• Hier, y'avait du soleil.

    On a pris les gosses et les vélos, notre courage à deux mains et notre carte d'électeur dans l'autre (comment ça, ça fait trop de mains... Vous avez le sens du détail, je trouve)

    On a failli partir vers 11 heures, mais on a croisé notre voisin-copain.

    On s'est quitté en se disant qu'on allait voter. Qu'il fallait bien. On a soupiré. On a dit "on verra bien"... On a dit "bonne journée". On a dit "j'espère".

    On est parti plus tard, mais vu qu'on ne voulait pas remettre notre participation au lendemain, on ne s'est plus arrêtés en chemin.

    C'est comme ça, les jours d'élections au soleil. Au bureau de vote, on a croisé, la directrice de la petite école, un copine, un autre voisin, un parent de l'asso des parents d'élèves, une maman du collège.

    Rentrer dans le bureau de vote a pris du temps, et pas seulement parce qu'il y avait la queue.

    A chacun, on a dit qu'on allait voter. Qu'il fallait bien. On a soupiré. On a dit "on verra bien"... On a dit "bonne journée". On a dit "j'espère".

    Et les gosses s'impatientaient, ils ont trouvé ça pénible, d'aller voter.

     

    C'est pas qu'on voulait pas.

    C'est pas qu'on savait pas quoi voter...

    C'est qu'on avait peur.

    A voté. Parce qu'il fallait bien. On a bien voté. Parce qu'on a voté ce qu'on croyait juste.

    C'était fait. Des mois qu'on attendait. On a presque été soulagés. Presque.

     

    En sortant, on a croisé d'autres copains, au magasin (oui, le magasin est ouvert le dimanche matin... et parfois on y va, même si on est contre le travail le dimanche, on est quand même contents d'avoir des oranges d'espagne, même si on préfèrerait qu'elles soient bio et de France...)

    Avec les copains, on a dit qu'on avait voté Qu'il avait bien fallu. On a soupiré. On a dit "on verra bien"... On a dit "bonne journée". On a dit "j'espère".

     

    Et puis, le soir est arrivé.

    On aurait bien voulu que les enfants s'endorment.

    Parce que ce soir, y'avait élections.

    Comme on avait la trouille, on avait invité des copains. On a pas tous voté la même chose, mais on est copains et ensemble on a moins peur... Mais on a tous un peu espéré. Et puis on a arrêté d'espéré. Mais on a essayé de passer une bonne soirée.

     

    On n'a pas aimé le résultat.

    On a un peu écouté les candidats. On a crié. On a râlé. On a rit. On a dit des grosgros mots, alors que les enfants étaient redescendus. On a bu du vin... On s'est dit que ça aurait pu être pire. On a passé une bonne soirée, parce qu'on était en gens de bonne compagnie.

     

    Et puis ce matin... ce matin... en passant devant l'école, j'ai vu, sur le panneau de Hamon "cet homme a fait perdre la gauche. La honte".

    J'ai eu mal à ma démocratie. Très.

     

    Quand je suis arrivée à la maison, y'avait une voiture devant mon garage. Y'avait des places plus loin. Y'a un mec qui m'a dit :

    - comme je n'en ai pour 10 min, je laisse ma voiture là.

    - non.

    - non ? Mais je vous ai demandé, c'est bon, non ?

    - non, c'est pas bon, vous êtes devant un garage, ça gêne, mettez-vous plus loin, y'a des places.

    - Ooooh, ça va hein, je vous demande, alors je peux rester.

    - non, je vais appeler la police.

    - Ben, c'est ça, appelle la police et vote FN !

     

    Quand j'ai ouvert mon fil FB, je n'ai vu que des appels à l'abstention, que des "c'est la peste ou le choléra"...

     

    Alors, là, j'ai eu la nausée pour de vrai, celle que j'aurais du avoir la veille.

     

    Je suis désolée, mais l'un est certes un financier, mais c'est aussi un démocrate.

    L'autre, c'est le racisme, le non-respect des femmes, la violence...

     

    Jamais je ne cautionnerai ça.

    Oui, je vais voter contre.

    On m'a fait suer toute la campagne pour que je vote pour un candidat alors que je soutenais le programme d'un autre. Au nom de "l'utilité"...

     

     

    Quand j'ai récupéré le benjamin, il m'a demandé : maman, c'est vrai que t'es la honte qui a fait perdre la gauche ?

    Mon fils de 9 ans m'a demandé si j'étais la honte.

    Mon fils de 9 ans.

    La honte...

    Qu'est-ce que je lui apprends de la démocratie ?

     

    Je suis complètement abasourdie. J'ai mal là où je ne pensais pas que j'aurais mal... Jamais j'aurais cru.

    Sarko qui avait fait le coup du "ni-ni", j'avais trouvé ça très violent.

    La "peste ou le choléra", c'est pire.

     

    (j'ai l'impression qu'on ne prend pas vraiment conscience de ce qui va nous arriver sur le coin de la tronche... Non, je ne crois pas qu'on aura la liberté d'aller gueuler dans la rue. Non, je ne pense que ça ne va que durer que 5 ans. Non, je ne pense pas qu'une bonne guerre civile renversera les choses. Parce que je ne pense pas qu'il y ait de bonnes guerres. Je pense que certains vont laisser le pire arriver. Le pire. Les années 40, c'était les potes du père de la fille... La rafle du Vel d'Hiv... Rien que ça... )

     

    J'ai voté pour au premier tour, je vais voter contre au second. C'est le jeu. Quand on n'a pas assez de voix, on n'est pas au second tour. C'est la règle. Alors, on évite le pire... c'est devenu la norme. On le fait parce qu'on croit que le pire, c'est pire et qu'on ne mérite pas le pire... alors, on range ses espoirs et ses envies et on fait juste en sorte que le pire ne s'abatte pas. Et c'est courageux de le faire. De faire taire ses aspirations profondes pour ce qu'on espère mieux que le pire.

     

    Allez, je suis sur FB.

    Il est entendu que je vire les com haineux... vous avez la liberté d'aller lire autre chose que mes sornettes.

    Et je porte plainte dès que les propos le nécessite.

     

    (la photo, c'est hier. On avait ri quand même)

     

     

    Est-ce une bonne idée d'être un lendemain d'élection ???

     

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    7 commentaires
  • Dimanche, on vote. Enfin, certains vont voter. Parce que plein vont avoir mieux à faire et les gardons devront être sur leur garde, le nombre de pêcheurs du dimanche risque de considérablement augmenter et l'abstention coulera tranquille, parce que le raz de marée, c'est bien elle.

     

    Parce que voilà, les pêcheurs, autant les tanches ça les intéresse, autant la politique, ça s'en carre l'oignon, d'une force... Au moins moins force 10 sur l'échelle de la pêche en eaux troubles. Ça s'en fout comme de sa première canne.

     

    Le pêcheur considère qu'effectivement la classe politique est un panier de crabes, que derrière chaque discours on peut se dire qu'il y anguille sous roche, que tout ça, c'est des histoires de gros poissons, quand le pêcheur du dimanche ne s'intéresse qu'aux petites ablettes... ce que je comprends complètement et même que je ne suis pas loin de penser la même chose.

     

    Il est vrai que cette campagne est loin d'envoyer du rêve comme peut le faire une truite arc-en-ciel... Il n'y a rien de drôle, cette fois. Pas le moindre poisson-clowns (en revanche, on trouvera certains qui même la main prise dans la nasse continuent à noyer le poisson)

    Sauf que la politique (politikos en grec, c'est le cadre général d'une société organisée et développée), ben qu'on le veuille ou non, ça impacte légèrement nos life, même celle des pêcheurs.

    La politique, c'est que qui va faire les lois auxquelles on va devoir se plier (en quatre). C'est ce dit où tu peux naitre, comment tes bébés seront gardés, ce qu'ils pourront apprendre et dans quelle école, comment ils pourront s'habiller... Quel air ils pourront respirer, pour ne parler que des choses générales...

    C'est ce qui dit si on fout sur la gueule de nos voisins ou si on reste en paix...

    C'est ce qui décide de comment tu pourras vieillir et mourir...

    Deux fois rien, quoi. Du menu fretin.

     

    Pour toi, le pêcheur qui s'en fout de la politique, c'est ce qui va te dire quand tu peux pêcher, quoi et quelle sera la qualité de ton eau.

     

    Alors oui, les Hommes et les Femmes politiques qui en ont fait leur métier ressemblent plus à des requins qu'à autre chose... Mais, ils décident de nos vies.

     

    Alors, dimanche, on peut, avant d'aller à la pêche, se dire qu'on peut éplucher les professions de foi, sur les 11 programmes, y'en aura bien un qui sent un peu moins le poisson pourri que les autres. Après, tu pourras toujours te servir des papiers pour emballer tes truites.

     

    Dimanche, tu peut bien prendre tes gaules, en sachant tout de même que l'avenir de la Gaule dépend aussi de toi !

     

    Ou tu peux aussi rester muet comme une carpe.

    (et je connais des gens qui ne votent pas parce que le système ne leur convient pas. En revanche, ils sont super plus calés que moi en politique... Et ça j'avoue que je le respecte complètement. j'ai juste du mal avec le concept de "la politique, moi, je m'en fous". Je ne comprends pas, j'avoue)

     

    Allez, je suis sur FB et sur IG itou.

    Love sur vous !

    (je vire tous les com haineux, racistes, homophobes... et même avant de les virer, je les signale, parce que c'est un délit !)

    Une dernière chose, je n'ai rien contre les pêcheurs... (je le précise parce que, en fait on ne peut rien dire sans s'en prendre un peu dans la tronche, même quand il s'agit juste d'une figure de style)

    Est-ce une bonne idée d'aller à la pêche dimanche ????

     

     

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  • On est samedi. Un samedi soir printanier. Le soleil n'est pas encore couché. Il fait bon.

    Je longe l'Esplanade. Les gens flânent.

    Je suis dans le camion jaune qui a des rideaux à fleurs aux fenêtres, je pars rejoindre mes copines de la chorale. Ce soir, on chante, on a concert.

    Demain je pars en vacances.

    J'écoute Soviet Suprême à fond. Je chante. Je m'arrête au feu. Je regarde les gens.

     

    Y'a une maman voilée de pied en cape, elle est avec une amie à elle. Toutes de noir vêtues, on pourrait les croire tristes, mais elles rient, elles se fendent la poire. Devant elles, son gamin à trottinette.

    Y'a un jogger qui court.

    Y'a une toute vieille dame qui traverse, petits pas, petits pas.

    Y'a trois jeunes, capuches rabattues.

    Y'a deux amoureux, collé-serrés, ils vont certainement dîner.

    Y'a une meuf à vélo, nez au vent.

    Y'a une famille complète, fringues "t'as vu la classe", ils rentrent de shopping, les sacs pleins, le porte-monnaie un peu moins.

    Y'a un papa blond, rasé sur les côtés, veste de supporter de foot pas forcément cool, genre qui est ici chez lui.

    Y'a son gamin qui file sur son petit vélo. Y'a plus les petites roues, il roule tout seul, droit devant, enfin ! il y arrive, il est super content. Il file...

    Il dépasse son papa, il dépasse la famille "belles fringues", il dépasse la meuf à vélo, il dépasse les amoureux...

    Le papa crie : freine !!!

    Il dépasse les trois jeunes à capuches. Il dépasse le jogger.

    Le papa, la meuf à vélo, les trois jeunes crient : Stoooooooop.

    Il dépasse la vieille qui ouvre juste la bouche.

    Il va vite, il fonce, il y arrive...

     

    Il arrive tout droit sur la chaussée.

    Le papa crie, le petit n'entend pas.

     

    La maman voilée de noir l'attrape au vol. Elle le sert fort. Juste avant la route.

     

    Le gamin est un peu fâché.

    Le papa arrive en courant.

    Certainement pour la première fois, il regarde cette femme, pas comme une ennemie, pas comme une étrangère.

    Il la regarde comme une femme qui lui tend son gamin.

     

    Je le vois juste dire "merci".

    Il a peut-être même été content qu'elle soit là, cette dame. Ici, chez nous. Chez elle.

     

    Le feu passe au vert.

    Y'a du soleil.

    Je pars chanter avec mes copines.

    Y'a une maman voilée qui sourit, y'a son gosse qui fait de la trottinette, y'a une petite vieille qui a fini de traverser, y'a un jogger qui reprend sa course, y'a trois jeunes qui ont virés leur capuche parce que le temps est beau, y'a une meuf à vélo qui aime le printemps, y'a des amoureux, amoureux, y'a une famille "fringues la classe" qui rigole, y'a un papa qui sert fort son gamin, qui lui dit qu'il a eu peur, que sans la dame, il aurait été écrabouillé par les voitures.

     

    Ce n'est rien que trente secondes près de l'esplanade. Juste des gens contents du printemps, juste des gens qui étaient là au bon moment. Juste des humains...

     

    Quand je suis arrivée à la salle de concert, je me suis dit, que parfois, y'a des moments comme ça, on est au même endroit, on est tous différents et quand même, on arrive à vivre ensemble. Même si on veut nous croire faire le contraire. Bordel, on y arrive quand même...

     

    Love sur vous, tout plein !

    Je suis sur Fb et sur IG itou !

     

    Est-ce une bonne idée de se dire un istant qu'on pourrait tous vivre ensemble ???

     

     

     

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    9 commentaires
  • Dimanche.

    Repos dominical relatif... Trop tard pour Matines.

    En tous cas, assez tôt pour être matinale.

    08h00

    Je m'extirpe du sommeil du juste pour relayer le Notre Père (des enfants) qui est au salon. A poste depuis une bonne heure trente.

     

    Je colle les gosses devant la Sainte Télévision.

    Je sais que c'est mal.

    Je ferais un Ave Guilli et deux Sancti Morandini dès que j'aurais le temps. Juré... euh non... craché, il parait que c'est mieux de cracher que de jurer.

     

    Je prépare mon petit-dej avec l'intention de le prendre dans la sérénité la plus totale.

    J'ouvre Facebook pour voir quelles sont les nouvelles de mes copains dans ce bas monde virtuel.

    Je sais que c'est mal.

    Je ferais un Notre Père Mark Zukerberg... peut-être...

     

    Pas le temps de faire un bénédicité pour remercier le boulanger d'avoir multiplié les petits pains au chocolat, la première info me reste en travers du gosier aussi sûrement qu'une hostie douteuse :

    Oh my God (même pas Michet) : "publicité sponsorisée : pétition du droit de naitre" (made by la Manif' pour tous)

    Facebook qui est omniscient semble avoir oublié un ou deux détails de mes convictions...

     

     

    Je devais être de trop bonne humeur, histoire de calmer cette euphorie dominicale, je lis quelques commentaires :

    Le premier tiers est composé de gens qui ont les yeux et le cœur qui saignent sans jamais avoir fait suer le moindre Judas. Ils tentent d'argumenter avec calme et intelligence en rappelant que l'avortement est un droit, que ça n'est pas un acte léger, qu'il n'existe pas d'avortement de confort...

     

    Le second tiers a le ciboulot cramé par trop d'illuminations, je zappe.

     

    Je ne m'attendais pas au dernier tiers.

    Des médecins.

    (ou en tous cas qu'ils disent être. Dieu reconnaitra les siens, moi, je ne suis pas Sainte Tomate, donc, je ne peux pas dire s'ils sont toubib ou pas...)

    Qui expliquent qu'ils font leur travail, leur mission, leur sacerdoce en sauvant des vies en incitant les femmes à ne pas avorter. Parce que souvent, les gourdasses subissent la pression de leur entourage. Ces tartigniolles de gonzesses sont sous le joug du gouvernement sociolo-bobo-écolo qui veut limiter les naissances en promouvant l'avortement de masse (oui, c'est pas écolo la sur-population). Ces débilas de nanas ne sont pas assez informées, elles ne savent pas qu'elles portent la vie et qu'elles vont tuer un bébé.

     

    Comme je suis pleine de charité envers mon prochain, je vous passe la série d'arguments immondes-sophistes-populistes-obscurantistes...

     

    J'ai un peu plus perdu foi en mon époque.

    2017 après Jésus-Christ. Les femmes ne seraient donc toujours pas capables de disposer de leur corps, elles ne seraient pas capables de faire la différence entre le bien et le mal, seraient légères et inconstances.

     

    Mesdames, Messieurs du "Droit de naître", si vous aviez un soupçon d'empathie, si vous n'étiez pas si nombrilo-centrés vous sauriez que c'est bien le contraire dont il s'agit quand on fait le choix d'avorter.



    Alors, j'ai regardé mes enfants qui eux regardaient Masha et Michka.

    Je me suis dis que j'avais une chance inouïe.

    La chance de les avoir désirés tous les cinq (et on peut aussi désirer un invité surprise)

    La chance d'avoir eu le choix d'avoir des enfants ou pas.

    La chance d'avoir le droit d'avorter.

     

    Que mes enfants ont la chance d'avoir des parents qui ont pu choisir, librement, d'être parents.

    (pour info, je respecte infiniment les croyants, je suis très respectueuse de la liberté de pratiquer une religion... ou pas. En revanche, je refuse qu'on pense à la place des femmes pour des raisons fallacieuses. Et bien entendu, je sais aussi qu'il y a plein de croyants tolérants et respectueux des convictions des autres !! Heureusement ! )

     

    Love sur vous !

    Je suis sur FB et sur IG itou.

    Il est évident que je vire tous les com haineux, fachos, racistes, violents et non respectueux. Vous avez la liberté de ne pas lire mon blog.. la liberté d'aller déverser votre haine ailleurs !

     

    (oui, la photo n'a pas grand chose à voir... Si ce n'est que même chez moi, les filles mettent parfois des robes de princesses. Mais les garçons aussi Hu hu hu !!!! Satan m'habite !!)

    Est-ce une bonne idée de regarder FB de bon matin et de tomber sur pétition anti-avortement ????

     

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    4 commentaires
  • Les enfants sont tous différents.

    C'est vrai. Certains sont un peu plus différents que d'autres.

    Il y en a qui ont des trucs en plus, des trucs en moins, des trucs pas à l'endroit.

    Il y en a qui vont trop vite ou trop lentement.

    Il y en a... beaucoup.

     

    Ces enfants hors-norme, ces enfants pas ordinaires ont des parents.

     

    Un enfant, ça demande du temps, de l'attention, de l'amour (et des nouilles au beurre).

     

    Un enfant extra-ordinaire, ça demande beaucoup de temps, beaucoup d'attention et beaucoup d'amour (et des nouilles au beurre avec ou sans lactose-gluten...)

     

    Avec l'extra-ordinaire, il y a des bonus auxquels on n'avait pas pensé, des bonus dont on se passerait bien.

    Des bonus qui te foutent la tête sous l'eau alors que tu aurais besoin d'un gilet de sauvetage.

     

    Il y a :

    L'angoisse, celle qui fait que tu te demandes comment cet enfant complètement en dehors des normes, qui ne s'adapte pas à l'école va s’insérer dans la vie professionnelle, pas comment il va trouver du boulot, nan, ça c'est normal, mais comment il va pouvoir ne serait-ce que chercher du taf. Et sans boulot, que va-t-il devenir ? Il va rester chez nous. et quand on ne sera plus là...

    Alors, tu essaies de ne pas penser que tu ne seras pas toujours là.

     

    La tristesse de constater que cet enfant particulier et néanmoins gentil, drôle et charmant n'est jamais invité à un anniversaire (il ferait peut-être un peu tâche sur la photo, ou alors une tâche en renversant le jus d'orange sur la moquette ?).

    Alors, tu ne lui dis pas à ton gosse que celle qu'il appelle "son amoureuse d'amour" ne l'est certainement pas, parce qu'elle ne l'a pas invité chez elle, pour fêter son anniv, qu'il y avait la moitié de la classe. Mais pas lui.

     

    La culpabilité des médecins qui t'expliquent que vraiment tu t'y prends mal, tu fais le parcours à l'envers (alors que personne ne t'avait expliqué qu'il y avait un parcours, que tu navigues à vue) que comment tu peux penser avoir un enfant dans la norme alors que tu lui as un donné peu commun... Que tu as l'air fatiguée, qu'il faudrait que tu prennes du temps pour toi, que tu te barres en week-end (alors, comment te dire, Docteur, d'une, je n'ai pas trop-trop de thunes, parce que, un enfant particulier, ça en coûte un max et de deux, je fais quoi de mes gosses ???)

    Alors tu fermes ta bouche. Tu ne dis rien. Parce que, comment un toubib peut imaginer qu'on n'a pas pensé à partir week-end alors qu'on en rêve... Mais que c'est simplement pas super simple.

     

    Le manque de temps, ce fichu temps après lequel tu cours en calant les rendez-vous chez l’orthophoniste-l’ergothérapeute (ça coûte un cul)-la pédopsychiatre (non conventionnée)-le psycho-mot (que en vrai, tu n'as toujours pas réussi à trouver)-le chirurgien-le dentiste-le neurologue-l'ophtalmo-l'ORL comme tu peux, entre deux heures de boulot. Et puis, si t'as pas la chance d'avoir de bagnole, paye ta paire de baskets.

    Alors tu cours, tu te retiens de foutre des beignes à celui qui te dit que tu pourrais faire un effort quand même pour être un peu dispo.

     

    Le soupçon que tu as certainement dû faire-manger-louper un truc pour avoir un gosse comme ça.

    Alors, il t'arrive de faire le film à l'envers histoire de voir si ça ne serait pas ta faute.

     

    Le regard en biais des gens. Un peu tous les gens. Qui ne te connaissent pas et qui trouvent que ce gosse qui parle trop fort, qui rit beaucoup, qui court entre les rayons du magasin, qui vit comme il peut et quand même est vraiment mal élevé.

    Alors, tu ramasses ton gosse, tu fous ton honneur dans ta poche.

     

    La révolte de savoir ton gamin maltraité, par un enseignant, par des enfants, par la boulangère méprisante, par un passant haineux.

    Alors, tu pleures de pas pouvoir protéger un enfant, ton enfant.

     

    Les reproches parce qu'il n'a pas bien découpé, qu'il n'a pas réussi à nager, à prononcé, à jouer avec les autres.

    Alors, tu essaies d'expliquer que c'est compliqué et on te dit qu'il faut qu'il rentre dans le moule, dans la normalité... et tu sais que c'est impossible.

     

    L'incompréhension du système qui n'est pas adapté, pas adaptable, la MDPH qui te vire tes aloc enfant handicapé parce qu'ils ont fait une erreur dans le dossier, les AVS interchangeables, les programmes qu'on doit suivre coûte que coûte, les psychologues scolaires pas disponibles.

    Alors tu te démènes, tu as l'impression de te cogner à un mur de verre.

     

    Alors, tu te tais.

     

     

    Et puis, heureusement, tu as ceux qui comprennent, ceux qui acceptent, ceux qui invitent, ceux qui savent qu'un enfant différent, c'est aussi une chance, une chance de voir les choses différemment, une chance d'apprendre, une chance de découvrir, une chance d'aimer...

     

    Pour tous les Balthazar, Méline, Stanislas, Ninon, Luna, Gaspard...

    Pour tous leurs parents, qui font ce qu'ils peuvent, du mieux qu'ils peuvent et qui parfois ne peuvent plus. Qui subissent les regards froids et jugeant jetés sur ces enfants plus fragiles que les autres. Ces enfants qu'on devrait aider et protéger et qu'on exclut, qu'on moque, qu'on enfonce.

     

    Je vous jure que c'est difficile... Ça ne sont pas que des mots, c'est une réelle qu'on vit.

     

    Love sur vous.

    Je suis sur FB et sur IG itou !

    Est-ce une bonne idée d'être parent d'un enfant extra-ordinaire ???

     

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