaire (il ferait peut-être un peu tâche sur la photo, ou alors une tâche en renversant le jus d'orange sur la moquette ?).

    Alors, tu ne lui dis pas à ton gosse que celle qu'il appelle "son amoureuse d'amour" ne l'est certainement pas, parce qu'elle ne l'a pas invité chez elle, pour fêter son anniv, qu'il y avait la moitié de la classe. Mais pas lui.

     

    La culpabilité des médecins qui t'expliquent que vraiment tu t'y prends mal, tu fais le parcours à l'envers (alors que personne ne t'avait expliqué qu'il y avait un parcours, que tu navigues à vue) que comment tu peux penser avoir un enfant dans la norme alors que tu lui as un donné peu commun... Que tu as l'air fatiguée, qu'il faudrait que tu prennes du temps pour toi, que tu te barres en week-end (alors, comment te dire, Docteur, d'une, je n'ai pas trop-trop de thunes, parce que, un enfant particulier, ça en coûte un max et de deux, je fais quoi de mes gosses ???)

    Alors tu fermes ta bouche. Tu ne dis rien. Parce que, comment un toubib peut imaginer qu'on n'a pas pensé à partir week-end alors qu'on en rêve... Mais que c'est simplement pas super simple.

     

    Le manque de temps, ce fichu temps après lequel tu cours en calant les rendez-vous chez l’orthophoniste-l’ergothérapeute (ça coûte un cul)-la pédopsychiatre (non conventionnée)-le psycho-mot (que en vrai, tu n'as toujours pas réussi à trouver)-le chirurgien-le dentiste-le neurologue-l'ophtalmo-l'ORL comme tu peux, entre deux heures de boulot. Et puis, si t'as pas la chance d'avoir de bagnole, paye ta paire de baskets.

    Alors tu cours, tu te retiens de foutre des beignes à celui qui te dit que tu pourrais faire un effort quand même pour être un peu dispo.

     

    Le soupçon que tu as certainement dû faire-manger-louper un truc pour avoir un gosse comme ça.

    Alors, il t'arrive de faire le film à l'envers histoire de voir si ça ne serait pas ta faute.

     

    Le regard en biais des gens. Un peu tous les gens. Qui ne te connaissent pas et qui trouvent que ce gosse qui parle trop fort, qui rit beaucoup, qui court entre les rayons du magasin, qui vit comme il peut et quand même est vraiment mal élevé.

    Alors, tu ramasses ton gosse, tu fous ton honneur dans ta poche.

     

    La révolte de savoir ton gamin maltraité, par un enseignant, par des enfants, par la boulangère méprisante, par un passant haineux.

    Alors, tu pleures de pas pouvoir protéger un enfant, ton enfant.

     

    Les reproches parce qu'il n'a pas bien découpé, qu'il n'a pas réussi à nager, à prononcé, à jouer avec les autres.

    Alors, tu essaies d'expliquer que c'est compliqué et on te dit qu'il faut qu'il rentre dans le moule, dans la normalité... et tu sais que c'est impossible.

     

    L'incompréhension du système qui n'est pas adapté, pas adaptable, la MDPH qui te vire tes aloc enfant handicapé parce qu'ils ont fait une erreur dans le dossier, les AVS interchangeables, les programmes qu'on doit suivre coûte que coûte, les psychologues scolaires pas disponibles.

    Alors tu te démènes, tu as l'impression de te cogner à un mur de verre.

     

    Alors, tu te tais.

     

     

    Et puis, heureusement, tu as ceux qui comprennent, ceux qui acceptent, ceux qui invitent, ceux qui savent qu'un enfant différent, c'est aussi une chance, une chance de voir les choses différemment, une chance d'apprendre, une chance de découvrir, une chance d'aimer...

     

    Pour tous les Balthazar, Méline, Stanislas, Ninon, Luna, Gaspard...

    Pour tous leurs parents, qui font ce qu'ils peuvent, du mieux qu'ils peuvent et qui parfois ne peuvent plus. Qui subissent les regards froids et jugeant jetés sur ces enfants plus fragiles que les autres. Ces enfants qu'on devrait aider et protéger et qu'on exclut, qu'on moque, qu'on enfonce.

     

    Je vous jure que c'est difficile... Ça ne sont pas que des mots, c'est une réelle qu'on vit.

     

    Love sur vous.

    Je suis sur FB et sur IG itou !

    Est-ce une bonne idée d'être parent d'un enfant extra-ordinaire ???

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    12 commentaires
  • Vivre avec une jeune adolescente de 14 ans, c'est prendre un coup de vieux par jour.

    D'abord parce qu'en regardant les photos du jour de la naissance de cette petite pomme rouge et hurlante, on se dit qu'on a un peu pris dans la tronche.

    (en même temps, en toute objectivité, c'est quand même la gosse qui a le plus bouffé... Moi, au moins, on me reconnait, alors que personne ne voit spontanément que cette tomate qui beugle est en fait la même personne que cette jolie jeune fille)

     

    Ensuite, parce que vivre avec une jeune ado, c'est se faire renvoyer l'image d'une vieille bique en permanence.

    Nos fringues, c'est moche. Nan mais maman, tu ne peux pas sortir comme ça.

    Notre bouffe, c'est quand-même de la tambouille à mémé quoi.

    Notre musique. De la musique ? Nan, mais c'est un truc que les dinosaures écoutaient, ou les poilus dans les jours de grande clémence.

     

    Et puis, ce midi, elle vient me voir, trop outrée : Nan, mais Maman, Papa, il m'a envoyé un SMS, je le crois même pas ! Il a écrit "C'est oim qui vient te chercher". Tu te rends compte !


    La mère qui ne se rend pas trop-trop compte : euuuuh... Il n'est pas venu ??


    La fille, trop navrée que sa mère soit déjà atteinte de lenteur cérébrale : Nan, mais quoi ???? Il a mis "oim" !!

    La mère qui cherche trop-trop à comprendre : et ?? Tu ne comprends pas, c'est du verlant, ça veut dire à l'envers, "oim", c'est "moi" quoi.

     

    La fille, trop agacée : Nan, mais je sais !! Mais t'as vu son âge ! Il est vieux et "oim", c'est les jeunes qui disent ça.

     

    La reum, trop-trop contente : Ma petite fille chérie, tu apprendras qu'on disait "oim" bien avant qu'on aient même l'idée d'avoir un jour une adolescente, vu que nous étions nous-même adolescents. en fait, tes potes et toi, vous parlez... comme des vieux.

     

    La fille. Au bout de sa vie fait un combo "soupir-levage de sourcils-haussement d'épaules"

     

    Or donc, je sais aujourd'hui que j'ai bien plus que deux fois vingt ans. Que les jeunes n'ont pas inventé le parlé jeune.

    Que je continue à parler verlant, parce que je m'en fous.

    Et que j'écoute la Mano Négra en faisant des gougères et de la crème aux oeufs (que l'aînée était rudement contente de manger)

     

    Alors maintenant, la vieille que je suis est même sur les réseaux sociaux ! FB et IG !

    Yo !

    Love sur vous !!

    Sur la photo, c'est l'aînée, ce dimanche qui montre les photos de elle, bébé, à ses frères et soeurs... en se la pêtant en max

    Est-ce une bonne idée d'avoir un coup de jeune ????

     

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    2 commentaires
  • Parfois, quand je suis de trop bonne humeur, que la vie va bien (bon, c'est loin d'être tous les jours), je lis les commentaires des articles de la Voix du Nord.

    Il est évident qu'il faut absolument que j'arrête de faire ça, mais je ne suis pas toujours très rationnelle, en fait.

     

    Ce qu'il y a de magique avec les com de la VdN, c'est que c'est toujours la même chose, un tiers des com "c'est les migrants"

     

    Le chômage ? Les migrants ! Ils viennent chourer le boulot des bons Français.

    Parce qu'il est évident que tous les migrants sont attachés parlementaires.

     

    Une maman en grève de la faim parce que son salaire ne permet pas de couvrir les frais de la nounou ? Les migrants ! Si on s'occupait des gens comme on s'occupe des migrants !

    C'est sûr, si Jessica ou Nathalie venait de Syrie, elle n'aurait pas de soucis de garde vu que ces mômes sont morts dans un bombardement ou de faim ou noyés, morts genre décédés, si vous voyez ce que veux dire, morts pour toujours, pas juste morts au journal de 20 heures et après ils rentrent chez eux, non des enfants de 18 mois, de 6 ans, de 12 ans, morts, sans vie.

     

    Les émeutes en banlieue ? Les migrants !

    Tellement on est occupé à s'occuper d'eux qu'on ne peut plus fliquer les banlieues ? En même temps, mettre des rochers pour empêcher les gens de dormir sur le sol, déloger les camps de fortune (que ce mot est ironique, en fait, c'est génial langue française) ou taper sur des Érythréens, ça occupe un CRS.

     

    Un accident de voiture sur l'autoroute ? Un migrant !

    Les fumiers ils le font exprès de se faire écraser. J'en ai vu se réjouir de la mort d'un gosse de 16 ans. Et ça marche même si il n'y avait pas de migrants, mais juste un connard beurré comme un p'tit Lu qui a tué une famille... pas migrante pour un sou, Bah oui ! Il a peut-être cru voir un migrant sur le bord de la route, du coup, c'est l'embardée.

     

     

    Ça sert à tout, un migrant.

    Plus de dentifrice ?

    Salauds de migrants, avec tout le temps passé à les maudire sur FB, on n'a même pas pensé à acheter du dentifrice.

     

    En retard au taf ? Les migrants... ben ouais, baver sur les articles de la VdN, ça met en retard.

     

    La pluie ? Les migrants, eux au moins, ils sont à l'abri sous les ponts, on leur donne même des bâches.

     

    Du coup, la carie du gosse, ben... les migrants (voir au-dessus, le dentifrice, patin-couffin)

     

    Ta vie de merde ? Les migrants ! Quand on en est réduit à envier plus misérable que soi, c'est qu'on est vraiment tombé bien bas.

     

     

    Parce que c'est bien ça un des nœuds du problème, c'est que les auteurs de ces com haineux en sont réduits à envier les plus pauvres, les plus démunis, les plus faibles. J'avoue que le terme "auteur" est très mal choisi, parce que vu le nombre de fautes... ça défend la France en massacrant le français. Sordide. (oui, moi aussi je fais des fautes...)

    On arrive à faire croire à des gens qu'on s'occupe plus des migrants que d'eux. Pardon ? Et tes gosses, ils ne vont pas à l'école gratuite ? Quand t'es malade, t'as pas la sécu ou la CMU ? Tu vas pas à la piscine ? (à ton avis, ça coûte combien, une entrée à la piscine, en vrai... sans l'aide de la mairie ?), tu ne marches pas sur des trottoirs ou sur des routes ? Je pourrais en faire des lignes et des lignes... de notre naissance à notre mort, nous sommes soutenus par l’État, à différents niveaux, mais ouvrons les yeux sur ce qu'on a plutôt que d'envier la bouffe gratos distribuée à ceux qui n'en n'ont pas.

     

    On devrait aider, accueillir, soutenir ces femmes, ces hommes, ces enfants. Non, ça ne sont pas des "migrants", ce sont des réfugiés. Ils ont besoin d'un refuge. Ils fuient l'atroce, l'inhumain et nous, patrie des droits de l'Homme on leur colle nos soucis quotidiens sur le dos. Sur le dos, ils ont les crimes qu'ils ont vu, leur famille massacrée sous leur yeux, les tortures, la mort côtoyée de trop près.

    Quel genre d'humain peut les accuser de nous causer du mal ? Est-ce que les gens qui écrivent ces immondices peuvent se regarder dans les yeux. Oui, ils le peuvent. Ils sont devenus inhumains, parce qu'ils veulent bien gober des mensonges populistes. Et non, personne ne les force à croire, à adhérer. Il faut arrêter de chercher des excuses à la haine.

     

    Et non, les réfugiés n'ont pas de carte bleue pré-créditée, non, ils n'ont pas le RSA : voici un article très simple qui permettra à chacun de renvoyer un chouïa de vérité aux bas du front (je ne pense pas qu'ils écouteront... mais si jamais ça peut créer une brèche dans leur mur d'obscurantisme...) Infos ? Là !

    En 2016, 32 285 réfugiés ont reçu un titre de séjour (non, ils ne sont pas devenus français, ils ont juste un titre de séjour, c'est provisoire) : pour plus d'infos, cliquer là.Je rappelle que nous sommes 67 000 000 en France, faites le calcul vous-même du le nombre de français par migrants... Non, on accueille pas toute la misère du monde, on fait à peine notre part.

     

    Un lien avec un très beau texte de Ghislaine Roman, auteure jeunesse (il est sublime ce texte ! ) : Là !

     

     

    Et puis, qui sont ces gens qui bavent leur Haine ? Des français pur beurre de Guéméné (oui, comme les andouilles). Ils n'ont pas un grand-père, un ami, un beau-frère avec un nom en -os, en -sky, en -va ? Et le toubib qui leur sauvera la vie, la sage-femme qui mettra au monde leur enfants ? Sont-ils issus d'une pure famille ??

     

    Quelle honte, mais quelle honte... La France, le pays des droits de l'Homme.

     

    Que les choses soient bien claires : je vire les com racistes (et putain, allez pas vous faire du mal, perdez pas votre temps, allez voir ailleurs) et je dépose plainte, parce que c'est un délit. Ensuite, comme c'est déjà arrivé, on va me reprocher "tu donnes des leçons et tu ne fais rien" : ta gueule, juste ta gueule... Je ne donne pas de leçons. Jamais.

    Je vire donc aussi ceux qui me gonfle, ça suffit, ras-le-cul. Rien ne vous oblige à me lire, cessez donc de me suivre, ça m'ira très bien ! Et oui, ma vie à moi est assez douce, je n'ai jamais dit le contraire, en même temps, je contente de ce que j'ai.

     

    Une dernière chose, j'ai lu un com (véridique) où un mec outré, voulait lui aussi faire une greffe de la faim pour défendre les français... (non, il ne faisait pas un trait d'humour), je propose avant une double greffe cerveau-cœur pour ce monsieur.

     

    Hop ! Je suis sur FB  (la page du blog "on n'a pas 4 bras"), vous pouvez liker... ou pas... il suffit de cliquer... ou pas !

    Love sur vous... Courage...

    La photo a été prise cet automne aux jardin de Chaumont, sur le thème des jardins d'avenir : celui-ci représentait la montée des eaux suite au réchauffement climatique... Parce que, nous ne sommes à l'abri de rien.

    Est-ce une bonne idée que les migrants existent ???

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    14 commentaires
  • (oui, j'ai une erreur sur mon titre. Il aurait fallu lire : est-ce une bonne idée de parler des voleurs à une enfant de 5 ans ?)
    Elle est mignonne, la benjaminette.

    Et elle le sait.

    Elle sourit tout le temps de toutes ses dents de lait.

    Elle est chou.

    (bon, elle est aussi chiante, elle a 5 ans quoi... Mais là n'est pas le propos)

     

    La benjaminette, elle est poète.

    Elle m'a demandé hier qui habitait dans le croissant de lune.

    Elle est idéaliste mais a néanmoins conscience de la réalité des choses.

    Elle m'a demandé avant-hier s'il fallait être riche pour habiter dans les nuages.

     

    C'est une charmante enfant.

     

    Parfois, on fait une sortie culturelle "au" magasin. Parce que les nuages, la lune et tout le toutim, c'est sympa, mais ça n'est pas ça qui va mettre du beurre sur les haricots verts (à défaut d'épinards).

     

    Pour aller au rayon beurre, faut passer les fringues.

    Quand on a 5 ans et qu'on ne mesure pas très grand, le rayon des sapes, c'est le pied.

    On peut jouer à se cacher comme si on était des bandits ou des agents secrets.

    Sauf qu'on n'est pas des bandits ou des agents secrets, on veut juste mettre du beurre sur les haricots verts.

    Elle s’emmêle dans les manches des cabans pour jouer à cache-cache.

     

    Et puis, elle demande : c'est quoi les trucs en plastique blanc et durs accrochés aux manches des manteaux ?

    - Ah ! Ça, ce sont des anti-vol ?

    - Des anti-vols ? Comme les oiseaux ?

     

    Ah ! la benjaminette qui imagine certainement que les manteaux peuvent déployer leurs manches, s'envoler et aller avec les oies cendrées, se dorer la pilule sur les plages de pays exotiques. Sauf que le boulot des manteaux, c'est de se cailler les miches à notre place, d'être dépendants de nos sorties hivernales et de passer l'été, dans le fond d'un placard. Ce sont des manteaux domestiques, pas des manteaux sauvages.

    Les manteaux ne vont pas en vacances.

     

    J'aurais pu lui raconter tout ça, à la benjaminette.

    Mais je lui raconte la vérité :

    - Non, pas vol comme les oiseaux, vol comme les voleurs qui pourraient prendre les manteaux sans les payer.

    Elle est déçue la benjaminette et je ne suis pas persuadée qu'elle croit des masses à mon histoire de voleur de manteaux.

     

    On finit pas trouver le beurre.

    On paye, le beurre. Avec l'argent du beurre, on a le sourire de la caissière.

     

    Et puis, on sort.

     

    Biiiiiiiiiiiiiip

    La sirène du portique chantonne à notre passage.

     

    Son chant arrête notre course.

    Le gardien arrive.

    Il me regarde moi.

    Moi, je regarde la benjaminette.

    La benjaminette regarde ses pieds. Si elle le pouvait, elle regarderait plus bas que terre.

     

    Alors, je dis, le plus gentiment possible.

    - Sors les mains de tes poches. (pas de gestes brusques)

     

    Dans sa main droite, un anti-vol en plastique.

    Le gardien sourit.

    Elle donne son anti-vol.

     

    On ressort.

     

    Elle est comme ça, la benjaminette.

    Idéaliste, poète... un peu voleuse aussi.

    Sauf qu'elle vole les anti-vols.

     

    Elle a volé ce qui empêche les manteaux de se faire la malle, d'une manière ou d'une autre.

    La benjaminette est un bandit des grandes surfaces, un Robin des Auchan.

     

    Et le gardien des manteaux domestiques ? (et de magasin) ?

    Je pense qu'il a été bien content de rencontrer une petite voleuse d'anti-vol !

     

    Allez, libérons les manteaux !!

    Love sur vous !

    Je suis sur FB où je raconte aussi des âneries !

     

    Est-ce une bonne idée d'aller de parler des voleurs à une enfant de 5 ans ???

     

     

     

     

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    5 commentaires
  • Quand j'étais petite, je faisais déjà ça.

    Dans la voiture, avec ma mère, je déchiffrais les panneaux publicitaires.

    "Chez COOP, c'est top"

    "Prisunic, c'est unique"

    "Raider, deux doigts coupent faim"

    "Bonux, le cadeau !"

    "Mini mir mais il fait le maximum"

    (ou à peu près)

     

    La ville comme un livre ouvert où j'apprenais les rimes pauvres qui rendent les firmes riches.

     

    Les enfants qui apprennent à lire veulent certainement comprendre le monde en déchiffrant, ils sont insatiables, ils pensent peut-être découvrir une part de mystère en ayant accès aux messages qui n'ont rien de subliminaux.

     

    Mes enfants lisent donc les affiches. Je n'écoute pas toujours.

     

    Cet après-midi, en sortant de la crèche, j'ai tendu l'oreille, parce que le benjamin a dit : "oh ! t'as vu maman, sur l'affiche, il y a le nom de la salle juste à côté de chez nous".

    J'ai répondu un vague "mouais", occupée à penser à autre chose qu'aux panneaux publicitaires.

     

    Il lit bien le benjamin.

    Il lit vite.

    Je l'ai entendu lire tout haut "Salon de l'érotisme".

    ...

    ...

    ...

    J'ai levé la tête. Sur le 4x3, une jeune femme qui devait se cailler les miches sévère vu le froid de canard qu'il fait.

     

    "maman, c'est quoi l'érotisme ??"

     

    (mais pourquoi les enfants sont-ils curieux de tout comprendre, pourquoi n'aiment-ils pas qu'il y ait une part de mystère ?)

     

    J'ai été lâche. J'ai dit "l'érotisme ? C'est un mot que tu sais lire même s'il est compliqué, bravo !"

     

    Il a été fier, le benjamin. Et ça lui a suffit (les enfants sont très facilement corruptibles).

     

    (bon, sinon, en vrai, dans toute la ville, il y a des affiches pour le salon de l'érotisme qui aura lieu à 20m de chez moi, avec une gonzesse en porte-jarretelles... c'est visiblement normal. Que mon gamin de huit ans, s'amuse à déchiffrer "salon de l'érotisme", où est le problème ?? En revanche, dans d'autres villes, on a censuré des affiches pour la prévention du SIDA au motif qu'elles étaient choquantes pour les enfants de huit ans, alors qu'elles étaient à mon sens tellement moins suggestives que cette dadame les fesses à l'air par -3°... A croire que l'homosexualité, choque plus que les meufs à oilpé, avec une posture tellement... suggestive ? vulgaire ? Dégradante ? ... Bon... Non... Rien... Tout va bien)

     

    (Et flutain, pourquoi c'est une gonzesse à poil et pas un mec ???)

     

    Le dessin que j'ai mis en illustration est une affiche de Sean Sims que j'adore ! On trouve ses repro ici.

    J'avoue que j'aimerai tellement plus voir ces affiches sur les murs de la ville.

     

    Allez, sinon, je suis sur FB : on n'a pas 4 bras et aussi sur IG !

    Love sur vous, plein !

     

    Est-ce une bonne idée de s'amuser à lire les affiches dans la rue avec les enfants ????

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks Blogmarks Pin It

    4 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique